Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Santé mentale

    La dépression frappe durement les jeunes Canadiens

    Il y a eu environ 150 000 tentatives de suicide chez les 15 à 24 ans en une année

    19 janvier 2017 |Isabelle Paré | Santé
    L’adolescence et le début de l’âge adulte constituent une «période critique».
    Photo: Michaël Monnier Le Devoir L’adolescence et le début de l’âge adulte constituent une «période critique».

    La dépression frappe davantage les jeunes de 15 à 24 ans que tous les autres Canadiens et constitue désormais la deuxième cause de mortalité dans cette tranche d’âge. Pas moins de 150 000 adolescents et jeunes adultes auraient déjà tenté de mettre fin à leurs jours, selon Statistique Canada.

     

    Ce triste tableau est celui brossé mercredi par une nouvelle étude rendue publique sur la dépression et les idées suicidaires chez les jeunes, démontrant que les adolescents et les jeunes adultes présentent les plus hauts taux d’anxiété et de troubles de l’humeur de tous les groupes d’âge.

     

    Tirées de l’Enquête sur la santé mentale menée dans les collectivités canadiennes – Santé mentale, ces données de 2012 fixent à 11 % le nombre de jeunes de 15 à 24 ans ayant souffert de dépression au cours de leur vie et à 7 % ceux qui en ont souffert au cours des 12 mois précédant l’enquête.

     

    En comparaison, seulement 5 % des adultes de 25 à 64 ans ont déclaré avoir traversé une dépression au cours de la dernière année, et 2 % des personnes âgées de 65 ans et plus.

     

    Ces données préoccupantes excluent en outre les jeunes vivant dans des réserves indiennes et d’autres établissements autochtones, population que l’on sait particulièrement frappée par la dépression, les idées suicidaires et le suicide.

     

    Selon l’enquête, les idées suicidaires ont traversé l’esprit d’au moins 14 % des jeunes au cours de leur vie, et près de 5 % ont même concocté des projets de suicide. Jusqu’à 3,5 % des participants ont même fait une tentative au cours de l’année ayant précédé l’enquête. Concrètement, cela signifie qu’environ 150 000 jeunes de 15 à 24 ans auraient tenté de mettre fin à leurs jours à un moment ou l’autre de leur vie, insistent les chercheurs de Statistique Canada.

     

    Selon les données recueillies, les facteurs de risque semblent particulièrement présents durant l’adolescence et le début de l’âge adulte. Durant « cette période critique », plusieurs facteurs sont associés à un plus grand risque de dépression, dont le fait d’être une femme, de fumer, de présenter des comportements sociaux négatifs (critique, intimidation, colère) et la capacité à composer avec le stress.

     

    À ce chapitre, plus du tiers des répondants déclarent que l’école est la plus importante source de stress dans leur vie (35 %), suivie de la précarité financière (26 %), des contraintes de temps (8 %) et des difficultés vécues dans leurs relations interpersonnelles (6 %).

     

    Trouver de l’aide

     

    La moitié des jeunes qui déclarent avoir souffert de dépression ont traversé un épisode ayant duré de six mois à un an. Et pour un jeune sur cinq, cet état a perduré plus d’un an. Pour 18 % des jeunes frappés par la dépression, les symptômes ont forcé l’interruption de leurs activités normales pendant un mois.

     

    Environ 42 % des jeunes ayant été affectés par la dépression dans leur vie ont déclaré avoir consulté un professionnel au cours de l’année précédente, alors que plus de 60 % ont plutôt tenté de trouver de l’aide auprès de sources informelles. Parmi celles-ci, les amis venaient au premier rang (47 %), suivis de la famille (33 %), d’Internet (28 %), de divers groupes d’entraide, d’enseignants ou de supérieurs. Plus du tiers des répondants n’avaient pas cherché de soutien.

     

    L’étude relève que les jeunes immigrants ayant déclaré avoir souffert de dépression semblent être ceux qui sont le moins portés à rechercher un soutien auprès de professionnels.

     

    Plus de médicaments

     

    Ces données sur la dépression semblent corroborer les résultats d’autres études démontrant que les jeunes Canadiens sont de plus en plus nombreux à consommer des médicaments psychoactifs. Une étude publiée dans la Revue canadienne de psychiatrie à la fin de 2016 révélait que les ordonnances d’antidépresseurs ont bondi de 63 % entre 2010 et 2013 et celles de médicaments antipsychotiques, de 33 %.

     

    Ces chiffres laissent voir que les maladies mentales sont mieux diagnostiquées, plus tôt, chez les enfants. Mais ils pourraient aussi refléter la difficulté d’accès aux autres types de thérapie et de soutien offerts par d’autres professionnels.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.