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    La réplique > Vaccination contre les VPH

    Des arguments sans fondement scientifique

    Le vaccin est sécuritaire et efficace pour prévenir les infections par le VPH à l’origine d’immenses souffrances, voire de la mort

    7 novembre 2015 |Texte collectif* | Santé
    Photo: Getty Images

    Mesdames Rail, Molino et Lippman semblent ignorer que le virus du papillome humain (VPH) cause le cancer du col utérin. Un prix Nobel a pourtant été décerné pour cette découverte en 2008. Malgré cela, ces auteures insistent et soutiennent que le Québec devrait cesser d’administrer le vaccin contre le VPH qui a été approuvé et recommandé par presque toutes les organisations médicales d’importance dans le monde entier, y compris l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), la Coalition Priorité Cancer et l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec.

     

    Il nous a été impossible de retrouver le rapport, ni les données, ni les méthodes de l’étude effectuée sur le vaccin anti-VPH par ces auteures, qui publient leur diatribe dans des blogues plutôt que dans des revues scientifiques. Comment alors peuvent-elles prétendre qu’il soit éthique de dénoncer un programme de santé publique sécuritaire et efficace, uniquement sur la base de prétendues anecdotes individuelles et sans la réalisation et la rédaction d’une étude en bonne et due forme, soumise à un examen par les pairs et critiquée par la communauté scientifique ? Ces auteures ont le devoir moral de publier leur soi-disant étude, d’autant plus que cette étude a été financée en 2012 avec 270 000 $ fournis par les contribuables. Mais ces auteures semblent peu familières avec la littérature scientifique, et aucune d’entre elles n’est considérée experte en vaccinologie, en immunologie, en virologie ou en oncologie.

     

    Pourtant, des centaines d’articles scientifiques publiés dans des revues médicales rigoureuses ont démontré que le vaccin contre le VPH, qui a été administré à des centaines de milliers de femmes et d’hommes à travers le monde, est sécuritaire et efficace.

     

    On peut se demander pourquoi Le Devoir publie les opinions de ces auteures une seconde fois étant donné la conséquence potentielle d’une perte de confiance du public dans un programme d’immunisation dont la sécurité a été prouvée. Cela est d’autant plus surprenant qu’il est évident que ces opinions sont fondées uniquement sur des anecdotes et des allégations, et non sur des données scientifiques évaluées par des pairs. L’insistance obtuse de ces auteures sur une interdiction du vaccin est injustifiée et comparable au fait de crier « il y a une bombe » dans un avion en vol.

     

    Sur les tests Pap

     

    Ces auteures font des erreurs de néophytes. Par exemple, elles suggèrent à tort que les tests Pap sont plus efficaces que le vaccin contre le VPH. Le test Pap est une technologie qui a 70 ans, avec un taux d’erreur de 33 à 50 %. Préférer les tests Pap à la vaccination équivaut à dire : « Ne portez pas votre ceinture de sécurité parce que nous avons les ambulances et des hôpitaux, qui ne sont pas trop mauvais. »

     

    Les auteures ajoutent à tort que les tests Pap ont réduit l’incidence du cancer du col. Mais c’est un traitement médical agressif qui est nécessaire pour soigner le cancer dépisté par le test Pap ! Au Québec, de nombreuses femmes doivent vivre plusieurs mois d’anxiété avant de subir une chirurgie, de la radiothérapie ou de la chimiothérapie, le tout avec des effets secondaires graves. De plus, ces traitements sont bien plus coûteux pour le gouvernement que le vaccin, qui pourrait prévenir le traitement. Considérons l’histoire de cette patiente de 28 ans atteinte d’un cancer du col utérin :

     

    « Je suis passée par six traitements de chimiothérapie au carbo/taxol/avastin, puis par six semaines de radiothérapie pelvienne externe et une chimiothérapie supplémentaire à la cisplatine. Ce traitement a eu de fâcheuses conséquences sur mon corps, et j’ai dû prendre un congé de maladie de six mois. Ces traitements ont provoqué le début de ma ménopause et la perte de ma fertilité. »

     

