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    Le Québec pourrait mettre fin à la transmission du sida d’ici cinq ans

    1 décembre 2015 |Jessica Nadeau | Santé
    L’étude révèle que le médicament Truvada offre un taux de protection de 86 % quand on le donne de façon préventive à des populations à haut risque.
    Photo: Jeff Chiu Associated Press L’étude révèle que le médicament Truvada offre un taux de protection de 86 % quand on le donne de façon préventive à des populations à haut risque.

    Un regroupement de chercheurs, de cliniciens et d’organismes communautaires estime pouvoir enrayer le sida au Québec d’ici cinq ans. Fort de nouvelles études, le groupe réclame une rencontre avec la ministre déléguée à la santé publique pour mettre sur pied un plan d’action « plus agressif ».

     

    « On veut s’asseoir avec le gouvernement et proposer un programme précis avec des mesures qui peuvent marcher et, comme ça, arriver à éliminer la transmission du VIH au Québec d’ici cinq ans. On pense qu’on est capables de le faire », explique Cécile Tremblay, professeure au département de microbiologie, immunologie et infectiologie à l’Université de Montréal. La microbiologiste se base notamment sur les résultats d’un essai clinique sur la prophylaxie préexposition qui paraît aujourd’hui dans le New England Journal of Medicine, une étude réalisée conjointement avec la France et dont elle était la chercheuse principale pour le Canada.

     

    Cette étude révèle notamment que le médicament Truvada, utilisé pour le traitement du sida, offre un taux de protection de 86 % quand on le donne de façon préventive à des populations à haut risque.

     

    On sait également que si l’on traite les patients assez tôt, il est possible d’éliminer l’aspect contagieux de l’infection.

     

    « Si on fait une approche combinée de prévention, les chiffres nous prouvent qu’on peut arriver à enrayer l’épidémie, donc pas juste la stabiliser ou garder le couvercle sur la marmite, comme on le fait présentement, ce qui est quand même bon, mais on peut vraiment infléchir la courbe de l’épidémie. »

     

    OMS

     

    L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est fixé comme objectif d’arriver à « zéro transmission » d’ici 2030, rappelle Cécile Tremblay. « Pour commencer, le ministère [de la Santé] devrait se positionner et dire que le Québec veut atteindre cet objectif de zéro transmission d’ici 2030. À notre avis, ça devrait être avant ça, mais il faudrait au moins s’inscrire dans cette mouvance de l’OMS. »

     

    Avec la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA), Cécile Tremblay a mis sur pied un groupe de chercheurs, de cliniciens et de groupes communautaires impliqués dans la lutte contre le VIH pour faire pression sur le gouvernement afin que le Québec se dote d’un véritable plan d’action concerté avec le milieu. « Il nous faut un programme plus agressif, ciblé, avec des objectifs clairs, mesurables, financé adéquatement et s’appuyant sur tous les acteurs en place : communautaires, cliniques, académiques, santé publique, recherche et gouvernementaux », écrit la Coalition intersectorielle en vue de l’élimination de la transmission du VIH au Québec dans une lettre envoyée au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, le 23 octobre dernier. Le dossier a été, depuis, transmis à la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois.

     

    Économies

     

    La Coalition est consciente qu’en cette période d’austérité, demander des ressources supplémentaires n’est pas chose facile. Plutôt que de parler d’investissements, elle parle d’économies. « Le coût à vie d’une infection par le VIH s’établissant entre 448 000$ et 690 000 $ dans notre système de santé québécois, vous pouvez rapidement estimer les économies effectuées en prévenant 400 nouvelles infections par année », écrit-elle.

     

    Le médicament Truvada coûte 9000 $ par année par patient et il est remboursé par Québec, même pour un usage préventif, ce qui est exceptionnel au Canada, note Mme Tremblay. « On est choyés, parce qu’ils acceptent de le rembourser, mais ce qui manque, ce sont les ressources pour implémenter un programme. Il ne suffit pas de faire une prescription comme ça et de lâcher lousse le patient dans la nature. Il faut qu’il y ait un suivi tous les trois mois, qu’on fasse des tests, du counselling, il y a tout un encadrement qui est nécessaire pour s’assurer que ce soit efficace. »

     

    Au cabinet de la ministre, on répond qu’on a l’intention de rencontrer le regroupement « pour prendre connaissance de leurs propositions », et ce, d’ici Noël.













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