Réseau - Il faut faire place aux avancées technologiques
«Si on engouffre les nouvelles ressources dans le paiement de déficits, on ne règle pas le problème»
Le réseau de la santé en est rendu à l'heure de l'informatisation et des nouvelles technologies. En parallèle, toute la société se montre très préoccupée par le financement d'un système qui ne cesse d'engloutir des milliards de dollars.
D'ici 50 ans, selon des analyses du ministère, les dépenses encourues pour alimenter adéquatement le système québécois de la santé, notamment en raison du vieillissement grandissant de la population, pourraient passer de 41 à 66 % de l'enveloppe budgétaire globale du gouvernement.
Dans un premier cas, le directeur du département d'administration de la santé de l'Université de Montréal, Renaldo Battista, indique que l'informatisation du réseau fera en sorte que l'information coulera de façon beaucoup plus fluide. Il mentionne que le Québec, sans être en avance sur quiconque au Canada dans ce domaine, n'est pas plus en retard que les autres provinces ou que les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Difficile innovation
Il reconnaît d'emblée que le domaine de l'évaluation de l'ensemble des technologies de pointe lui est très cher: «Le problème, c'est qu'il y a actuellement des discours qui sont sur des voies de collision en cette matière. Il y a, par exemple, celui du développement technologique en santé, qui est perçu comme un apport pour l'essor économique du Québec et du Canada; ce sont des propos portés par des ministères davantage à vocation économique. En même temps, dans le même gouvernement, le système de santé véhicule pour sa part un discours passif et très prudent visant à le protéger de cette innovation technologique en provenance de la biotechnologie, de la génomique et de la protéomique; ce sont des avancées technologiques qui risquent de changer complètement la médecine, mais qui sont extrêmement coûteuses.» En raison des problèmes qui l'assaillent de toutes parts, le système peine à accueillir de tels secteurs d'innovation en ce moment.
Pourtant, le temps presse pour que le milieu s'attaque à l'incongruité de cette situation paradoxale: «De plus en plus, depuis quelques années au Canada, les gens commencent à réfléchir sur la façon de rétablir un nouveau raccordement entre le discours du développement technologique, qui en soi est bon, et le système de santé qui est incapable de l'accueillir. Les solutions sont complexes, mais un des éléments importants pour faire le pont entre les innovations et le système réside dans l'évaluation des technologies; c'est la diffusion de cette culture même de l'évaluation qui permet de faire entrer de l'air dans le système. Il est clair que tout ce qu'on fait à l'intérieur de celui-ci n'est pas également efficace. Donc, si on porte un regard critique sur les manières d'agir afin d'évacuer ce qui est moins efficace, on se trouve à faire de la place pour les innovations technologiques. Ainsi, le système pourra se renouveler, ce qui représente un défi extrêmement important et intéressant pour les prochaines années.»
Les gros sous
et les choix nécessaires
Il ne sert à rien d'augmenter le financement en santé si les vices inhérents au système persistent: «Si on engouffre les nouvelles ressources dans le paiement de déficits causés par un mauvais fonctionnement, on ne règle pas le problème, d'où l'importance de travailler à l'amélioration de la gestion du réseau. Les réformes qui sont en cours vont dans ce sens et c'est un investissement à long terme.» Le directeur considère que les gestionnaires devraient, dans ce but, utiliser de façon encore plus efficace les données techno-scientifiques qui sont, entre autres, produites par des organisations comme l'Agence d'évaluation des technologies de la santé.
Face aux nouveaux défis complexes en présence, peut-on finalement parler d'un inévitable gouffre financier à plus ou moins court terme? Renaldo Battista pense plutôt en termes de choix: «Là comme ailleurs, on doit réaliser que les ressources sont limitées; elles le sont toujours par définition. Il y a une finalité dans l'humanité qui fait partie de ce que l'on est. À partir de cela, on doit se rendre compte qu'on doit faire des choix; c'est une nécessité incontournable. Même si on continuait d'augmenter les crédits à l'infini, à un moment donné on va frapper un mur.» Dans ce sens, l'implication des citoyens dans les processus de décision des systèmes de santé lui apparaît une piste intéressante à suivre pour l'avenir.
