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    Confusion autour des frais accessoires

    L’abolition entre en vigueur dans quelques jours

    17 janvier 2017 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé
    Après les pharmaciens et les dentistes, qui ont dénoncé la situation la semaine dernière, les optométristes et les cliniques d’avortement s’interrogent aussi sur l’impact de la mesure sur leurs patients.
    Photo: Heinz Linke / Getty Images Après les pharmaciens et les dentistes, qui ont dénoncé la situation la semaine dernière, les optométristes et les cliniques d’avortement s’interrogent aussi sur l’impact de la mesure sur leurs patients.

    La confusion règne chez les professionnels de la santé concernant les frais qu’ils pourront ou non facturer aux patients après le 26 janvier, date d’entrée en vigueur de l’abolition des frais accessoires.

     

    Après les pharmaciens et les dentistes, qui ont dénoncé la situation la semaine dernière, les optométristes et les cliniques d’avortement s’interrogent aussi sur l’impact de la mesure sur leurs patients.

     

    Les cliniques d’avortement se demandent si elles peuvent continuer à vendre des stérilets. Ces derniers sont de plus en plus souvent posés immédiatement après une interruption volontaire de grossesse (IVG), et vendus directement par les cliniques. Cela diminue les risques d’une nouvelle grossesse et d’IVG multiples.

     

    Un tableau publié par le MSSS mercredi dernier stipule que les stérilets devront normalement être achetés par les patientes à la pharmacie avant leur rendez-vous médical. Par contre, dans le cas de l’IVG, le tableau stipule que les stérilets seront « fournis ». Faut-il comprendre gratuits ? Sur le terrain, les cliniques ne savent pas à quoi s’en tenir et n’ont pas été informées des nouvelles modalités à appliquer.

     

    « Il y a une grosse confusion, on se demande quoi dire à nos patientes », dit la directrice du Centre de santé des femmes de l’Outaouais, Patricia Larue.

     

    Mme Larue s’inquiétait déjà de l’impact du règlement sur les patientes en octobre. Le MSSS avait alors indiqué au Devoir que le stérilet ne faisait pas partie des frais accessoires, car il n’est pas un « service médical assuré », bien que sa pose, elle, le soit. Le MSSS ajoutait que les médecins pourraient continuer à vendre les stérilets, sans que ce soit un « objet de profits ».

     

    Puis, le MSSS a écrit au Devoir mercredi dernier que les stérilets ne pourront pas être vendus par les cliniques, mais qu’ils seront fournis par les établissements de santé (CIUSSS et CISSS). Puis, lundi, appelé à indiquer laquelle des options était la bonne, le ministère a finalement indiqué que « les cas particuliers seront discutés avec les associations impliquées en vue de l’entrée en vigueur du règlement ».

       

    Les optométristes s’interrogent

     

    Les optométristes se demandent s’ils pourront continuer à faire certains tests qui n’ont pourtant jamais été couverts par le régime public. Le tableau publié par le ministère de la Santé et des Services sociaux mercredi dernier indique qu’« optométristes et ophtalmologistes » ne pourraient plus facturer une biométrie de l’oeil, une rétinophoto, une échographie de l’oeil ou une tomographie en cohérence optique (OCT), par exemple.

     

    Dans le cas des optométristes, la RAMQ ne couvre aucune de ces interventions. Est-ce dire que Québec leur interdit d’en faire ? demande l’Association des optométristes du Québec (AOQ). Il semble que non : le MSSS a écrit au Devoir lundi que les examens pourront continuer à être facturés aux patients dans le cas des optométristes, mais pas des ophtalmologistes (qui sont médecins spécialistes).

     

    « Si nous ne pouvons plus faire ces tests, il faudra renvoyer les patients au système hospitalier, où les délais peuvent atteindre un an », déplore le président de l’AOQ, Steven Carrier.

     

    L’AOQ dit n’avoir eu aucun rappel du MSSS à ce sujet. « On espère que c’est une erreur administrative », dit sa directrice générale, Maryse Nolin. « Sinon, ce sera catastrophique, on va engorger le système avec des patients qui ne devraient pas être vus en première ligne par des ophtalmologistes à l’hôpital. »

     

    Une chose est claire, les optométristes ne pourront plus facturer les gouttes utilisées dans le cadre d’un service assuré. Par exemple, certaines gouttes sont utilisées lors d’examens couverts par la RAMQ chez les plus de 65 ans et les moins de 18 ans. Les optométristes se disent prêts à absorber le coût le temps de s’entendre avec Québec sur une compensation. Des négociations doivent s’amorcer en février.

      

    Malaise chez les radiologistes La présence de la Dre Marie-Josée Berthiaume aux assemblées de l’Association des radiologistes du Québec (ARQ) cause des remous alors qu’un conflit oppose son conjoint, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, à ses anciens collègues. Elle a été invitée à quitter une réunion de l’ARQ, vendredi dernier, par un membre qui dénonçait un « conflit d’intérêts évident », a écrit Le Soleil. Québec et les radiologistes sont toujours en négociations concernant la couverture publique de l’échographie en cabinet, en vigueur depuis le 29 décembre sans qu’un tarif ait été fixé pour dédommager les médecins. Le cabinet du ministre Gaétan Barrette souligne que la Dre Berthiaume, en tant que « membre en règle » de l’ARQ, « a le droit de participer aux activités de l’association ». « Le fait que son conjoint s’implique en politique ne l’empêche pas de poursuivre ses activités dans une association pour laquelle elle paie ses cotisations », indique l’attachée de presse du ministre, Julie White. Elle confirme par ailleurs que la Dre Berthiaume pratique exclusivement dans le système public de santé.













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