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    Idées – Services à domicile

    Tout et son contraire

    1 février 2016 | Jean-Paul Ouellet - Québec | Santé

    Au téléjournal de Radio-Canada, le 20 janvier dernier, un reportage nous apprenait que le budget des services à domicile (SAD) avait été comprimé dans une proportion de 9 % dans la région de Montréal au cours des derniers mois. Le journaliste précisait en outre que la diminution des services toucherait principalement l’accès à l’aide à domicile, c’est-à-dire l’aide aux soins d’assistance personnelle (ex. : soins d’hygiène) et aux activités domestiques (ex. : entretien ménager).

     

    Interrogé sur la question, le ministre Barrette a affirmé que, loin de diminuer, les budgets du SAD ont plutôt augmenté de 100 millions dans l’ensemble du Québec, ce qui représente une hausse de 19 % pour la région de Montréal. Celui-ci a ajouté que le ministère a pu dégager une telle marge de manoeuvre grâce à une opération de réévaluation des besoins faite par le ministère dont il est le responsable. Il ne s’agit donc pas d’argent neuf, mais d’un « recyclage » de sommes déjà existantes.

     

    Quelques questions

     

    Des lectures aussi opposées d’une même réalité ne sont pas sans susciter des questions auxquelles il serait bienvenu que le ministre réponde. En voici quelques-unes.

     

    Quelle part les 100 millions cités par le ministre représentent-ils dans l’ensemble du budget des services à domicile, y compris les services dispensés par les entreprises d’économie sociale et les travailleurs autonomes ?

     

    À quelle méthode le personnel du ministère a-t-il eu recours pour procéder à une réévaluation des besoins ?

     

    Ce que le ministre appelle une réévaluation des besoins, ne serait-ce pas au fond une opération à peine déguisée pour resserrer les critères d’admission au soutien à domicile ?

     

    À quels profils de clientèle seront affectés les 100 millions rendus disponibles comme par magie ?

     

    Doit-on déduire de cette opération que les établissements ont, par le passé, manqué à ce point de discernement qu’ils ont dispensé à hauteur de 100 millions des services à domicile à des gens qui n’en avaient pas vraiment besoin ?

     

    Le « réaménagement » des services à domicile actuels a-t-il pour effet de rendre caducs les critères d’admission définis dans la politique de soutien à domicile de 2003 ?

     

    Le ministre compte-t-il élargir la mission des Entreprises d’économie sociale — c’était le projet de son prédécesseur — pour leur confier l’aide aux soins d’assistance personnelle en plus de l’aide domestique qu’ils offrent déjà ?

     

    Enfin, comment le ministère compte-t-il s’y prendre pour augmenter de 15 % le nombre de personnes âgées qui recevront des services à domicile d’ici cinq ans, et ce, sans allocation de ressources financières supplémentaires (Plan stratégique du MSSS 2015-2020) ?

     

    Il n’y a généralement pas de solutions simples aux problèmes complexes. En ce sens, il serait intéressant que le ministre — ou l’un de ses porte-parole — fasse oeuvre pédagogique et éclaire les simples d’esprit que nous sommes sur le fait que le réaménagement budgétaire auquel il fait allusion puisse produire simultanément un résultat et son contraire.













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