samedi 28 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h41


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Angioplastie - Les cardiaques doivent s'armer de patience

Isabelle Paré   30 janvier 2004  Santé
Restrictions budgétaires obligent, tous les hôpitaux qui accusent un déficit budgétaire devront plafonner leurs traitements en angioplastie d'ici la fin de l'année même si cette technologie qui a le vent dans le voile permet d'économiser des milliers de dollars par patient.

Tout comme le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), d'autres hôpitaux de la région de Montréal ont affirmé hier ressentir très nettement les effets du corset budgétaire imposé avec rigueur cette année aux hôpitaux qui ont affiché des déficits l'an dernier.

«Le message du nouveau gouvernement, c'est de rester au même niveau que l'an dernier», a soutenu hier le Dr Serge Doucet, chef de la cardiologie d'intervention à l'Institut de cardiologie de Montréal, qui fait quelque 2600 angioplasties par année.

Depuis décembre, le CHUM doit lui aussi, pour la première fois en quatre ans, ralentir son rythme de croisière pour éviter de dépasser, d'ici la fin de l'année financière, le plafond de 2678 angioplasties que lui a prescrit la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre pour 2003-04. Ce plafond oblige aujourd'hui le CHUM à transférer vers d'autres hôpitaux les patients qui lui sont parfois référés par des hôpitaux de la rive sud, voire à retarder la date de leur intervention.

«Nous devons respecter les mêmes volumes que l'an dernier car nous n'avons pas les ressources pour suivre la croissance de la demande. On trouve cela dommage, mais c'est une question strictement budgétaire», a affirmé Lise Provost, porte-parole du CHUM, hier.

Équilibre budgétaire

La Régie régionale de la santé et des services sociaux a soutenu hier que tous les hôpitaux de Montréal sont soumis à des volumes prédéterminés en raison de leurs plans d'équilibre budgétaire. «Chaque hôpital a une entente de gestion qui détermine son budget annuel et, par conséquent, son volume précis d'activité, dont celui en angioplastie», a affirmé le Dr Pierre Masson, directeur des affaires médicales à la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre.

Mais au CHUM, on affirme que par les années passées, les volumes prévus ont toujours été dépassés compte tenu de la montée en flèche de la demande. En cas de dépassement, la Régie régionale épongeait le déficit réalisé, ce qu'elle se refuse à faire cette année.

Le nombre d'angioplasties réalisées au CHUM est donc passé de 1984 en 2000-01 à 2768 l'an dernier et aurait atteint les 3000 cette année sans ce plafond. D'ici la fin de l'année budgétaire, au CHUM, les salles d'hémodynamie devront donc tourner au ralenti, faute d'argent.

Les médecins indignés

«Ce quota-là, dans une spécialité d'urgence comme l'hémodynamie, c'est inadmissible. Nous savons que ce n'est pas la faute de notre hôpital. C'est une décision strictement financière de la Régie et du ministère de la Santé», a déploré hier le Dr François Reeves, cardiologue et directeur des laboratoires d'hémodynamie au CHUM.

Le Dr Reeves affirme que la croissance rapide du nombre d'angioplasties au CHUM s'explique par l'évolution récente des technologies. L'angioplastie, une technique qui consiste à dilater les artères bloquées à l'aide d'un ballonnet inséré jusqu'au coeur au moyen d'un cathéter, a remplacé au moins trois autres traitements, dont la trombolyse et certaines interventions chirurgicales, qui nécessitaient un long séjour à l'hôpital et le recours à des médicaments coûteux.

«L'angioplastie a réduit la mortalité mais aussi les complications et les durées de séjour à l'hôpital de moitié. Au total, cela coûte 2500 $ de moins par patient», affirme le Dr Reeves. Mais ces économies ne semblent pas être prises en compte dans les calculs du gouvernement, déplore-t-il.

Autrefois pratiquée surtout sur rendez-vous chez des patients électifs, l'angioplastie est maintenant utilisée en urgence pour soigner les infarctus aigus et les cas urgents, de sorte que certaines salles d'hémodynamie sont maintenant ouvertes le soir et la nuit.

Les limites de volume en angioplastie imposées au CHUM auront donc un impact direct sur la durée de l'attente des patients dont l'état est jugé semi-urgent, qui patientent sur la liste d'attente. «C'est un retour en arrière. Il n'y a pas un pays en Occident qui fait cela, sauf Cuba», a dénoncé le Dr Reeves.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009