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    Surdoses à Montréal

    Nouvel appel aux services d’injection supervisée

    10 mai 2016 |Jeanne Corriveau | Santé

    La Direction de la santé publique de Montréal (DSP) a maintenant un portrait plus précis de la vague de surdoses sévères qui avait fait 28 morts à Montréal à l’été 2014. L’enquête épidémiologique qu’elle vient de rendre publique révèle notamment que la grande majorité des victimes consommaient les drogues par injection. L’implantation de services d’injection supervisée (SIS) au cours de la prochaine année pourrait donc sauver des vies, estime la DSP.

     

    L’explosion de cas de surdoses survenus en 2014 avait suscité de vives inquiétudes compte tenu du nombre de cas et de leur gravité. Entre le 1er mai et le 26 août 2014, 79 surdoses sévères, dont 28 décès, avaient été dénombrées.

     

    À la lumière des données collectées, dont les analyses toxicologiques, la DSP a écarté le fentanyl comme cause principale des surdoses et soupçonne que l’héroïne, possiblement plus pure que celle habituellement consommée ou contenant du fentanyl ou des benzodiazépines, soit en cause. La DSP a également observé que 55 % des victimes consommaient des drogues tous les jours et que 90 % des cas étaient des « injecteurs actifs ».

     

    Cette vague de surdose a donné lieu à des campagnes de sensibilisation et à la distribution dans la communauté de trousses de naloxone, un antidote aux opiacés.

     

    Opération complexe

     

    L’implantation prochaine de services d’injection supervisée pourrait aussi sauver des vies, souligne le rapport d’enquête de la DSP : « Les SIS offriront aux utilisateurs de drogues injectables une alternative pour qu’elles ne s’injectent pas de drogue quand elles sont seules. En cas de surdose, des soins pourront leur être prodigués rapidement, notamment l’administration de la naloxone. »

     

    Chef médicale à la DSP, la Dre Carole Morissette pilote l’implantation des SIS qui seront déployés dans trois lieux à Montréal, soit dans les locaux de Spectre de rue, de Cactus et de Dopamine, en plus du site mobile mis en place avec L’Anonyme. Ces SIS devraient être opérationnels à la fin de 2016 ou au début de 2017, selon la Dre Morissette.

     

    L’opération n’est pas simple, car il faudra au préalable obtenir de Santé Canada une exemption à la Loi sur les drogues. « Il nous faut leur envoyer le plan d’aménagement de chacun des locaux avec la trajectoire des services pour bien convenir des mesures de sécurité et de qualité des services. Ça nous prend des plans d’architecte et il faut discuter des aspects cliniques, explique la Dre Morissette. L’exemption ne nous sera confirmée qu’après que Santé Canada aura visité les lieux. »

     

    Et pour protéger les employés de poursuites pour possession de drogue, le curriculum vitae et le certificat de bonne conduite de chaque infirmière et de chaque intervenant devront être fournis à Santé Canada.

     

    Le fait d’implanter plusieurs sites rend l’opération complexe, mais la Dre Morissette considère qu’il s’agit du bon choix et que c’est le modèle que les autres villes adopteront. « Il y a des dynamiques très particulières à chacun des quartiers dans les organismes communautaires avec lesquels on veut travailler », rappelle-t-elle. L’enquête a d’ailleurs révélé qu’Hochelaga-Maisonneuve, le centre-ville et le Centre-Sud, où les SIS vont s’implanter, figuraient parmi les quartiers les plus touchés par les surdoses de 2014. La DSP croit que les SIS seront bien accueillis dans les quartiers visés. « Il va y avoir moins de personnes qui vont s’injecter [de la drogue] dans des lieux publics, moins de personnes intoxiquées dans l’espace public et moins de seringues à la traîne », souligne la Dre Morissette.













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