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Des enfants opérés par un médecin séropositif - Sainte-Justine a retracé 1050 des 2614 jeunes patients

Plus de 500 rendez-vous pour un prélèvement ont déjà été donnés

24 janvier 2004  Santé
L'Hôpital Sainte-Justine de Montréal a rejoint les parents de 1050 jeunes patients sur les 2614 enfants qui ont été traités par un chirurgien séropositif. L'hôpital a donc mis 24 heures à peine pour établir un premier contact avec 40 % du groupe ciblé. Ces enfants devront éventuellement se soumettre à un test de dépistage du VIH.

Le centre d'appel d'urgence mis sur pied pour cette «opération de relance» des patients avait traité 4550 appels, hier.

La révélation du fait qu'une chirurgienne séropositive a opéré des enfants pendant une dizaine d'années à l'Hôpital Sainte-Justine de Montréal, et ce à l'insu de la haute direction, a continué de susciter des remous, hier.

Au lendemain de l'annonce faite en conférence de presse, les lignes téléphoniques de l'hôpital spécialisé dans les soins pédiatriques étaient toujours très occupées, quoique moins que durant les heures qui ont suivi l'annonce.

Jeudi, la haute direction de l'hôpital a indiqué qu'elle tentait de retracer 2614 enfants qui ont été opérés entre 1990 et 2003 par l'un de ses chirurgiens. Comme la direction se refusait à l'identifier, pour respecter sa vie privée, cela a causé un vent d'inquiétude encore plus grand dans les premières heures. Les médias ont finalement identifié la femme médecin, Maria Di Lorenzo, décédée en août dernier. Cela a eu pour effet de ralentir l'afflux d'appels téléphoniques au centre d'urgence de l'hôpital.

Hier en milieu d'après-midi, «la grande majorité des lettres» qu'il restait à adresser aux patients ou parents visés l'avaient été, indiquait-on aux relations publiques de l'hôpital. Le léger délai dans l'envoi de cette seconde vague de lettres recommandées s'explique par le fait que l'hôpital a voulu vérifier les adresses avec la Régie de l'assurance-maladie du Québec. Certaines interventions chirurgicales remontent en effet à une dizaine d'années.

Quant au centre de prélèvements, il était assez occupé. De jeudi à vendredi, 525 rendez-vous pour des prélèvements avaient été donnés, et ce sans compter ceux qui peuvent avoir été pris dans d'autres établissements de santé. La majorité des patients qui ont subi un prélèvement jeudi ont reçu leur résultat.

Des enquêtes administratives ont déjà été annoncées par le Collège des médecins, afin de s'assurer que toutes les règles éthiques et déontologique ont été suivies, de même que par la Direction de la santé publique de Montréal-Centre.

Par ailleurs, Me Jean-Pierre Ménard, un avocat spécialisé dans la défense des droits des consommateurs et des malades, affirmait qu'à son avis, la direction de l'hôpital a bien agi en effectuant un appel public aux patients. Il trouve néanmoins inacceptable que la haute direction n'ait été informée que cette année de la situation.

Quant aux patients, selon lui, ils auraient dû être informés du risque avant d'être exposé à ce risque, et non après. «Même si le risque est infinitésimal, les gens ont le droit de décider de ne pas être exposé à ce risque-là», a-t-il commenté.

Pour ce qui est d'éventuels recours juridiques possibles, Me Ménard estime que «sur une base individuelle, le rapport coût-bénéfice n'en vaut probablement pas la peine». Un recours collectif resterait possible, selon son analyse. Me Ménard signale cependant qu'un dommage moral d'une durée de quelques semaines seulement ne vaut qu'une indemnisation «modeste».
 
 
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