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    Conseil de la fédération

    Médicaments: le Québec devrait se joindre à un régime canadien

    15 juillet 2015 | Elisabeth Gibeau - Analyste politiques sociales et fiscales, analyste santé à l’Union des consommateurs | Santé
    Le régime hybride actuel d’assurance médicaments public-privé ne permet pas de mettre en place des mesures optimales de contrôle des coûts.
    Photo: Michaël Monnier Le Devoir Le régime hybride actuel d’assurance médicaments public-privé ne permet pas de mettre en place des mesures optimales de contrôle des coûts.

    Les Canadiens, comme les Suisses, paient les médicaments 30 % de plus que dans les autres pays de l’OCDE. 84 % des Québécois consomment régulièrement ou occasionnellement des médicaments prescrits, pour des dépenses estimées, en 2012, à 927 $ par habitant au Québec et 795 $ par habitant au Canada (sans compter les achats de médicaments en vente libre). Plus d’un Québécois sur dix a encore des problèmes à se procurer ses médicaments, par manque de moyens financiers.

     

    Le régime hybride actuel d’assurance médicaments public-privé ne permet pas de mettre en place des mesures optimales de contrôle des coûts. En effet, au Québec, 43 % de la population est assurée avec le gouvernement pour ses achats de médicaments. Le reste (57 %) l’est par des régimes privés d’assurances collectives. Conséquence : une incapacité pour nos gouvernements de gérer efficacement l’explosion de la facture en médicaments (2e poste de dépenses de la Régie de l’assurance maladie du Québec). Comment serait-ce possible quand on ne contrôle que 43 % des achats ? Certes, le régime actuel constituait une étape importante dans le contexte de 1997. Mais l’évolution économique et sociale commande actuellement de passer à la prochaine étape logique, soit celle de l’adoption d’un régime 100 % public d’assurance médicaments.

     

    Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour réclamer une décision en ce sens. Plus de 400 groupes, personnalités et experts, dont Jean Rochon, le ministre de la Santé qui a fait adopter le régime actuel, se sont joint à la campagne d’appui d’Union des consommateurs.

     

    Il est d’ailleurs à noter que le Canada est le seul pays à ne pas avoir intégré les médicaments à son système public de santé. Les pays qui ont adopté un régime entièrement public (France, Royaume-Uni, Suède, Australie, Nouvelle-Zélande) ont des prix de 24 % à 48 % plus bas qu’au Québec et une croissance annuelle des coûts de deux à trois fois inférieure à la nôtre. En Nouvelle-Zélande, un médicament populaire contre le cholestérol coûte 0,18 $ la pilule… et 0,62 $ au Québec (trois fois plus).

     

    Il y a donc urgence d’agir, pour les finances publiques et pour l’équité dans l’accès aux médicaments. Plusieurs provinces canadiennes l’ont compris : le sujet a été discuté sérieusement en juin par les ministres de la Santé de huit provinces, grâce au leadership du ministre de la Santé ontarien, et le consensus semble établi sur la nécessité d’agir rapidement. Le Québec était malheureusement absent à cette rencontre. C’est fort malheureux.

     

    Nous lui enjoignons de prendre une part active au Conseil de la fédération qui se tiendra du 15 au 17 juillet à Terre-Neuve. Les 13 premiers ministres des provinces et territoires s’y rencontrent dans le cadre du Conseil de la fédération, dont la mission est entre autres de « faire preuve de leadership sur des questions importantes pour les Canadiens ». L’occasion est excellente d’y cristalliser les volontés et de faire un pas de plus en faveur de l’adoption d’un régime pancanadien universel et public (et donc d’améliorer le modèle québécois) d’assurance médicaments, avec financement à la clé pour les provinces.

     

    Le récent rapport du Commissaire à la santé et au bien-être du Québec indique clairement que le Québec ne peut faire l’économie d’une réflexion sérieuse sur le sujet. Un meilleur contrôle du coût des médicaments pourrait rapporter plus de 1 milliard de dollars dans les coffres publics, tout en réglant les problèmes d’équité du régime hybride actuel : il apparaît évident que l’actuelle crise des finances publiques devrait être un incitatif à l’action, et non un frein.













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