D'ici 50 ans, selon des analyses du ministère, les dépenses encourues pour alimenter adéquatement le système québécois de la santé, notamment en raison du vieillissement grandissant de la population, pourraient passer de 41 à 66 % de l'enveloppe budgétaire globale du gouvernement.
Dans un premier cas, le directeur du département d'administration de la santé de l'Université de Montréal, Renaldo Battista, indique que l'informatisation du réseau fera en sorte que l'information coulera de façon beaucoup plus fluide. Il mentionne que le Québec, sans être en avance sur quiconque au Canada dans ce domaine, n'est pas plus en retard que les autres provinces ou que les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Difficile innovation
Il reconnaît d'emblée que le domaine de l'évaluation de l'ensemble des technologies de pointe lui est très cher: «Le problème, c'est qu'il y a actuellement des discours qui sont sur des voies de collision en cette matière. Il y a, par exemple, celui du développement technologique en santé, qui est perçu comme un apport pour l'essor économique du Québec et du Canada; ce sont des propos portés par des ministères davantage à vocation économique. En même temps, dans le même gouvernement, le système de santé véhicule pour sa part un discours passif et très prudent visant à le protéger de cette innovation technologique en provenance de la biotechnologie, de la génomique et de la protéomique; ce sont des avancées technologiques qui risquent de changer complètement la médecine, mais qui sont extrêmement coûteuses.» En raison des problèmes qui l'assaillent de toutes parts, le système peine à accueillir de tels secteurs d'innovation en ce moment.
Pourtant, le temps presse pour que le milieu s'attaque à l'incongruité de cette situation paradoxale: «De plus en plus, depuis quelques années au Canada, les gens commencent à réfléchir sur la façon de rétablir un nouveau raccordement entre le discours du développement technologique, qui en soi est bon, et le système de santé qui est incapable de l'accueillir. Les solutions sont complexes, mais un des éléments importants pour faire le pont entre les innovations et le système réside dans l'évaluation des technologies; c'est la diffusion de cette culture même de l'évaluation qui permet de faire entrer de l'air dans le système. Il est clair que tout ce qu'on fait à l'intérieur de celui-ci n'est pas également efficace. Donc, si on porte un regard critique sur les manières d'agir afin d'évacuer ce qui est moins efficace, on se trouve à faire de la place pour les innovations technologiques. Ainsi, le système pourra se renouveler, ce qui représente un défi extrêmement important et intéressant pour les prochaines années.»
Les gros sous
et les choix nécessaires
Il ne sert à rien d'augmenter le financement en santé si les vices inhérents au système persistent: «Si on engouffre les nouvelles ressources dans le paiement de déficits causés par un mauvais fonctionnement, on ne règle pas le problème, d'où l'importance de travailler à l'amélioration de la gestion du réseau. Les réformes qui sont en cours vont dans ce sens et c'est un investissement à long terme.» Le directeur considère que les gestionnaires devraient, dans ce but, utiliser de façon encore plus efficace les données techno-scientifiques qui sont, entre autres, produites par des organisations comme l'Agence d'évaluation des technologies de la santé.
Face aux nouveaux défis complexes en présence, peut-on finalement parler d'un inévitable gouffre financier à plus ou moins court terme? Renaldo Battista pense plutôt en termes de choix: «Là comme ailleurs, on doit réaliser que les ressources sont limitées; elles le sont toujours par définition. Il y a une finalité dans l'humanité qui fait partie de ce que l'on est. À partir de cela, on doit se rendre compte qu'on doit faire des choix; c'est une nécessité incontournable. Même si on continuait d'augmenter les crédits à l'infini, à un moment donné on va frapper un mur.» Dans ce sens, l'implication des citoyens dans les processus de décision des systèmes de santé lui apparaît une piste intéressante à suivre pour l'avenir.
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