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    Projet-pilote à Québec

    Ouverture d’une clinique dotée d’infirmières spécialisées

    7 avril 2017 | Isabelle Porter à Québec | Santé
    Selon l'instigatrice de la clinique, les infirmières spécialisées pourraient décharger les médecins d'entre 84 et 90% des patients. 
    Photo: iStock Selon l'instigatrice de la clinique, les infirmières spécialisées pourraient décharger les médecins d'entre 84 et 90% des patients. 

    Une nouvelle clinique donnant plus de place aux infirmières va ouvrir ses portes à Québec et, cette fois, ce projet-pilote se fait avec l’aval du gouvernement, puisque cela s’inscrit dans le modèle des groupes de médecine familiale (GMF).

     

    Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, souhaite même reproduire la formule à la grandeur du Québec dans le futur. « C’est ça, le réseau du futur », a-t-il lancé lors du dévoilement du projet-pilote « Archimède » à la Clinique Saint-Vallier, dans le quartier Saint-Sauveur.

     

    Dans ce GMF nouveau genre, on trouve cinq infirmières spécialisées (par rapport à zéro dans un GMF standard), trois infirmières cliniciennes au lieu de deux, une infirmière auxiliaire, et le recours à des professionnels comme les physiothérapeutes est plus courant. Enfin, trois médecins y travaillent à temps plein et trois à temps partiel.

     

    Selon l’infirmière praticienne spécialisée (IPS) qui a défini le projet, Christine Laliberté, les IPS pourraient décharger les médecins d’entre 85 et 90 % des patients. « C’est un projet pour les patients, a-t-elle résumé. C’est un travail axé sur la bonne ressource au bon moment. »

     

    Les IPS, faut-il le rappeler, sont des infirmières détentrices d’une maîtrise capable de prodiguer divers soins anciennement réservés aux médecins, comme le traitement des maladies chroniques, la prévention des infections transmissibles sexuellement ou encore le suivi de grossesse.

     

    Le ministre Barrette en conclut que les médecins pourraient ainsi suivre chacun jusqu’à 3000 patients et dès lors réduire les listes d’attente. « Est-ce qu’un médecin peut prendre en charge 3000 patients seul ? Non. Est-ce qu’avec une équipe appropriée [c’est possible] ? Absolument. »

     

    Le gouvernement investit 3,5 millions dans le projet-pilote, qui s’étirera sur cinq ans. Au cours de cette période, une équipe de chercheurs documentera l’expérience. « Si on arrive à démontrer que la clientèle qui est prise en charge ici fréquente moins les salles d’urgence, c’est un indicateur », a expliqué le professeur Serge Dumont, de l’Université Laval.

     

    Si la formule connaît du succès, elle pourrait être reproduite à la grandeur du Québec, avance le ministre, qui souligne que ce seront des emplois prometteurs pour les 2000 nouvelles IPS que l’on s’apprête à former.

     

    Pas comme SABSA

     

    Cette ouverture peut sembler étonnante de prime abord quand on sait à quel point le ministre s’était opposé au financement public de la clinique SABSA, elle aussi basée sur le travail des IPS.

     

    Or M. Barrette souligne qu’il ne s’opposait pas à un rôle accru pour les infirmières, mais à ce que cela se fasse à l’extérieur des groupes de médecine familiale (GMF). « J’ai toujours dit que je défavorisais les réseaux parallèles. »

     

    La clinique SABSA était constituée en coopérative et ne faisait pas partie officiellement d’une GMF, même si l’IPS pouvait consulter au besoin un « médecin partenaire » de la Clinique Saint-Vallier, justement.

     

    À la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui a milité à la fois pour SABSA et Archimède, on se réjouit de « ce grand changement ».

     

    « C’est une bonne nouvelle », a dit la présidente, Régine Laurent. « Finalement, les gouvernements se rendent compte que c’est possible et que ça va être bien pour les patients. »













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