La stérilisation rapide des outils chirurgicaux serait sans danger pour les patients
Selon des experts, le recours à une méthode de stérilisation rapide des instruments chirurgicaux, utilisée par plusieurs hôpitaux montréalais et la plupart des hôpitaux au Canada, ne pose pas en soi de risques accrus pour les patients, même si les normes idéales prônent une stérilisation prolongée.
«La stérilisation, ce n'est pas juste un appareil, c'est d'abord un processus. Il est aussi probable de mal stériliser avec la méthode prolongée, et de bien stériliser avec la méthode "flash"», a fait valoir hier le Dr Karl Weiss, infectiologue et microbiologiste à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, en réaction aux articles publiés par le journal The Gazette, sur les risques présentés par l'usage généralisé de la méthode de stérilisation appelée «flash», dans plusieurs hôpitaux de Montréal.
Normalement, il faut deux à trois heures pour procéder à la stérilisation d'instruments souillés dans un appareil à vapeur appelé autoclave. Une méthode flash permet la stérilisation en 10 à 12 minutes, mais n'est, en principe, recommandée que dans les cas d'urgence, par exemple si un médecin laisse tomber par inadvertance son instrument par terre.
Or, selon le Dr Weiss, le recours fréquent à la méthode flash, qui découle directement du manque d'instruments chirurgicaux disponibles dans les salles d'opération, ne signifie pas que ces instruments soient mal stérilisés.
«Ce n'est pas la méthode idéale, mais est-ce dangereux? Je dirais que non. Il n'y a pas d'étude qui démontre que les instruments stérilisés de cette manière causent plus d'infections chez les patients», a-t-il invoqué hier.
Selon cet expert, la qualité de la stérilisation ne découle pas seulement de la durée du traitement à la vapeur, mais aussi de toutes les étapes du processus lié à la stérilisation. Le lavage préalable des instruments, la formation du personnel affecté à la stérilisation, la tenue d'un registre ainsi que le contrôle de la qualité de la stérilisation sont autant d'étapes nécessaires pour assurer l'asepsie des instruments jusqu'en salle d'opération.
«Cela ne peut être comparé aux aiguilles non stérilisées qu'utilisait une acupunctrice. On parle de deux mondes différents. C'est juste qu'ici, on n'applique pas la norme idéale», estime le Dr Weiss.
L'hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui fait partie des hôpitaux utilisant la méthode flash cités par The Gazette, n'a d'ailleurs pas caché hier avoir recours à cette méthode rapide. «C'est dû au manque de ressources. Il faudrait 1,5 million pour acquérir assez d'instruments pour cesser cette pratique, et le département de chirurgie n'a obtenu que la moitié de cela. La pression est donc forte pour continuer à utiliser la méthode éclair», a confirmé Alain Charbonneau, responsable des communications pour cet hôpital.
À l'Association des hôpitaux du Québec (AHQ), on assure que ce phénomène «est circonscrit» à quelques hôpitaux et que cela ne présente pas de dangers pour la population. «Je demeure convaincu que la stérilisation est faite de façon appropriée pour la majorité des patients. Si on stérilise plus vite, c'est surtout parce qu'on veut réduire les listes d'attente et que tout va plus vite depuis que des budgets ont été versés à cette fin», a défendu hier Daniel Adam, vice-président exécutif de l'Association des hôpitaux du Québec (AHQ). Ce dernier nie par ailleurs que le phénomène soit un problème budgétaire, mais l'impute plutôt aux priorités fixées dans chaque hôpital.
Ce n'est pas la première fois que la question de la stérilisation éclair fait l'objet d'un débat. En 1998, au CHUM, le recours étendu à la méthode flash avait provoqué la démission du président du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP). À l'époque, la direction du CHUM avait lésiné à se conformer à un avis de ce conseil, pressant l'hôpital de se conformer aux normes reconnues dans le domaine de la stérilisation.