    Les auteures semblent croire que le VPH est limité au cancer du col. Mais il peut aussi causer des cancers de la bouche, de la gorge, de la vulve, du vagin, du pénis ainsi que de l’anus, cancers que le vaccin contre le VPH peut aussi contribuer à prévenir. Ces autres cancers, comme le cancer anal, qui tuent fréquemment, requièrent un traitement médical éprouvant, comme en témoigne une autre patiente :

     

    « Mon cancer a été traité par chimiothérapie (du 5-FU et de la mitomycine C), et j’ai eu 28 traitements de radiothérapie. Les effets secondaires ont été horribles. Après quelques semaines de radiothérapie, la peau autour de mes fesses s’est gonflée et décollée. Les effets secondaires gastro-intestinaux ont commencé : une diarrhée atroce, des spasmes anaux qui me faisaient hurler de douleur. Je vivais un cauchemar. »

     

    Les auteures affirment également que l’on ne peut se fier aux médecins et aux scientifiques du domaine de la santé. Pourtant, des spécialistes des maladies infectieuses, des experts en santé publique et des épidémiologistes continuent d’évaluer quotidiennement les effets indésirables présumés des vaccins.

     

    Les parents ayant des questions au sujet de l’innocuité et de l’efficacité du vaccin contre le VPH devraient en parler avec leur médecin, et s’informer sur des sites Internet crédibles, comme celui-ci. Votre médecin vous expliquera sans doute que la vaccination contre le VPH peut entraîner des conséquences mineures, comme une douleur et une rougeur au site d’injection, et parfois des évanouissements.

     

    Les cancers liés au VPH causent d’immenses souffrances, une détérioration de la qualité de vie et trop souvent la mort. Mieux vaut la prévention primaire que le diagnostic et le traitement. Le vaccin est sécuritaire et efficace pour la prévention de l’infection par le VPH.

     

    *Ont également signé ce texte:

     

    Eduardo L. Franco, DrPH, FRSC, FCAHS ; professeur titulaire et directeur, Département d’Oncologie ; directeur, Division d’épidémiologie du cancer, Université McGill ; Éditeur-chef, Preventive Medicine

     

    Marc Ouellette, Ph.D. FRSC, FCAHS, Chaire de Recherche du Canada, professeur, Département de microbiologie, infectiologie et immunologie, Université Laval

     

    Marc Steben, M.D., président du Réseau canadien de prévention du VPH ; directeur médical, Clinique A, Montréal

     

    Randy Schekman, PhD, chercheur, Howard Hughes Medical Institute ; professeur, University of California at Berkeley ; rédacteur en chef, eLife ; prix Nobel de physiologie ou médecine, 2013

     

    François Boucher, professeur agrégé de pédiatrie à la Faculté de médecine de l’Université Laval ; membre du Comité d’immunisation du Québec

     

    Zeev Rosberger, PhD, chef de service d’oncologie psychosociale-Louise Granofsky et chercheur principal, Institut Lady-Davis de recherche médicale à l’Hôpital général juif ; professeur agrégé à l’Université McGill

     

    Arnaud Gagneur, M. D, Ph.D ; professeur agrégé, Département de pédiatrie, unité de néonatalogie, CHUS, Sherbrooke

     

    Juliet Guichon, professeure agrégée à la Cumming School of Medicine de l’Université de Calgary

     

    David Scheifele, médecin au BC Children’s Hospital et professeur émérite à l’Université de la Colombie-Britannique

     

    Anne Doig, médecin et professeure à l’Université de la Saskatchewan

     

    Scott A. Halperin, MD, Professor of Paediatrics and Microbiology & Immunology, Head, Paediatric Infectious Diseases, Director, Canadian Center for Vaccinology, Dalhousie University, IWK Health Centre, Halifax, Nova Scotia

     

    Vincent Racaniello, Ph.D., professeur, département de microbiologie et d’immunologie, Columbia University, New York, ancien président de l’American Society for Virology

     

    Vardit Ravitsky, Ph. D., professeure agrégée aux programmes de bioéthique du Département de médecine sociale et préventive de l’École de santé publique de l’Université de Montréal

     

