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    Les médecins sont favorables à un accès élargi à l'aide à mourir

    24 août 2017 |Isabelle Paré | Santé
    Un sondage réalisé par l'AMC révèle qu'une majorité de médecins pourrait bien être favorable à un élargissement de l’accès à l’aide médicale à mourir.
    Photo: Ugurhan Betin Getty Images Un sondage réalisé par l'AMC révèle qu'une majorité de médecins pourrait bien être favorable à un élargissement de l’accès à l’aide médicale à mourir.

    Un sondage réalisé par la plus importante association médicale du pays révèle qu’une forte majorité de médecins sondés sont favorables à l’idée d’élargir l’accès à l’aide médicale à mourir aux mineurs et aux personnes ayant rempli des directives médicales à ce sujet avant de devenir inaptes.

     

    Réunis en congrès à Québec, des membres de l’Association médicale canadienne (AMC) ont livré un avis très clair sur l’inclusion de trois nouveaux profils de patients à l’accès à l’aide médicale à mourir. Parmi les 611 délégués, 83 % se sont dits favorables à ce que l’on aide à mourir des personnes inaptes qui en auraient fait clairement la demande par des directives médicales anticipées.

     

    Plus des deux tiers des médecins (67 %) approuvent aussi l’idée d’élargir l’aide médicale à mourir aux personnes mineures « jugées matures », répondant aux critères de la loi fédérale. Par contre, l’accès à cette procédure pour les personnes atteintes de maladies mentales divise encore profondément la profession, seulement 51 % des délégués se disant à l’aise avec une telle possibilité.

     

    Malgré les opinions exprimées, l’Association médicale canadienne (AMC) n’entend pas prendre position officiellement sur ces questions délicates.

     

    « Notre but n’est pas d’adopter une position officielle [en tant qu’organisme], mais plutôt de dire au gouvernement où se situent les médecins sur ces questions », a soutenu mercredi Jeff Blackmer, vice-président au professionnalisme de l’AMC. « On ne va pas dire qu’on est contre ou pour, on souhaite plutôt éclairer le gouvernement sur l’encadrement et les conditions qui devraient exister dans ces situations », a-t-il expliqué.

     

    Ces trois enjeux précis sont présentement examinés par un comité d’experts fédéral chargé de faire rapport d’ici décembre 2018. Le gouvernement québécois, ébranlé l’hiver dernier par les cas de meurtre par compassion de personnes démentes et par ceux de patients condamnés se laissant mourir de faim, a aussi entamé « une réflexion » sur ces nouveaux contextes dans lesquels pourrait être autorisée l’aide à mourir.

     

    Questions délicates

     

    Selon le porte-parole de l’AMC, Jeff Blackmer, ces résultats ne sont pas surprenants, surtout en ce qui concerne les mineurs et les personnes inaptes. Par contre, aider les personnes atteintes de maladies mentales qui le réclament à mettre fin à leurs jours rend les médecins très « mal à l’aise ».

     

    « C’est difficile de se réconcilier avec cette notion pour des médecins qui, ces dernières années, ont été sensibilisés aux efforts à déployer pour prévenir le suicide. Ce n’est pas comme une maladie terminale où il n’y a plus d’espoir. Pour beaucoup de médecins, il y a toujours une guérison possible dans la majorité des cas de maladies mentales », a-t-il soutenu.

     

    Ce dernier n’est pas étonné que les médecins soient plus ouverts aux demandes médicales anticipées faites par des personnes atteintes de démence — déjà utilisées dans d’autres situations — et à l’élargissement de la loi aux mineurs. « L’ouverture aux mineurs s’est produite dans d’autres pays qui ont légalisé l’aide à mourir. Il est difficile de justifier qu’un jeune de 17 ans répondant aux critères de la loi ne puisse y avoir accès. Il faut être en harmonie avec la Charte des droits et libertés », croit le Dr Blackmer.

     

    Plusieurs parents de nouveau-nés et de jeunes enfants condamnés ont aussi réclamé que la loi puisse être plus « sensible » aux souffrances vécues par les mineurs.

     

    Par ailleurs, des chiffres dévoilés au congrès par l’AMC révèlent que 970 personnes ont obtenu l’aide à mourir entre décembre 2015 et décembre 2016 au Canada. L’âge moyen des patients oscillait autour de 72 ans et dans 57 % des cas il s’agissait de patients atteints de cancer. Environ 23 % étaient atteints de maladies dégénératives et 11 % de maladies circulaires ou respiratoires.

     

    Les chiffres démontrent que les décès survenus grâce à une aide médicale n’ont représenté que 0,6 % des décès survenus au Canada en 2015-2016, comparativement à 3,75 % aux Pays-Bas, 1,8 % en Belgique (2016) et près de 0,4 % dans l’État de l’Oregon, aux États-Unis.

     

    L’AMC représente 85 000 médecins dans l’ensemble du pays.













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