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    Une étude démontre la nocivité de la cigarette électronique pour la bouche

    17 novembre 2016 |Maxime Bilodeau | Santé
    La fumée de cigarette électronique a le pouvoir d’endommager la barrière buccale et d’ainsi accroître le risque d’infection, d’inflammation et de maladies parodontales, selon de nouvelles recherches.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La fumée de cigarette électronique a le pouvoir d’endommager la barrière buccale et d’ainsi accroître le risque d’infection, d’inflammation et de maladies parodontales, selon de nouvelles recherches.

    En laboratoire, la fumée de cigarette électronique endommage les cellules recouvrant la paroi interne de la bouche, rapportent des chercheurs de l’Université Laval. Une conclusion qui ajoute aux connaissances encore parcellaires sur les effets du vapotage sur la santé.

     

    L’équipe du professeur Mahmoud Rouabhia, de la Faculté de médecine dentaire de l’Université Laval, a exposé à la fumée de cigarette électronique des cellules d’épithélium buccal en culture (in vitro). Ces cellules extraites de gencives humaines constituent la première ligne de défense de l’organisme contre le monde extérieur et les quelque 500 espèces de micro-organismes qui vivent dans la bouche, explique-t-on dans un communiqué diffusé mercredi par l’Université Laval.

     

    Au microscope, les chercheurs ont observé la réponse des cellules à des inhalations artificielles de fumée de cigarette électronique de cinq secondes par minute pendant 15 minutes chaque jour. Contrairement à la croyance populaire, la fumée de l’appareil n’est pas que de la vapeur d’eau. On y retrouve des composés potentiellement nocifs produits notamment par le chauffage de la nicotine et du propylène glycol.

     

    Le pourcentage de cellules mortes ou mourantes est ainsi passé à 18 %, 40 % et 53 % après respectivement une, deux et trois journées d’exposition à la fumée. Il était de 2 % dans les cultures de celles non exposées.

     

    Portée limitée

     

    Selon le professeur Rouabhia, ces résultats indiquent que la fumée de cigarette électronique a le pouvoir d’endommager la barrière buccale et d’ainsi accroître le risque d’infection, d’inflammation et de maladies parodontales. Par contre, le devis de l’étude, réalisé en laboratoire sur des cellules humaines en culture, empêche d’en étendre les conclusions. « On ne peut pas dire, à la lumière de ces données, que la même chose survient chez l’humain. Cela ne reflète pas la réalité », a-t-il souligné en entrevue avec Le Devoir.

     

    Un avis que partage Mathieu Morissette, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval. « Ce qui est toxique in vitro peut être tout à fait anodin in vivo. Il faut prendre garde à l’interprétation qu’on en fait », met en garde celui qui a publié en 2015 une étude clinique sur l’effet du vapotage sur la condition de personnes atteintes de maladies pulmonaires. Cette dernière allait à l’encontre de la perception selon laquelle la cigarette électronique est inoffensive pour le système respiratoire.

     

    Si elle salue les conclusions de cette étude, Annie Montreuil, chercheuse à l’Institut national de santé publique (INSPQ), déplore néanmoins que peu de travaux s’intéressent à la valeur de la cigarette électronique comme outil d’arrêt tabagique. « Suivre des gens sur plusieurs années prend du temps et des moyens financiers considérables », dit-elle pour expliquer cette lacune. En attendant, la chercheuse estime que les fumeurs de tabac ont tout intérêt à se tourner vers le vapotage, « que les experts considèrent comme moins dommageable pour la santé. »

     

    « Nous commençons à peine à apprendre ce que la cigarette électronique fait du point de vue de la biologie humaine. Nous sommes dans les balbutiements de la recherche », admet le professeur Rouabhia, qui poursuit ses travaux sur les effets de la cigarette électronique sur la santé.

     

    Les résultats de cette étude ont été publiés dans la plus récente édition de la revue Journal of Cellular Physiology.













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