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    Feu vert aux sites d’injection

    Une avancée tardive

    Brian Myles
    13 mai 2017 |Brian Myles | Santé | Éditoriaux

    « Feu vert aux piqueries d’État », titrait Le Devoir en 2002 sous la signature d’un jeune journaliste qui a roulé sa bosse dans le métier pendant 15 ans, jusqu’à ce qu’il devienne directeur du quotidien, sans jamais voir la prophétie de sa manchette se réaliser !

     

    Que de débats, d’avancées et de reculs avant d’en arriver finalement cette semaine à des résultats tangibles. En 2002, Montréal, Toronto et Vancouver étaient pressenties pour accueillir des services d’injection supervisée (SIS) à brève échéance. Seule Vancouver, une ville durement touchée par une épidémie d’opiacés, est passée à l’action grâce au soutien des élus locaux, provinciaux et de la police.

     

    Pendant ce temps, Montréal et le Québec faisaient du surplace. En dehors du cercle restreint de la santé publique, peu de leaders politiques se mobilisaient pour défendre le droit à des services de santé pour les utilisateurs de drogues injectables, un thème impopulaire au début des années 2000.

     

    Nous voilà donc en 2017. Santé Canada a accordé une exemption à deux organismes communautaires de Montréal, Cactus et Dopamine, afin de leur permettre d’ouvrir des sites d’injection dans les prochaines semaines (un troisième site est prévu à Spectre de rue).

     

    Montréal devient la première ville au Canada, après Vancouver, à offrir des services de santé à une clientèle à risque de faire des surdoses mortelles et de contracter des maladies infectieuses. Près de 15 ans après l’ouverture d’InSite, il n’était pas trop tôt.

     

    À ceux qui craignent l’implantation d’un marché des drogues à ciel ouvert dans les rues du centre-ville, Le Devoir répond par une invitation à faire le tour de son nouveau quartier, à l’intersection des rues Berri et Sainte-Catherine. Les revendeurs de drogue tiennent salon dans l’édicule du métro. Les ruelles, les parcs et les propriétés du voisinage servent déjà de sites d’injection.

     

    Les SIS n’entraîneront pas une hausse de la consommation et des irritants. Ils permettront au contraire de sauver des vies, comme l’a prouvé l’expérience de Vancouver.

     

    Le Québec se targue souvent de son caractère progressiste et avant-gardiste en matière de réduction des méfaits. Les retards dans l’implantation des SIS seraient donc l’exception qui confirme la règle ? Leur ouverture prochaine témoigne d’un changement de mentalité important chez les politiciens qui, tel un Denis Coderre, ont appuyé le projet. L’appui aux SIS a longtemps fait défaut à l’Hôtel de Ville et à Québec, mais aussi au sein de la population.

     

    En matière de consommation de drogues, les politiques publiques devraient être basées sur une approche de santé publique, et non sur la répression ou l’indifférence. C’est pourquoi l’ouverture de sites d’injection à Montréal mérite d’être soulignée.













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