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    Écoles et garderies

    Les DPJ inquiets de l’impact des réductions de services

    Signalements en hausse de 5 % et sévices physiques de plus en plus nombreux

    16 juin 2015 |Isabelle Paré | Santé

    Alors que les enfants signalés à la Direction de la protection de la jeunesse sont en hausse de près de 5 % et les sévices physiques en croissance, les directeurs de la Protection de la Jeunesse (DPJ) se disent particulièrement inquiets des mesures de redressement budgétaires susceptibles de frapper les services aux enfants et aux adolescents.

     

    Dans leur bilan annuel dévoilé lundi, les DPJ de l’ensemble de la province ont lancé un appel sans équivoque aux pouvoirs publics et à l’ensemble de la société civile afin de protéger les « besoins fondamentaux des enfants » en cette période de rigueur budgétaire.

     

    Cet appel survient alors que les signalements d’enfants en besoin de protection sont en hausse de 4,8 %, avec quelque 86 861 signalements en 2014-2015, et que les cas de sévices physiques ou de risque de sévices physiques sont en croissance, comptant pour plus de 30 % des signalements retenus. Dans ce contexte, il est urgent de resserrer la prévention pour éviter le glissement vers des situations de protection, disent-ils.

     

    « Nous sommes inquiets des coupures dans les services de garde et dans le réseau scolaire, car c’est le filet de sécurité pour beaucoup d’enfants. Même dans les écoles, les premiers services en tête de liste quand il y a de l’argent à aller chercher, ce sont ceux des élèves en difficulté », s’inquiète Maryse Davreux, directrice de la Protection de la jeunesse pour la Montérégie.

     

    « Quand les enfants n’obtiennent pas de réponse à leurs besoins fondamentaux, ça amène des signalements. Et quand ça nous arrive, la situation s’est vraiment détériorée », ajoute-t-elle.

     

    Plus de sévices physiques

     

    Les DPJ observent depuis quelques années une recrudescence des cas de sévices physiques, plus marquée dans les régions de Montréal et de Laval, qu’on parvient mal à expliquer. Si la principale cause de signalement demeure la négligence, « il y a aussi de plus en plus de signalements pour des mauvais traitements psychologiques », note Maryse Davreux.

     

    « C’est sûr que le contexte socio-économique influe sur l’alcoolisme et la toxicomanie qui ont des impacts directs sur le traitement des enfants. Ça fait quelques années que les abus physiques sont en croissance, et nous collaborons avec les chercheurs pour mieux comprendre ce qui se passe », ajoute la porte-parole des directeurs de la Protection de la jeunesse.

     

    En 2014-2015, plus de 34 000 signalements ont été retenus dans l’ensemble de la province, dont plus de 35 % avaient trait à la négligence et 30 % aux sévices physiques. Pas moins de 14,5 % des enfants pris en charge l’ont été pour des mauvais traitements psychologiques et 5,3 % pour des sévices sexuels.

     

    L’augmentation sensible des cas qui sont rapportés aux DPJ est attribuable en partie à la sensibilisation croissante du public à l’égard des enfants maltraités, ajoute Mme Davreux. Malgré la hausse des cas, cette dernière affirme que la réponse apportée aux enfants en situation de détresse est très rapide et que les listes d’attente ont diminué, notamment en Montérégie où 98 % des dossiers sont traités en 30 jours.













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