La direction du CHUM, qui plaidait le manque d'argent pour justifier le recours à cette méthode rapide, avait finalement injecté 5,6 millions pour acquérir la quantité nécessaire d'instruments chirurgicaux pour généraliser l'usage de la stérilisation prolongée.
«La stérilisation, ce n'est pas juste un appareil, c'est d'abord un processus. Il est aussi probable de mal stériliser avec la méthode prolongée, et de bien stériliser avec la méthode "flash"», a fait valoir hier le Dr Karl Weiss, infectiologue et microbiologiste à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, en réaction aux articles publiés par le journal The Gazette, sur les risques présentés par l'usage généralisé de la méthode de stérilisation appelée «flash», dans plusieurs hôpitaux de Montréal.
Normalement, il faut deux à trois heures pour procéder à la stérilisation d'instruments souillés dans un appareil à vapeur appelé autoclave. Une méthode flash permet la stérilisation en 10 à 12 minutes, mais n'est, en principe, recommandée que dans les cas d'urgence, par exemple si un médecin laisse tomber par inadvertance son instrument par terre.
Or, selon le Dr Weiss, le recours fréquent à la méthode flash, qui découle directement du manque d'instruments chirurgicaux disponibles dans les salles d'opération, ne signifie pas que ces instruments soient mal stérilisés.
«Ce n'est pas la méthode idéale, mais est-ce dangereux? Je dirais que non. Il n'y a pas d'étude qui démontre que les instruments stérilisés de cette manière causent plus d'infections chez les patients», a-t-il invoqué hier.
Selon cet expert, la qualité de la stérilisation ne découle pas seulement de la durée du traitement à la vapeur, mais aussi de toutes les étapes du processus lié à la stérilisation. Le lavage préalable des instruments, la formation du personnel affecté à la stérilisation, la tenue d'un registre ainsi que le contrôle de la qualité de la stérilisation sont autant d'étapes nécessaires pour assurer l'asepsie des instruments jusqu'en salle d'opération.
«Cela ne peut être comparé aux aiguilles non stérilisées qu'utilisait une acupunctrice. On parle de deux mondes différents. C'est juste qu'ici, on n'applique pas la norme idéale», estime le Dr Weiss.
L'hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui fait partie des hôpitaux utilisant la méthode flash cités par The Gazette, n'a d'ailleurs pas caché hier avoir recours à cette méthode rapide. «C'est dû au manque de ressources. Il faudrait 1,5 million pour acquérir assez d'instruments pour cesser cette pratique, et le département de chirurgie n'a obtenu que la moitié de cela. La pression est donc forte pour continuer à utiliser la méthode éclair», a confirmé Alain Charbonneau, responsable des communications pour cet hôpital.
À l'Association des hôpitaux du Québec (AHQ), on assure que ce phénomène «est circonscrit» à quelques hôpitaux et que cela ne présente pas de dangers pour la population. «Je demeure convaincu que la stérilisation est faite de façon appropriée pour la majorité des patients. Si on stérilise plus vite, c'est surtout parce qu'on veut réduire les listes d'attente et que tout va plus vite depuis que des budgets ont été versés à cette fin», a défendu hier Daniel Adam, vice-président exécutif de l'Association des hôpitaux du Québec (AHQ). Ce dernier nie par ailleurs que le phénomène soit un problème budgétaire, mais l'impute plutôt aux priorités fixées dans chaque hôpital.
Ce n'est pas la première fois que la question de la stérilisation éclair fait l'objet d'un débat. En 1998, au CHUM, le recours étendu à la méthode flash avait provoqué la démission du président du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP). À l'époque, la direction du CHUM avait lésiné à se conformer à un avis de ce conseil, pressant l'hôpital de se conformer aux normes reconnues dans le domaine de la stérilisation.
La direction du CHUM, qui plaidait le manque d'argent pour justifier le recours à cette méthode rapide, avait finalement injecté 5,6 millions pour acquérir la quantité nécessaire d'instruments chirurgicaux pour généraliser l'usage de la stérilisation prolongée.
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