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    Donner aux «soins palliatifs» un sens plus large

    15 mai 2015 | Teresa Dellar - Cofondatrice et directrice générale de la Résidence de soins palliatifs de l’Ouest-de-l’Île, Kirkland | Santé
    Photo: Thirteen Of Clubs / CC

    Pour la plupart des gens, le terme « palliatif » est lié exclusivement à la prestation de soins non curatifs à des personnes en fin de vie, et c’est ce que nous offrons à la Résidence de soins palliatifs de l’Ouest-de-l’Île : des soins compatissants qui permettent aux patients en phase terminale de vivre leurs derniers jours dans le confort et la dignité.

     

    Cependant, le temps est venu de redonner à ce mot un sens plus élargi pour redéfinir ce que constituent les « soins palliatifs » à mesure que notre population vieillit et est confrontée à un plus grand nombre de maladies chroniques et mortelles.

     

    Le sens plus élargi de « palliatif » se définit comme suit : « Qui atténue les symptômes d’une maladie sans agir sur sa cause ; qui accompagne les malades incurables, les personnes en fin de vie » (Le Petit Robert). Cette définition reconnaît que les patients atteints d’une maladie grave ont bon nombre d’autres besoins physiques, émotionnels et sociaux qui méritent une attention particulière pour rendre leur vie moins douloureuse ou difficile. Ils ont besoin de soins palliatifs en plus de leurs soins curatifs.

     

    Toutefois, notre système de santé est conçu presque exclusivement pour la prestation de soins curatifs et n’offre que peu de services de soutien. En général, c’est seulement une fois que les soins curatifs sont jugés futiles que les soins palliatifs sont mis en place pour les derniers jours du patient — s’il a cette chance. Après tout, quelque 70 % des Canadiens n’y ont pas du tout accès.

     

    La situation devrait être différente. Le modèle des soins palliatifs précoces reconnaît le besoin d’assurer un soutien non curatif aux patients dès les premiers stades de la maladie et d’augmenter les soins palliatifs offerts à mesure que la maladie progresse jusqu’au point où, à l’approche de la fin, les soins curatifs cessent pour céder la place aux soins palliatifs exclusivement.

     

    Des soins palliatifs précoces peuvent avoir des effets positifs impressionnants. Un rapport publié dans le New England Journal of Medicine indique que ces soins remplissent un « triple mandat » : un meilleur état de santé, des soins améliorés et des coûts plus faibles. Des études cliniques démontrent que l’intégration des soins palliatifs aux soins oncologiques débouche sur une amélioration considérable de la qualité de vie, notamment un taux plus faible de dépression et peut-être même une hausse du taux de survie. Les soins palliatifs aident aussi les patients à mieux comprendre leur maladie, ce qui les rend moins susceptibles de recevoir des traitements de chimiothérapie inutiles en fin de vie. En ce qui concerne les coûts, le rapport souligne que les hôpitaux offrant des services de soins palliatifs constatent une baisse dans la durée des séjours, dans le nombre de patients admis aux soins intensifs, dans les coûts des médicaments et dans les frais de laboratoire.

     

    Il existe une demande immense en soins palliatifs, non seulement pour le bien des patients et de leurs familles, mais aussi pour assurer une meilleure utilisation des ressources en santé. La Résidence de soins palliatifs de l’Ouest-de-l’Île offre ses soins de grande qualité gratuitement aux patients. Le gouvernement du Québec nous octroie un financement équivalant à 215 $ par lit, par jour : une économie énorme comparativement aux coûts minimaux de 1000 $ par lit par jour dans une unité de soins intensifs d’un hôpital où les besoins spéciaux du patient mourant et de sa famille ne sont pas satisfaits. Nous sommes en mesure d’offrir nos services grâce à l’appui généreux de la collectivité.

     

    Pour avoir une idée des économies de coûts potentielles d’une offre de soins palliatifs plus communautaire, il est possible de consulter un rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé. Ce rapport indique que près de la moitié (45 %) des 76 000 décès annuels des suites du cancer au Canada ont lieu dans l’unité de soins intensifs d’un hôpital. Parmi tous les patients atteints d’un cancer de stade avancé admis dans un hôpital canadien, près du quart (22 %) l’étaient sur le SEUL diagnostic de soins palliatifs et le tiers d’entre eux ont été hospitalisés plus de 14 jours. Il s’agit là d’une prestation de soins palliatifs très chère, en plus d’être inadéquate !

     

    Offrir davantage de soins palliatifs aux Canadiens — tant en fin de vie qu’aux premiers stades de la maladie — devrait s’inscrire dans nos politiques principales en matière de santé.













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