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    Sexologues

    Une saine sexualité est bénéfique pour la société

    10 octobre 2015 | Hélène Roulot-Ganzmann - Collaboratrice | Santé
    « Étant donné le peu de sexologues présents physiquement dans les établissements scolaires, il nous paraît primordial d’être pour le moins associés à la mise sur pied du programme d’éducation à la sexualité », estime la présidente de l’Ordre professionnel des sexologues du Québec, Nathalie Legault.
    Photo: OPSQ / Louis-Étienne Doré « Étant donné le peu de sexologues présents physiquement dans les établissements scolaires, il nous paraît primordial d’être pour le moins associés à la mise sur pied du programme d’éducation à la sexualité », estime la présidente de l’Ordre professionnel des sexologues du Québec, Nathalie Legault.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.


     

    L’Ordre professionnel des sexologues du Québec (OPSQ) a maintenant deux ans. Deux ans durant lesquels il est parvenu à affilier près de six cents membres et à mettre tous les comités statutaires en place, à savoir le conseil de discipline, le comité de révision, le comité de l’inspection professionnelle et le bureau du syndic. Reste maintenant à se faire mieux connaître des professionnels, comme du public, afin de s’assurer que personne n’exerce de façon illégale les différentes activités réservées. Mais sa présidente, Nathalie Legault, insiste également sur l’importance de mieux s’enraciner dans divers milieux, notamment le milieu scolaire, pour le plus grand bénéfice de toute la société.


    «Nous sommes maintenant sur l’autoroute, indique Mme Legault. Toutes les structures sont en place, nous avons rapatrié plusieurs dizaines de nouveaux membres qui se disaient sexologues durant l’année et qui, donnons-leur le bénéfice du doute, ne connaissaient pas l’existence de l’Ordre, les premières inspections professionnelles ont démarré cet automne et le premier cours de formation continue a eu lieu il y a une dizaine de jours. »

     

    L’objectif maintenant : intégrer la pratique des sexologues dans des équipes pluridisciplinaires. Que ces professionnels deviennent, dans la tête de tous les décideurs, la référence à consulter lorsqu’une question touche de près ou de loin, totalement ou partiellement, à la sexualité.


    Favoriser l’accès à l’expertise

     

    « Que ce soit dans le milieu éducatif, communautaire, social, de la santé ou de la justice, nous devons être mis à contribution, souligne Mme Legault. C’est notre enjeu des prochains mois, des prochaines années. Favoriser l’accès à l’expertise des sexologues dans la société lorsqu’il est question de sexualité afin de protéger véritablement le public. »

     

    Alors que Québec a annoncé sa volonté de réintégrer l’éducation à la sexualité dans les programmes scolaires, certaines voix se sont d’ailleurs levées à la rentrée pour dénoncer le peu de place laissé aux sexologues au sein de ce projet.

     

    Dans un communiqué publié le 2 septembre dernier, Kim Brière-Charest et Édith Fanny Morin, toutes deux animatrices de l’émission Le sexe a ses raisons sur la radio CIBL, affirment que le ministère de l’Éducation voudrait reléguer la responsabilité de ce programme « au personnel scolaire en faisant littéralement abstraction des sexologues ».

     

    « La sexualité est une des sphères les plus intimes de l’humain, en l’occurrence, parmi les plus délicates à aborder et empreintes de risques de préjudices pour le public, écrivent-elles. Principe qui, rappelons-le, a propulsé la création de l’Ordre professionnel des sexologues du Québec en 2013. Les professionnels qui animeront les cours d’éducation sexuelle devraient être formés à juste titre pour aborder une diversité de sujets sensibles tels que la diversité sexuelle et le consentement, mais aussi pour recevoir des dévoilements aussi délicats qu’une agression sexuelle ayant une portée légale. »

     

    Un point de vue partagé par la présidente de l’Ordre, mais de façon plus nuancée.

     

    « Nous n’avons pas beaucoup d’informations sur la manière dont cela va être mis en place, observe-t-elle. Mais ce que nous souhaitons dire au ministère, c’est que nous sommes prêts, et même que nous avons le désir et la volonté, d’aider à faire de ce projet pilote un succès complet et de contribuer à redonner une place formelle à l’éducation à la sexualité, pour garantir que tous les jeunes y aient accès. »

     

    Un projet essentiel, selon elle, car il faut pouvoir répondre aux jeunes qui se posent des questions sur leur sexualité. Tout comme il est essentiel que les sexologues fassent partie du projet, car une réponse inappropriée apportée à un adolescent peut avoir des conséquences.

     

    « Quand les jeunes reçoivent une bonne éducation à la sexualité, surtout lorsqu’elle est faite en complémentarité avec les parents, ça a en revanche plusieurs bienfaits, explique Nathalie Legault. Au niveau de l’acquisition des savoirs, mais surtout des savoir-être. Des valeurs de respect, des rapports égalitaires, de consentement. Ça favorise une bonne estime de soi, une image positive de soi. Elle va constituer un élément de base pour la prévention des agressions sexuelles, elle permet de développer un esprit critique et de saines habitudes de vie par rapport à la vie sexuelle et amoureuse. C’est donc bénéfique pour toute la vie en société. »

     

    Peu présents dans les écoles

     

    L’OPSQ en appelle ainsi à une éducation globale, qui ne soit pas dirigée seulement vers l’aspect biologique de la chose, la grossesse, les infections sexuellement transmissibles. Qui considère toutes les dimensions, tant morale qu’affective, psychologique, sociale. Qui favorise des apprentissages adaptés au développement psychosexuel des jeunes, qui fasse de la sexualité une partie intégrante de la réalité humaine.

     

    « La sexualité, c’est une très belle chose pour peu qu’on sache la garder belle tout au long de la vie », estime la présidente.

     

    Or, à la grandeur du Québec, une quinzaine de sexologues seulement travaillent comme employés dans une école ou une commission scolaire. D’autres interviennent ponctuellement en tant que travailleurs autonomes ou oeuvrent dans des organismes communautaires travaillant étroitement avec les écoles.

     

    Ils viennent alors en soutien aux enseignants. Ils donnent de la formation, des ateliers aux jeunes pendant les classes sur des sujets comme l’intimité affective et sexuelle, les notions de respect et de consentement libre et éclairé, l’exploitation sexuelle, la sexualité et la loi, etc.

     

    Ils accompagnent parfois les jeunes qui les sollicitent lorsqu’ils ont une peine d’amour difficile, qu’ils se questionnent sur leur orientation sexuelle, sur les comportements de séduction respectueux et appropriés, la violence dans les relations amoureuses et sexuelles, etc. Ils interviennent également auprès des parents.

     

    Un projet de société

     

    D’autres veillent à l’implantation de programmes d’éducation à la sexualité chez une clientèle de jeunes en difficulté. Une initiative très concrète de recherche auprès de cégépiens vise aussi à comprendre ce qui influence l’utilisation du condom chez les jeunes adultes afin de développer des interventions préventives, éducatives et de masse pertinentes, dans le but de favoriser son utilisation.

     

    « Mais étant donné le peu de sexologues présents physiquement dans les établissements scolaires, conclut la présidente, il nous paraît primordial d’être pour le moins associés à la mise sur pied du programme d’éducation à la sexualité. C’est un projet de société pour lequel la contribution des sexologues est incontournable. »













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