    Gilles Paradis, MD, Strathcona Professor and Chair, Department of Epidemiology, Biostatistics and Occupational Health, McGill University

     

    Catherine Dubé, MD, MSc, FRCPC, gastro-entérologue et responsable de clinique pour le Programme de dépistage du cancer colorectal de l’Ontario, Université d’Ottawa

     

    Samara Perez, candidate au Ph.D. à l’Université McGill, gagnante, bourse d’études supérieures du Canada Vanier, Instituts de recherche en santé du Canada, Montréal

     

    Gilla K. Shapiro, MA (Cantab), MPA, MPP, doctorant au Département de psychologie à l’Université McGill, Montréal

     

    Harriet Richardson, Ph. D., professeure agrégée et directrice du programme de maîtrise de sciences en gestion au Département des sciences de santé publique, divisions NCIC Clinical Trials Group et Cancer Care and Epidemiology, Université Queen’s, Kingston

     

    Lori D. Frappier, Ph. D., professeur au Département de génétique moléculaire de l’Université de Toronto, membre de la Chaire de recherche du Canada en virologie moléculaire, Toronto

     

    Tania Watts, Ph. D, Professor and Sanofi Pasteur chair in Human Immunology, University of Toronto

     

    Christopher Mackie, MD, MHSc, CCFP, médecin-conseil en santé publique au Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada (FRCPC) et p.-d.g. du Bureau de santé Middlesex-London, et professeur agrégé au Département d’épidémiologie et biostatistique à l’Université McMaster, Hamilton ;

     

    Shelly McNeil, MD, FRCPC, chef de la Division des maladies infectieuses de l’Autorité de la santé de Nouvelle-Écosse, Halifax

     

    Aaron Wheeler, Ph.D., Professor, Department of Chemistry, University of Toronto ; athCanada Research Chair of Bioanalytical Chemistry

     

    William A. Fisher, Ph. D., professeur au Département de psychologie et au département d’obstétrique et de gynécologie à la Western University, London, et membre de l’Académie canadienne des sciences de la santé

     

    Mark Joffe, professeur de médecine à l’Université d’Alberta, Edmonton

     

    Brian J Ward, MSc, DTM H, MDCM, professeur de médecine et de microbiologie à l’Université McGill

     

    Karen Mossman, professeur à la Chaire de biochimie et sciences biomédicale de l’Université McMaster, Hamilton

     

    Noni MacDonald, MD, professeur de médecine pédiatrique à l’Université Dalhousie, Halifax

     

    Matthew S. Miller, Ph. D., professeur agrégé au Département de biochimie et de sciences biomédicales de l’Institute for Infectious Diseases Research de l’Immunology Research Centre à la Faculté des sciences de la santé de l’Université McMaster, Hamilton

     

    Chris O’Callaghan, PhD Senior Investigator — NCIC Clinical Trials Group, Professor — Department of Public Health Sciences, Queen’s University, Kingston, Ontario

     

    Ian Mitchell, MBChB, MA, DCH, MRCP (R.-U.), FRCPC, FCCP, professeur émérite de médecine pédiatrique à l’University of Calgary, pneumologue-pédiatre à l’Alberta Children’s Hospital, Calgary

     

    Tara Moriarty, Ph. D., Faculté de dentisterie (Matrix Dynamics Group) et Faculté de médecine (médecine laboratoire et biologie cellulaire) à l’Université de Toronto, Toronto

     

    Stacey Page, Ph. D., membre de la Chaire Conjoint Health Research Ethics Board, professeure agrégée au Département de sciences de la santé communautaire de la Cumming School of Medicine de l’Université de Calgary, Calgary

     

    Jeffrey Pernica, MD, FRCPC, FAAP, DTMH, chef de la Division des maladies infectieuses du Département de médecine pédiatrique, professeur agrégé à l’Université McMaster, Hamilton

     

    Daniel Gregson, MD, FRCPC, ABIM, ABID, professeur agrégé au Département de pathologie et de médecine laboratoire, division microbiologie médicale, et au Département de médecine, division des maladies infectieuses à l’Université de Calgary, Calgary

     

