Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Santé

    Des Indo-Canadiennes optent encore pour l’avortement sélectif

    Le ratio entre les naissances de garçons et de filles demeure anormal dans certaines communautés indiennes de l’Ontario

    25 avril 2017 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé
    Photo: Jian Wang / Getty Images

    La pratique des avortements sélectifs de foetus féminins dans certaines communautés indo-canadiennes de l’Ontario ne s’atténue pas avec le temps, indique une étude.

     

    Même plusieurs années après l’arrivée des mères au Canada, le ratio entre les naissances de garçons et de filles demeure anormal, indiquent des résultats publiés lundi en ligne par le Journal of Obstetrics and Gynaecology Canada.

     

    Les femmes d’origine indienne qui sont déjà mères de deux filles donnent naissance à presque deux fois plus de garçons que de filles lors de leur troisième accouchement. Dans la population générale, il y a environ 106 naissances de garçons pour 100 naissances de filles. Dans le cas de cette communauté, au troisième enfant, le ratio est de près de 192 garçons pour 100 filles.

     

    Cela s’avère surtout pour les femmes immigrantes dont la langue maternelle est le punjabi et l’hindi, avec un ratio respectivement de 260 et 163 garçons pour 100 filles.

     

    Pour les femmes dont la langue maternelle était le Gujarati ou un autre dialecte, le ratio se rapproche plutôt de celui de la population générale, indique l’étude.

     

    Les chercheurs se sont penchés sur près de 47 000 naissances survenues chez des mères d’origine indienne en Ontario entre 1993 et 2014 pour arriver à ces conclusions.

     

    Une pratique qui perdure

     

    L’effet ne s’amenuise pas avec le temps, ont observé les chercheurs. « C’est un peu contre-intuitif, explique un des auteurs, Marcelo Urquia. On pourrait s’attendre à ce que cette pratique diminue avec l’exposition à la culture canadienne, mais ce n’est pas le cas. » Le professeur en épidémiologie et en santé publique à l’Université du Manitoba formule l’hypothèse que l’influence de la culture du pays d’origine s’exprime entre autres par les liens conservés par Internet et les médias sociaux — mais ce n’est qu’une piste.

     

    Il n’en est pas à sa première étude sur le sujet. L’an dernier, il confirmait que le phénomène est bien présent au Canada depuis deux décennies. La sélection du sexe du bébé à naître peut survenir par avortement sélectif ou par la procréation médicalement assistée (PMA). La section du sexe en PMA est interdite au Canada, mais certains couples pourraient aller à l’étranger compléter la procédure.

     

    Selon Amanpreet Brar, ces résultats ont provoqué une certaine prise de conscience dans la communauté indo-canadienne. La chercheuse et étudiante en médecine d’origine indienne, qui a collaboré à cette étude, donne l’exemple des célébrations qui entourent la naissance d’un enfant. Des friandises sont par exemple préparées pour la naissance d’une fille, ce qui traditionnellement était plutôt réservé aux garçons. « Des efforts sont faits pour contrer le sexisme dans la communauté, et c’en est une manifestation », explique-t-elle.

     

    Le chercheur Marcelo Urquia souhaite maintenant vérifier ce qu’il en est chez les immigrantes de deuxième génération. Il entreprendra aussi des entrevues avec des femmes afin de comprendre le phénomène de l’intérieur.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.