La mauvaise alimentation, nouveau mal du siècle
Un pas en avant, deux pas en arrière. L'effet des récentes campagnes de lutte contre le tabagisme sur la santé de la population pourrait bien ne jamais être perceptible. Et pour cause. Car s'ils fument moins, les Canadiens mangent maintenant plus et plus mal. Avec à la clef un inquiétant constat, dressé hier par la Fondation des maladies du coeur: l'embonpoint et l'obésité — avec les troubles de santé graves qui en découlent — «posent désormais une des plus graves menaces à la santé publique dans l'histoire du pays.»
«Ça s'annonçait depuis longtemps, explique le cardiologue Georges Honos, porte-parole de la Fondation. Mais là, ça empire, d'autant plus que l'embonpoint et l'obésité n'affectent plus seulement les adultes. Les enfants, de plus en plus jeunes, sont maintenant concernés.»
Une épidémie
Les chiffres tirés du dernier Bulletin de santé annuel des Canadiens et des Canadiennes qui ont été rendus publics par la Fondation hier sont en effet sans équivoque. En 30 ans, le Canada a vu son taux de tabagisme chuter de 50 %, avec en toile de fond une diminution des maladies associées à l'abus des volutes fumées. Le hic, c'est que, parallèlement, les maladies du coeur, les accidents cérébrovasculaires, les cancers et même le diabète ont poursuivi leur course fulgurante en trois décennies, poussés par les 47 % de Canadiens qui aujourd'hui vivent au rythme de la surcharge pondérale. Une proportion qui atteint
30 % pour la tranche d'âge des moins de 20 ans.
«C'est une épidémie, soutient M. Honos. Une épidémie qui découle de notre mode de vie moderne et qui est à l'origine de l'apparition, par exemple, du diabète de type 2 chez des gens dans la vingtaine, une clientèle que nous n'avions pas l'habitude de voir pour ce type de maladie par le passé.»
L'effet sur le système de santé et sur «le bonheur national brut» d'une société est donc prévisible. D'où l'importance d'attaquer le problème de front, en pourfendant rapidement «l'abus de gras, les calories vides, les mauvaises habitudes alimentaires et le manque d'exercice» comme «on l'a fait avec le tabac», souligne le médecin. «Bien sûr, pour le tabagisme, le message est clair: "une cigarette, c'est une cigarette de trop", ajoute M. Honos. Mais dans le cas de la nourriture, c'est plus complexe. On ne peut s'en passer.»
Peut-être. Mais rien n'empêche d'entretenir avec la bouffe un rapport plus intelligent, poursuit-il. À condition que tout le monde mette l'épaule à la roue: les gouvernements, en encourageant l'exercice physique dans les écoles et une vie plus active pour tous, et les industriels de l'alimentation — qui nourrissent une grande part de la population — en mettant sur le marché des aliments mieux adaptés à la condition humaine.
Marielle Ledoux, nutritionniste, acquiesce. «Si l'obésité est à la hausse, c'est que beaucoup de choses ont changé dans notre environnement dans les dernières années», dit-elle. En témoignent la présence toujours plus prononcée — dans des endroits aussi incongrus qu'un hôpital, d'ailleurs — des distributrices de boissons gazeuses, l'engouement pour l'alimentation minute cultivée en usine et la popularité croissante des établissements de restauration rapide. «Et puis, il y a la taille des portions, ajoute-t-elle. Les grands formats d'il y a 15 ans sont aujourd'hui des portions qualifiées de petites. Forcément, ça a un impact sur la santé des gens.»
«Ça s'annonçait depuis longtemps, explique le cardiologue Georges Honos, porte-parole de la Fondation. Mais là, ça empire, d'autant plus que l'embonpoint et l'obésité n'affectent plus seulement les adultes. Les enfants, de plus en plus jeunes, sont maintenant concernés.»
Une épidémie
Les chiffres tirés du dernier Bulletin de santé annuel des Canadiens et des Canadiennes qui ont été rendus publics par la Fondation hier sont en effet sans équivoque. En 30 ans, le Canada a vu son taux de tabagisme chuter de 50 %, avec en toile de fond une diminution des maladies associées à l'abus des volutes fumées. Le hic, c'est que, parallèlement, les maladies du coeur, les accidents cérébrovasculaires, les cancers et même le diabète ont poursuivi leur course fulgurante en trois décennies, poussés par les 47 % de Canadiens qui aujourd'hui vivent au rythme de la surcharge pondérale. Une proportion qui atteint
30 % pour la tranche d'âge des moins de 20 ans.
«C'est une épidémie, soutient M. Honos. Une épidémie qui découle de notre mode de vie moderne et qui est à l'origine de l'apparition, par exemple, du diabète de type 2 chez des gens dans la vingtaine, une clientèle que nous n'avions pas l'habitude de voir pour ce type de maladie par le passé.»
L'effet sur le système de santé et sur «le bonheur national brut» d'une société est donc prévisible. D'où l'importance d'attaquer le problème de front, en pourfendant rapidement «l'abus de gras, les calories vides, les mauvaises habitudes alimentaires et le manque d'exercice» comme «on l'a fait avec le tabac», souligne le médecin. «Bien sûr, pour le tabagisme, le message est clair: "une cigarette, c'est une cigarette de trop", ajoute M. Honos. Mais dans le cas de la nourriture, c'est plus complexe. On ne peut s'en passer.»
Peut-être. Mais rien n'empêche d'entretenir avec la bouffe un rapport plus intelligent, poursuit-il. À condition que tout le monde mette l'épaule à la roue: les gouvernements, en encourageant l'exercice physique dans les écoles et une vie plus active pour tous, et les industriels de l'alimentation — qui nourrissent une grande part de la population — en mettant sur le marché des aliments mieux adaptés à la condition humaine.
Marielle Ledoux, nutritionniste, acquiesce. «Si l'obésité est à la hausse, c'est que beaucoup de choses ont changé dans notre environnement dans les dernières années», dit-elle. En témoignent la présence toujours plus prononcée — dans des endroits aussi incongrus qu'un hôpital, d'ailleurs — des distributrices de boissons gazeuses, l'engouement pour l'alimentation minute cultivée en usine et la popularité croissante des établissements de restauration rapide. «Et puis, il y a la taille des portions, ajoute-t-elle. Les grands formats d'il y a 15 ans sont aujourd'hui des portions qualifiées de petites. Forcément, ça a un impact sur la santé des gens.»
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