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    Santé mentale

    Barrette veut améliorer l’organisation des soins

    10 octobre 2015 |Vicky Fragasso-Marquis - La Presse canadienne | Santé

    S’il a promis un plus grand financement dédié aux problèmes de santé mentale, le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, estime que les défis actuels résident surtout dans l’organisation des soins, qui sont encore trop peu adaptés aux patients.

     

    M. Barrette, qui était à Montréal vendredi pour présenter le nouveau plan d’action en santé mentale de Québec, a déclaré que le ministère souhaitait ajuster les structures du système de santé pour s’attaquer à cet enjeu, qui est au centre des priorités du gouvernement, a-t-il assuré.

     

    « C’est probablement la présentation la plus longue que j’ai faite à un lutrin. La raison pour laquelle c’est ça, c’est parce que notre plan est ambitieux, mais aussi, il s’adresse à l’ensemble de la problématique », a affirmé le ministre après son allocution, qui a duré près d’une demi-heure.

     

    Québec investira tout de même 70 millions d’argent frais sur cinq ans, mais M. Barrette a insisté sur le fait qu’on devrait apporter plusieurs changements dans les structures et dans l’organisation du système pour qu’il y ait des améliorations substantielles.

     

    Il croit d’ailleurs que le système de santé québécois ne manque pas de médecins spécialistes pour répondre à ces patients. « À mon avis, le premier problème demeure celui non pas du nombre [de spécialistes], mais de l’organisation du monde », a-t-il souligné.

     

    Pour assurer cette réforme des soins, le gouvernement souhaite que les services soient mieux arrimés pour les jeunes qui se font traiter à l’adolescence et qui atteignent l’âge adulte. Il a déploré que plusieurs patients de 18 ans « se retrouvent perdus dans le système » et doivent se rendre ensuite aux urgences avec un état qui s’est détérioré, « faute de suivi ».

     

    « L’intégration des services demeure un obstacle aujourd’hui, demeure un obstacle pour une offre efficiente pour les patients. […] On peut dire que nos services sont encore éclatés », a-t-il expliqué.

     

    Le gouvernement mettra également en place conjointement avec le Fonds de recherche du Québec et la Fondation Graham-Boeckh un réseau de santé mentale spécifiquement pour les jeunes, inspiré d’un modèle australien, qui permettrait aux patients de recevoir des services dans des centres sans passer par les hôpitaux.

     

    « En Australie, on a mis en place un endroit où les jeunes peuvent aller se présenter et avoir accès à des soins touchant les problèmes de santé mentale sans passer par le réseau hospitalier lourd. Un réseau anonyme, adapté aux jeunes, à leurs milieux. C’est vers ça qu’on s’en va », a-t-il expliqué.

     

    Selon les recherches, 75 % des maladies mentales commencent à poindre avant l’âge de 22 ans et c’est à ce moment-là qu’il faut s’y attaquer, a martelé M. Barrette.

     

    Le ministre a également rappelé l’importance de la « reddition de comptes » et de la

     

    Québec se penchera aussi sur la loi P-38, la Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui, qui est mal appliquée par certains professionnels, selon le ministre.

     

    Le gouvernement poursuivra également ses efforts pour mieux sensibiliser la population aux enjeux de santé mentale, ce qu’il fera avec des campagnes de publicité, notamment.

     

    Le ministre a indiqué que le gouvernement dépensait environ 1,2 milliard pour les problèmes de santé mentale, auxquels s’ajouteront les 70 millions promis vendredi dans le cadre de ce plan.

     

    « Soixante-dix millions, c’est significatif. Est-ce que ce sera suffisant ? L’expérience nous le dira. Mais une chose est certaine. Dans notre réseau, il y a des choix [qui devront] être faits », a-t-il lancé.

     

    M. Barrette a toutefois laissé entendre qu’il accepterait à bras ouverts une aide financière supplémentaire du gouvernement fédéral pour arriver à ses fins — tout en précisant qu’Ottawa devrait respecter les champs de compétence du Québec.

     

    « Au moment où on nous annonce des baisses de la croissance des transferts, au moment où la population vieillit, au moment où l’économie mondiale amène des contraintes budgétaires et au moment où les gouvernements provinciaux, quels qu’ils soient, même dans la riche Alberta, ont des difficultés budgétaires […] le fédéral, dans sa réflexion, devra prendre ça en considération », a-t-il déclaré, déplorant du même souffle que les partis fédéraux n’aient pas assez parlé de santé pendant la campagne électorale.

     

    Le plan de Québec a été accueilli plutôt favorablement par divers intervenants du milieu.

     

    « Ce plan d’action répond aux attentes du milieu et permettra une meilleure prise en charge par le réseau de personnes qui en ont besoin », a écrit le Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU).

     

    La Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale (FFAPAMM) a également salué la volonté du ministre de placer ces enjeux « sur la liste des priorités », disant espérer que les orientations prônées par le gouvernement se manifestent sur le terrain.

     

    « Le véritable défi consiste à opérationnaliser les orientations du plan d’action dans le tumulte de la nouvelle gouvernance », a fait valoir Christiane Trudel, présidente de la FFAPAMM, dans un communiqué.













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