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    Les avortements tardifs doivent pouvoir être faits ici, dit le CSF

    22 décembre 2016 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé
    La présidente du Conseil du statut de la femme, Eva Ottawa
    Photo: Renaud Philippe Le Devoir La présidente du Conseil du statut de la femme, Eva Ottawa

    Les avortements tardifs devraient être faits au Québec, estime la présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), qui demande à Québec de trouver un moyen de cesser d’envoyer les femmes aux États-Unis pour cette procédure.

     

    Eva Ottawa a affirmé, en entrevue avec Le Devoir, que l’avortement de troisième trimestre « est un soin de santé qui doit être offert au Québec ». « Notamment parce qu’il y a des femmes qui ne peuvent pas voyager, des femmes vulnérables », a-t-elle ajouté.

     

    Elle demande à Québec de mettre fin à l’obligation pour les femmes de se rendre aux États-Unis. De plus, le gouvernement devrait « faire appliquer le droit » qui, au Canada, reconnaît aux femmes l’autonomie de mettre fin à une grossesse peu importe le stade ou la viabilité du foetus.

     

    « L’interruption volontaire de grossesse est un droit, c’est une lutte que nous avons menée. Le choix revient à la femme », a-t-elle rappelé.

     

    Blocage

     

    Elle réagissait au fait que le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a refusé un avortement tardif à une femme, qui a eu recours à un avocat pour obtenir la procédure dans un autre établissement, alors qu’elle ne pouvait pas voyager aux États-Unis.

    L’interruption volontaire de grossesse est un droit, c’est une lutte que nous avons menée. Le choix revient à la femme.
    Eva Ottawa, présidente du Conseil du statut de la femme
     

    Pour Eva Ottawa, « qu’on remette ce droit en question est insensé et inacceptable ».

     

    Selon le CLSC des Faubourgs, de 12 à 24 patientes sont envoyées aux États-Unis chaque année pour un avortement de troisième trimestre. Ce CLSC gère les cas qui lui sont certifiés par les autres hôpitaux du Québec, qui n’offrent pas la procédure au-delà de 24 semaines, sauf de manière très exceptionnelle.

     

    Des règles souples

     

    Le Collège des médecins du Québec a confié à deux comités le mandat de revoir ses lignes directrices en matière d’avortement.

     

    Ces dernières stipulent que l’IVG « après 23 semaines de gestation est réservée aux cas d’anomalies congénitales graves ou à des situations cliniques exceptionnelles ». Le CUSM affirme que sa décision a été guidée par ces directives.

     

    Celles-ci doivent être interprétées avec discernement, selon le CMQ. En entrevue avec The Gazette, le secrétaire du Collège, le Dr Yves Robert, a affirmé être « surpris » qu’une femme ait eu besoin de recourir à un avocat pour obtenir une IVG. « Il n’y a que deux lignes sur les avortements tardifs dans les lignes directrices. C’est minimal. Nous parlons d’anomalies graves, sans les décrire », a-t-il dit en anglais. La situation n’est pas sans rappeler l’implication des comités d’avortement thérapeutique, a-t-il ajouté, lesquels accordaient ou non l’autorisation aux femmes d’avoir accès à une IVG avant que la Cour suprême n’invalide ce processus.

     

    Les femmes ont le droit d’obtenir un avortement sans avoir recours à un tiers, « à n’importe quel stade de leur grossesse », a rappelé le Dr Robert, qui n’était pas disponible pour une entrevue avec Le Devoir mercredi.

     

    La responsable des communications du CMQ, Caroline Langis, a cependant précisé que l’ordre professionnel estime également que, lorsqu’une femme ne peut pas se rendre aux États-Unis, ce soin devrait être accessible au Québec.

     

    La responsabilité aux médecins

     

    Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, est d’accord : « Légalement, les femmes, et c’est la Cour suprême qui le dit, ont le droit d’avoir un avortement à n’importe quel stade avant l’accouchement. »

     

    Le problème, c’est de trouver des médecins pour faire l’avortement, a-t-il affirmé lors d’une mêlée de presse. « Légalement, les femmes doivent avoir accès [à ces avortements], et c’est pourquoi nous payons lorsqu’elles ont à aller [aux États-Unis], mais nous ne pouvons pas forcer les médecins, a-t-il déclaré. Le Collège des médecins révise ses lignes directrices, et nous verrons à quoi ils arriveront. »













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