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    Sédentarité

    Un jeune sur cinq passe plus de temps devant un écran que sur les bancs d’école

    La sédentarité liée à l’utilisation des ordinateurs a explosé

    30 avril 2015 |Isabelle Paré | Santé
    La sédentarité entraînée par la multiplication des appareils numériques dans la vie des adolescents connaît une croissance fulgurante.
    Photo: Alain Jocard Agence France-Presse La sédentarité entraînée par la multiplication des appareils numériques dans la vie des adolescents connaît une croissance fulgurante.

    La sédentarité due à l’usage des écrans de tout acabit est en pleine explosion chez les jeunes Québécois depuis 2007. Durant leurs loisirs, les jeunes sont rivés en moyenne 23 heures par semaine à l’écran d’un d’ordinateur, d’une télévision ou à des jeux vidéo, et près d’un jeune sur cinq passe désormais beaucoup plus de temps devant un écran que sur les bancs d’école.

     

    C’est le constat préoccupant que fait une toute récente étude de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), menée à partir de données de Statistique Canada sur les activités sédentaires des jeunes Canadiens durant leurs temps libres. En comparant les mêmes chiffres compilés en 2007-2008 et en 2011-2012, l’ISQ constate que la sédentarité entraînée par la multiplication des appareils numériques dans la vie des adolescents et des jeunes adultes connaît une croissance fulgurante.

     

    En cinq ans seulement, l’exposition aux écrans plus de 15 heures par semaine est passée de 54 % à 64 % chez les Québécois de 12 à 19 ans. Le saut a été particulièrement marqué chez les filles, où l’utilisation des écrans entre 2007 et 2012 est passée de 46 % à près de 60 %.

     

    « Cela est assez préoccupant parce qu’on peut penser qu’il s’agit là d’une sous-évaluation. Depuis 2012, la tendance pourrait s’être accrue avec la multiplication des appareils mobiles et des tablettes numériques. Or, chez les adultes, les études démontrent qu’il y a des problèmes de santé liés à la sédentarité, notamment l’embonpoint, le risque accru de maladies cardiovasculaires et de cancer », affirme Monique Bordeleau, coauteure de l’étude et agente de recherche à l’ISQ.

     

    Parmi les jeunes interrogés, ceux qui étaient exposés plus de 15 heures par semaine à divers types d’écran étaient en proportion plus nombreux à être « sédentaires ou peu actifs » et à se considérer en « mauvaise santé ».

     

    Pour nombre de jeunes, le temps alloué à l’écran pendant les heures de loisir dépasse maintenant celui passé en classe. Au Québec, les élèves du secondaire passent en général 25 heures sur les bancs d’école. Un des principaux constats de l’étude est que le nombre de ceux qui consacrent plus de 35 heures par semaine à leurs écrans — soit l’équivalent de la semaine d’un travailleur — a plus que doublé en cinq ans, passant de 9 à 19 %. Et le nombre de ceux qui y engouffrent 45 heures par semaine a quant à lui plus que triplé, pour passer de 3,3 % à 11 %.

     

    Tendance sous-estimée ?

     

    Ce polaroïd pourrait en sus sous-estimer le temps réel passé sur ces nouveaux outils permettant d’accéder aux réseaux sociaux et à Internet puisque les sondages réalisés ne mentionnaient pas spécifiquement l’usage des tablettes et des téléphones intelligents, affirme Mme Bordeleau.

     

    Selon les auteurs, cette tendance est d’autant plus inquiétante que le temps moyen consacré à ces nouveaux tremplins vers la réalité virtuelle et à la télé dépasse de loin la limite des deux heures d’exposition quotidienne à des écrans proposée par la Société canadienne de physiologie de l’exercice.

     

    Au-delà de 14 heures par semaine, on estime que la sédentarité favorisée par l’usage des écrans peut avoir des effets délétères sur la santé. Or, les deux tiers des jeunes Québécois dépassent allègrement cette recommandation. Depuis 2007, on observe un transfert très net du temps de loisirs consacré par les adolescents aux ordinateurs, au détriment de la télévision.













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