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    Soin de fin de vie et euthanasie

    13 décembre 2016 | Guy Durand Le 12 décembre 2016 | Santé

    Réaction à la lettre de Marc Therrien, parue dans Le Devoir du 9 décembre. Monsieur, vous avez le droit de déplorer que certains médecins qui s’opposent aux soins de fin de vie parlent d’euthanasie parce que les deux expressions ont des connotations émotives très différentes. Mais vous ne pouvez cependant trafiquer le sens des mots. Car il s’agit bien, en l’occurrence, d’une forme d’euthanasie. Les lois de Belgique et des Pays-Bas qui ont précédé et inspiré la loi québécoise parlent justement d’euthanasie.

     

    Étymologiquement, le mot euthanasie (du grec eu-thanatos, bonne mort) signifie mort douce et sans souffrance. Il désigne la mort donnée à autrui pour hâter la fin de ses souffrances. La notion comprend donc deux éléments essentiels : un acte spécifique (tuer, provoquer la mort) et un motif de compassion. L’anglais dit exactement mercy killing. L’acte peut être fait avec le consentement du malade ou non (euthanasie volontaire ou involontaire), par un médecin ou un quidam (comme dans le cas de Robert Latimer en Alberta), grâce à un moyen médical (une piqûre) ou autrement (gaz, étouffement).

     

    Sur le plan éthique, plusieurs citoyens et citoyennes, de même que la plupart des religions, y voient un acte immoral. Certains théologiens catholiques, comme Hans Küng, et des prêtres québécois comme Raymond Gravel, y voient au contraire un acte éthiquement acceptable dans certaines circonstances. La question est difficile. Difficile d’analyser toutes les exigences du respect de la vie. Difficile, par exemple, de distinguer parfois l’acte euthanasique d’autres interventions visant à améliorer le confort du malade : analgésiques, abstention et arrêt de traitements devenus inutiles, voire sédation palliative terminale, qui ont la mort comme conséquence (et non comme effet direct recherché) et que certains appellent d’ailleurs malencontreusement euthanasie passive.

     

    Sur le plan légal, le respect de la liberté de conscience ou de l’autonomie n’est pas un absolu. D’autres éléments doivent renter en ligne de compte. La législation doit tenir compte des conséquences à court et moyen termes sur la société, soit très concrètement des dangers d’abus et des possibilités de dérives, ainsi que de l’influence des lois sur les mentalités. Ce que la plupart des pays qui légalisent l’euthanasie font d’ailleurs en partie. Mais cela ne change pas le sens des mots.













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