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    Une réaction rapide des autorités a évité une vague de surdoses de fentanyl à Montréal

    22 août 2017 |Isabelle Paré | Santé
    Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé avoir procédé à des rafles dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve et procédé à la saisie de diverses quantités de drogues.
    Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé avoir procédé à des rafles dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve et procédé à la saisie de diverses quantités de drogues.

    La métropole a évité le pire ce week-end, après que des drogues contenant fort probablement du fentanyl ont été écoulées par des trafiquants. Malgré la dizaine de surdoses rapportées en trois jours, aucune perte de vie n’a été déplorée, affirme la Direction de santé publique de Montréal, confiante dans l’efficacité des réseaux de vigie mis en place après la fameuse crise des surdoses de 2014.

     

    Montréal semble avoir beaucoup appris de ce malheureux épisode, qui a fait pas moins de 83 victimes, dont 25 sont décédées, il y a trois ans.

     

    Dès le signalement, vendredi, d’un nombre inhabituel de surdoses par le réseau de vigie créé après 2014, tant la Direction de santé publique et les organismes communautaires que les services policiers ont été alertés, et des mesures exceptionnelles ont été déployées, a expliqué lundi la Dre Carole Morissette, médecin-conseil à la Direction régionale de Santé publique (DSP) de Montréal.

     

    « Tout le monde a été alerté dès l’apparition des premiers cas, et le SPVM a pu stopper dans la journée la source de ces drogues. Nous avons prévu des doses supplémentaires de naloxone. Le constat, c’est que ces actions ont pu faire la différence entre la vie et la mort dans certains cas », a-t-elle expliqué.

     

    Lundi, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé avoir procédé à des rafles dès vendredi soir dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve et procédé à la saisie de diverses quantités de drogues. Notamment à celle de 260 grammes d’un mélange possible de fentanyl et d’héroïne, un cocktail potentiellement létal associé depuis un an à des centaines de décès au Canada.

     

    Cinq suspects ont été arrêtés et accusés de trafic de stupéfiants. Quatre ont comparu lundi au palais de justice de Montréal et ont été relâchés dans l’attente de leur procès.

     

    Sur le pied d’alerte

     

    Dès que des surdoses ont été rapportées vendredi, tous les organismes oeuvrant auprès des utilisateurs de drogues injectables (UDI) ont été placés sur un pied d’alerte, ainsi que les services de santé d’urgence.

     

    Toute la fin de semaine, des formations éclair sur l’administration de naloxone, un antidote aux surdoses, ont été dispensées aux utilisateurs de drogues et à divers intervenants. Plusieurs doses ont été distribuées.

     

    Les stocks des quatre pharmacies habilitées à distribuer cet antidote dans la métropole ont été accrus en cas de besoin.

     

    « On se préparait depuis des mois à ce type de situation. Les outils dont nous disposons ont bien fonctionné. La naloxone a prouvé son efficacité », s’est réjoui lundi Martin Pagé, directeur de Dopamine, un organisme d’aide aux UDI dans Hochelaga-Maisonneuve.

     

    Tant ce dernier que la DSP de Montréal jugent qu’il faut accroître encore davantage l’accès à la naloxone, notamment pour que les travailleurs de rue puissent distribuer directement l’antidote, et pas seulement les pharmacies, souvent fermées le soir et la nuit.

     

    Interrogé au conseil municipal par le chef de Coalition Montréal, le maire de Montréal, Denis Coderre, s’est félicité de la réponse rapide donnée à cette crise. « On n’a pas attendu pour agir. On est en mode prévention, le SPVM a déjà procédé à des saisies, c’est une question de sécurité publique. Un plan d’action a été mis en place, on a vu des cas de surdoses cette semaine, mais il n’y a rien d’improvisé. »

     

    Du côté du ministère de la Santé, on dit suivre de près l’évolution de cette situation et on ajoute que plusieurs mesures, dont l’ajout récent de sites d’injections supervisés et l’accès facilité à la naloxone, ont permis de mieux se préparer à ce type de crise.

     

    De façon plus large, des travaux sont déjà en cours à Québec pour élaborer une stratégie nationale de prévention des surdoses aux opioïdes, auxquels participent notamment l’Institut national de santé publique, le Collège des médecins, l’Ordre des pharmaciens du Québec, ainsi que plusieurs autres ministères concernés.

    232 surdoses mortelles à Vancouver depuis le début de l’année Vancouver — Le nombre de personnes mortes par surdose de drogue à Vancouver dépasse déjà le bilan total de l’année 2016. Selon les données dévoilées lundi par les autorités municipales, 232 personnes ont trouvé la mort à Vancouver depuis le début de 2017 en raison d’une surdose. L’an dernier, le bureau du coroner de la province avait recensé un total de 231 décès par surdose sur le territoire de Vancouver. À partir de ces chiffres, les autorités municipales estiment que jusqu’à 400 personnes pourraient mourir de surdose cette année dans la ville. Le maire Gregor Robertson juge cette hausse « absolument désolante », estimant que la décriminalisation de substances illicites et l’ajout de traitements par injection, comme l’héroïne sous contrôle médical, doivent être étudiés. Le bureau du coroner rapporte 780 décès par surdose à travers la Colombie-Britannique entre le début de l’année et la fin du mois de juin, ce qui laisse croire que le bilan final devrait largement dépasser les quelque 1000 décès comptabilisés en 2016. La Presse canadienne













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