    Shannon MacDonald, RN, Ph. D., boursière postdoctorale au Département de médecine pédiatrique, Cumming School of Medicine de l’Université de Calgary, chargée de cours à la Faculté de sciences infirmières de l’Université de l’Alberta, Edmonton

     

    Jeff Kwong, MD, MSc, CCFP, FRCPC, préposé principal à la recherche à l’Institute for Clinical Evaluative Sciences Scientist de l’Office de santé publique de l’Ontario, médecin de famille au Toronto Western Family Health Team, professeur agrégé au Département de médecine familiale et communautaire et à la Dalla Lana School of Public Health de l’Université de Toronto, Toronto

     

    Sumon Chakrabarti, MD, FRCPC, Consultant, Infectious and Tropical diseases, Trillium health partners, Lecturer, Department of Medicine, University of Toronto

     

    Sergio Grinstein, Ph.D., Senior Scientist, The Hospital for Sick Children (SickKids), Professor of Biochemistry, University of Toronto, Toronto

     

    Heather Smith, MD CCFP, Clinical Instructor, University of British Columbia ; site lead for Family Medicine Residency Program, Central Interior Native Health Society Prince George, British Columbia

     

    Yvonne Yau, MD FRCPC, Microbiologist, Dept of Paediatric Laboratory Medicine, The Hospital for Sick Children, Toronto

     

    Jack Gauldie PhD, DSc, FRSC, Vice President Research, St Joseph’s Healthcare, Distinguished University Professor, Department of Pathology and Molecular Medicine

     

    Lionel Mandell MD, FRCPC, FRCP (LOND), Professor Emeritus, Division of Infectious Diseases, Department of Medicine ; Director, International Health and Tropical Diseases Clinic at Hamilton Health Sciences

     

    Anne Pham-Huy MD, FRCPC, Assistant Professor, University of Ottawa, Program Director, Pediatric Infectious Diseases Training Program, Children’s Hospital of Eastern Ontario (CHEO)

     

    Margaret L. Russell MD PhD FRCPC (Public Health Preventive Medicine), Cumming School of Medicine, The University of Calgary

     

    Janine McCready, MD, FRCPC, Lecturer, University of Toronto, Infectious Diseases

     

    Kasandra Joss, MDCM, CFPC, Prince George, BC

     

    Catherine Dubé MD, MSc, FRCPC, Gastroenterologist and Clinical Lead for Ontario’s Colorectal cancer screening program, University of Ottawa.

     

    Gregg Nelson MD PhD FRCSC, Surgical Lead, ERAS Alberta, Gynecologic Oncologist, Tumour Group Leader, Tom Baker Cancer Centre, Calgary

     

    Matthew Miller, PhD, Assistant Professor, Department of Biochemistry and Biomedical Sciences. McMaster University, Hamilton

     

    Robert Connelly, MD, MBA, FRCPC, Associate Professor and Head, Department of Paediatrics, Queen’s University ; Program Medical Director, Paediatrics, Kingston General/Hotel Dieu Hospitals, Kingston, Ontario

     

    Athena McConnell, MD, FRCP (C), MMed, Assistant Dean, Quality ; Associate Professor, Paediatric Infectious Diseases, Department of Paediatrics, College of Medicine, University of Saskatchewan, Saskatoon ;

     

    Marc Kerba (Radiation Oncology) MD MPA FRCPC, Radiation Oncologist, Tom Baker Cancer Centre, Calgary

     

    David Evans, PhD FCAHS, Professor and Vice-Dean (Research), Faculty of Medicine Dentistry, University of Alberta, Edmonton, Alberta

     

    Debby Burshtyn, PhD, Associate Dean, Faculty of Graduate Studies and Research, Associate Professor Medical Microbiology and Immunology

     

    Gilles Paradis, MD Strathcona Professor and Chair, Department of Epidemiology, Biostatistics and Occupational Health, McGill University

     

    Gina Ogilvie, MD MSc FCFP DrPH, Professor, Faculty of Medicine, University of British Columbia, Canada Research Chair, Global control of HPV related disease and cancer, Senior Public Health Scientist, BC Centre for Disease Control, Senior Research Advisor, BC Women’s Hospital and Health Centre













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