Adieu, veaux, vaches, cochons...
S'il est une chose que démontre le dernier rebondissement de la crise de la vache folle au Canada, c'est qu'on ne saurait désormais échapper à la mise en place de mesures de contrôle de plus en plus stricts et de plus en plus complets tout au long de la chaîne de production alimentaire.
La découverte d'un premier cas de vache folle en Alberta, au printemps dernier, avait provoqué une crise dont on avait volontiers minimisé l'importance. Après tout, il s'agissait d'un cas unique dont l'origine demeurait mystérieuse. Américains et Japonais avaient, estimait-on, réagi avec excès à une situation en rien comparable à celle survenue en Grande-Bretagne en 2000. On sait maintenant que ce cas n'est pas unique et que si deux bêtes ont été infectées par l'encéphalite spongiforme bovine (ESB), il y en a probablement trois, quatre, cinq et peut-être même quelques autres, suffisamment pour que l'embargo sur le boeuf canadien dure encore longtemps, avec les conséquences économiques qu'on imagine pour les producteurs bovins du Canada.
On pourrait être tenté de voir dans la réaction américaine, notamment celle du sénateur Tom Daschle, qui réclamait plus tôt cette semaine un embargo total sur la viande de boeuf canadienne, une dramatisation excessive, typique du protectionnisme de nos voisins du Sud. Le vrai motif est ailleurs. Il vient de ce souci grandissant pour la sécurité alimentaire auquel le débat sur les OGM a contribué ces dernières années. Les consommateurs veulent être rassurés en ce qui concerne la salubrité des aliments qui leur sont proposés. Ce dont il est question, ce n'est plus, comme à une certaine époque, les conditions d'abattage et de conservation de la viande mais tout le processus en aval qu'est l'élevage et l'alimentation des bêtes destinées à l'alimentation humaine.
Cette préoccupation pour la sécurité alimentaire est d'ailleurs suffisamment grande pour que l'Assemblée nationale ait demandé à sa Commission de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation de procéder à un examen des «nouveaux enjeux de la sécurité alimentaire au Québec». Ses travaux, qui commenceront le 3 février, ne sauraient être davantage d'actualité.
Les mesures à prendre pour résorber la crise actuelle de la vache folle ne sauraient avoir un effet instantané. La plus longue et la plus complexe à mettre en oeuvre consistera à concevoir et à adopter un programme intégré de traçabilité pour toute l'Amérique du Nord. Le Québec a un programme passablement élaboré de traçabilité, différent et plus complet que celui qui existe dans le reste du Canada. Mais parce que les animaux se déplacent d'une province et d'un pays à l'autre, il faut que les programmes des uns et des autres soient compatibles ou, du moins, reposent sur les mêmes normes. Ils doivent également s'appliquer à toutes les filières de la chaîne alimentaire, comme en Europe, et pas seulement au secteur animal, comme c'est le cas en Amérique du Nord. Cela exigera quelques années d'efforts.
À court terme, il sera par ailleurs impérieux de multiplier, sinon de généraliser les tests pour déceler les bêtes atteintes de l'ESB. Au Japon, toutes les bêtes sont l'objet d'un tel test, alors qu'au Canada, moins de 3 % du cheptel en subira un. Les mailles du filet demeurent très larges. Peut-être est-ce suffisant sur le plan statistique, mais sûrement pas sur le plan commercial. Augmenter le nombre de tests entraînerait des frais élevés, mais ceux-ci seraient sûrement bien inférieurs aux pertes que subissent les producteurs de boeuf, que l'aide gouvernementale ne pourra combler que partiellement. Sinon, plusieurs producteurs devront, comme Perrette, dire: adieu, veaux, vaches, cochons...
La découverte d'un premier cas de vache folle en Alberta, au printemps dernier, avait provoqué une crise dont on avait volontiers minimisé l'importance. Après tout, il s'agissait d'un cas unique dont l'origine demeurait mystérieuse. Américains et Japonais avaient, estimait-on, réagi avec excès à une situation en rien comparable à celle survenue en Grande-Bretagne en 2000. On sait maintenant que ce cas n'est pas unique et que si deux bêtes ont été infectées par l'encéphalite spongiforme bovine (ESB), il y en a probablement trois, quatre, cinq et peut-être même quelques autres, suffisamment pour que l'embargo sur le boeuf canadien dure encore longtemps, avec les conséquences économiques qu'on imagine pour les producteurs bovins du Canada.
On pourrait être tenté de voir dans la réaction américaine, notamment celle du sénateur Tom Daschle, qui réclamait plus tôt cette semaine un embargo total sur la viande de boeuf canadienne, une dramatisation excessive, typique du protectionnisme de nos voisins du Sud. Le vrai motif est ailleurs. Il vient de ce souci grandissant pour la sécurité alimentaire auquel le débat sur les OGM a contribué ces dernières années. Les consommateurs veulent être rassurés en ce qui concerne la salubrité des aliments qui leur sont proposés. Ce dont il est question, ce n'est plus, comme à une certaine époque, les conditions d'abattage et de conservation de la viande mais tout le processus en aval qu'est l'élevage et l'alimentation des bêtes destinées à l'alimentation humaine.
Cette préoccupation pour la sécurité alimentaire est d'ailleurs suffisamment grande pour que l'Assemblée nationale ait demandé à sa Commission de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation de procéder à un examen des «nouveaux enjeux de la sécurité alimentaire au Québec». Ses travaux, qui commenceront le 3 février, ne sauraient être davantage d'actualité.
Les mesures à prendre pour résorber la crise actuelle de la vache folle ne sauraient avoir un effet instantané. La plus longue et la plus complexe à mettre en oeuvre consistera à concevoir et à adopter un programme intégré de traçabilité pour toute l'Amérique du Nord. Le Québec a un programme passablement élaboré de traçabilité, différent et plus complet que celui qui existe dans le reste du Canada. Mais parce que les animaux se déplacent d'une province et d'un pays à l'autre, il faut que les programmes des uns et des autres soient compatibles ou, du moins, reposent sur les mêmes normes. Ils doivent également s'appliquer à toutes les filières de la chaîne alimentaire, comme en Europe, et pas seulement au secteur animal, comme c'est le cas en Amérique du Nord. Cela exigera quelques années d'efforts.
À court terme, il sera par ailleurs impérieux de multiplier, sinon de généraliser les tests pour déceler les bêtes atteintes de l'ESB. Au Japon, toutes les bêtes sont l'objet d'un tel test, alors qu'au Canada, moins de 3 % du cheptel en subira un. Les mailles du filet demeurent très larges. Peut-être est-ce suffisant sur le plan statistique, mais sûrement pas sur le plan commercial. Augmenter le nombre de tests entraînerait des frais élevés, mais ceux-ci seraient sûrement bien inférieurs aux pertes que subissent les producteurs de boeuf, que l'aide gouvernementale ne pourra combler que partiellement. Sinon, plusieurs producteurs devront, comme Perrette, dire: adieu, veaux, vaches, cochons...
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