Autre pomme de discorde entre Barrette et Philpott

Dans une conférence de presse en marge d’un congrès médical à Québec, lundi, Mme Philpott a été questionnée sur le manque à gagner soulevé par M. Barrette, mais elle n’a jamais fait mention du montant évoqué ni de son homologue.  
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Dans une conférence de presse en marge d’un congrès médical à Québec, lundi, Mme Philpott a été questionnée sur le manque à gagner soulevé par M. Barrette, mais elle n’a jamais fait mention du montant évoqué ni de son homologue.  

Le gouvernement fédéral va investiguer sur le manque d’accès à des dossiers médicaux informatisés au Québec.

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, réplique ainsi à la plus récente sortie de son homologue québécois, Gaétan Barrette, qui a croisé le fer à quelques reprises avec elle ces dernières années, notamment sur la contribution fédérale au financement du système de santé.

M. Barrette soutient en effet que le Québec n’a pas eu sa part des investissements d’Inforoute Santé du Canada (ISC) et souffrirait d’un manque à gagner de 117 millions dans ce domaine, selon ce que révélait La Presse + lundi. Dans une lettre adressée à Mme Philpott, le ministre affirme que le Québec n’a reçu que 17,6 % de l’enveloppe, alors qu’il représente 23,2 % de la population du Canada.

Dans une conférence de presse en marge d’un congrès médical à Québec, lundi, Mme Philpott a été questionnée sur le manque à gagner soulevé par M. Barrette, mais elle n’a jamais fait mention du montant évoqué ni de son homologue.

Elle a cependant fait référence à des échanges la veille avec la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Diane Francoeur.

« J’ai eu une conversation très sérieuse avec Mme Francoeur hier, et c’est un de ses enjeux prioritaires, le manque d’accès aux dossiers médicaux informatisés, a-t-elle dit. Je l’ai assurée que j’allais investiguer sur les détails de cet enjeu pour déterminer comment nous pourrions donner aux médecins du Québec un meilleur accès à des dossiers informatisés. »

Or, une intervention ou une « investigation » fédérale pourrait être perçue comme une ingérence d’Ottawa dans un champ de compétence du Québec. À maintes reprises au cours des deux dernières, sur la question du financement fédéral du système de santé, le ministre Gaétan Barrette s’est opposé à toute velléité du gouvernement Trudeau d’accorder une enveloppe conditionnellement à des critères et des cibles précises.

Rappelons que la mise en place du Dossier santé Québec (DSQ), soit l’informatisation des dossiers médicaux, a fait l’objet de nombreux ratés et dépassements de coûts au cours des années. Son coût total est évalué à plus d’un milliard de dollars.

3 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 22 août 2017 08 h 33

    Va falloir vous décider, M. Barrette

    Vous vous plaignez trop souvent du fédéral, sans aucune chance de le faire changer d'idée. Le fédéral est plus gros et il a l'appui de la plupart des Canadiens. Résignez-vous à être un Canadien comme les autres, comme M. Couillard, ou bien devenez séparatiste. L'entre-deux ne mène nulle part.

  • Yvon Bureau - Abonné 22 août 2017 10 h 18

    Discorde aussi

    Je suis en discorde avec madame la ministre de la Santé.

    Elle devrait demander l'avis à la Cour suprême sur la Loi C-14 afin que les grands Souffrants soient admissible à l'aide médicale à mourir, tel que le permet le Jugement unanime de la la CSC de février 2015. Le Gouvernement fédéral doit inclure les grands Souffrants dans sa Loi. Ainsi C-14 deviendrait enfin conforme au Jugement unanime de la CSC. Ainsi prendraient fin les voyages si tristes, tellement inhumains et dramatiques en Suisse pour un suicide assisté; ainsi diminueraient les suicides solitaires et désastreux, les aides au suicide et les meurtres «par compassion». Ainsi mourir dans son pays, dans sa ville, avec ses proches et avec ses soignants, serait possible pour toutes les personnes canadiennes. Honoré le Canada serait

    Aussi, je demande qu'elle retire de C-14 ceci : «de prescrire ou de fournir une substance à une personne, à la demande de celle-ci, afin qu’elle se l’administre et cause ainsi sa mort.» Sur quelques milles personnes canadiennes qui ont termné leur vie avec AMM, seulement quelques personnes auraient reçu une telle prescription. Avec très peu de succès.

  • Richard Le Blanc - Abonné 22 août 2017 16 h 58

    Dossier informatisé: un enjeu prioritaire pour la FMSQ?

    La Ministre Philpott déclarait: « J’ai eu une conversation très sérieuse avec Mme Francoeur hier, et c’est un de ses enjeux prioritaires, le manque d’accès aux dossiers médicaux informatisés, a-t-elle dit. Je l’ai assurée que j’allais investiguer sur les détails de cet enjeu pour déterminer comment nous pourrions donner aux médecins du Québec un meilleur accès à des dossiers informatisés. »

    Il nous faut qualifier ces déclarations à l'emporte-pièce. Nous offrons un service de consultation électronique en spécialité via un DME dans l'infonuage depuis plus d'un an. Ce service n'est toujours pas reconnu par la FMSQ. Par conséquent, ce service n'est pas facturable à la RAMQ.

    Il est important de comprendre que: les omnipraticiens désirent le plus souvent être guidés dans leur investigation; qu'ils apprécient ce genre d'interactions électronique avec un spécialiste; qu'une consultation électronique ne coûte qu'une fraction des honoraires d'une pleine consultation; et que ce mode de consultation évite le cumul de consultations en souffrance.

    Il serait bien que Mme Francoeur soit de bonne foi et qu'elle reconnaisse que l'accès au dossier électronique DME est un fait accompli au Québec et non un voeu pieux.

    Richard Le Blanc MD Spécialiste