Le taux de suicide en forte baisse au Québec

Lancée en 1999, la Stratégie nationale pour la prévention du suicide, axée sur la sensibilisation et les mesures de soutien aux personnes à risque, semble porter ses fruits.
Photo: Viktor Cape / Getty Images Lancée en 1999, la Stratégie nationale pour la prévention du suicide, axée sur la sensibilisation et les mesures de soutien aux personnes à risque, semble porter ses fruits.

Alors que le Québec a longtemps affiché l’un des taux de suicide les plus élevés en Occident, les plus récentes données font état d’un recul de 50 % du nombre de suicides chez les jeunes et de 30 % chez les adultes en 12 ans. Un succès notoire qui fait maintenant du Québec un exportateur de connaissances en matière de prévention du suicide.

C’est sur cette note positive que s’est clos mercredi le Congrès mondial de l’Association internationale pour la prévention du suicide, où des centaines d’experts du monde entier sont venus faire état des dernières avancées dans ce champ de pratique qui met au défi autant les médecins, les psychologues que les chercheurs de tout acabit.

« Le Québec a longtemps fait les manchettes avec ses taux de suicide inquiétants. Quand ça se met à mieux aller, personne n’en parle. Les résultats actuels prouvent que la prévention, ça marche », affirme Brian Mishara, président du comité organisateur du congrès et expert en prévention du suicide à l’UQAM.

Depuis le sommet atteint en 1999, avec 22 suicides par 100 000 habitants, le nombre de suicides au Québec a ensuite fléchi de 4 % par année pour atteindre 13,1 en 2012. Chez les jeunes, le nombre de suicides a chuté de moitié.

Lancée en 1999, la Stratégie nationale pour la prévention du suicide, axée sur la sensibilisation et les mesures de soutien aux personnes à risque, semble porter ses fruits.

Dépression 2.0

Plusieurs experts présents à ce congrès mondial ont fait état de nouvelles pistes pour prévenir le suicide, notamment celles offertes par les nouvelles technologies. Les intervenants doivent s’ajuster à la présence des réseaux sociaux, puisque plusieurs personnes dévoilent désormais leurs intentions suicidaires sur diverses plateformes de partage. « Les intervenants doivent pouvoir répondre par texto ou en clavardant. Bien des jeunes n’utilisent jamais leur téléphone pour faire des appels », explique ce dernier.

Une équipe franco-québécoise a d’ailleurs présenté un logiciel capable de jauger quotidiennement l’état psychologique des malades hospitalisés pour tentatives de suicide. L’outil interactif peut même activer par courriel le réseau d’amis du malade quand son état se dégrade. « Les logiciels ne remplaceront jamais l’humain, mais cela offre aux personnes suicidaires un moyen rapide de trouver de l’aide et de diminuer leur souffrance », soutient Brian Mishara.

7 commentaires
  • Johanne St-Amour - Abonnée 18 juin 2015 09 h 50

    Une équipe franco-québécoise?

    Je ne comprends pas, pourquoi précise-t-on une équipe franco-québécoise? Je suis stupéfaite. On parle par exemple de franco-Ontarien parce que les francos-Ontariens sont une minorité en Ontario mais une étude franco-québécoise??? Vraiment!

    • Marc Drouin - Abonné 18 juin 2015 10 h 43

      Ou Québéco-Française si vous préféré. Comprenez-vous maintenant ?

    • Raymond Labelle - Abonné 18 juin 2015 11 h 30

      Aurait-on voulu désigner une équipe dont les membres viennent de la France et du Québec?

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 18 juin 2015 11 h 31

      «pourquoi précise-t-on une équipe franco-québécoise ?» Probablement parce que les anglos-québécois n'ont pas de raisons valables pour déprimer... Pas encore.

      PL

  • Alexis Richard - Abonné 18 juin 2015 11 h 16

    Franco- pour France

    Une équipe franco-québécoise, normalement, désigne une équipe composée de Français et de Québécois.

  • Yvon Bureau - Abonné 18 juin 2015 21 h 34

    Avec la Loi concernant les soins de fin de vie

    ( et son AMAM) et avec le jugement unanime de la Cour suprême du Canada, le taux de suicides chez les personnes âgées, très âgées et chez les personnes enfin de vie diminuera de façon drastique. Pour le mieux pour tous.

  • . Fondation Des Maladies Mentales Inc. - Inscrit 20 juin 2015 11 h 08

    Un programme qui agit auprès des jeunes

    La Fondation des maladies mentales contribue à la réduction du taux de suicide chez les jeunes grâce à son programme Solidaires pour la vie.

    Mis sur pied en 1998 suite au suicide de cinq jeunes à Coaticook (1997), le programme Solidaires pour la vie répondait aux recommandations du coroner et au volet d'information à la population comme recommandé dans la Stratégie nationale pour la prévention du suicide. Près d’un million de personnes en ont bénéficié à ce jour.

    Ce programme s’adresse aux étudiants de 3e, 4e et 5e secondaire et vise à les sensibiliser sur les signes et symptômes de la dépression, l’un des principaux facteurs de risque lié au suicide, mais aussi à les outiller afin qu’ils puissent venir en aide et accompagner les personnes en détresse vers les ressources de consultation.

    « D’un point de vue de la santé publique, le programme Solidaires pour la vie a sensibilisé une génération complète aux signes et symptômes de la dépression et a contribué à agir comme un vaccin auprès de cette génération, à augmenter son capital social » a affirmé le Dr Alain Lesage, chercheur et codirecteur du Réseau québécois de recherche sur le suicide.

    Le programme Solidaires pour la vie est le seul programme de littératie sur un facteur de risque connu, et spécifiquement sur le risque suicidaire, qui rejoint aussi largement la population d’un groupe d’âge donné. Il est l’un des facteurs qui a contribué à diminuer le taux de suicide de près de 25 % au Québec, et de près de 50 % chez les jeunes de moins de 18 ans.*

    Offert gratuitement à toutes les écoles secondaires du Québec, son contenu riche et interactif est présenté en classe par deux animateurs qui livrent en une heure un discours sensible et porteur aux élèves.

    * Source : Réseau québécois de recherche sur le suicide, Solidaires pour la vie, un programme efficace de littéracie en santé mentale : analyse et recommandations. Rapport rédigé par Alain Lesage et Jean-Claude Moubarac, Montréal, jui