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Santé: Merci à vous

27 décembre 2003  Santé
Le simulateur d'aube ? Une caresse. Remonter tout doucement des profondeurs du sommeil pour refaire surface inondé de lumière, c'est sortir de la torpeur en glissant. À côté de ça, le réveil sonore est d'une violence !

Voici donc la réponse à votre demande. Peut-être en avez-vous reçu un en cadeau, je sais que c'est à la mode chez les amateurs de bien-être. Plusieurs de vos courriels m'ont fait comprendre que le succès du livre Guérir de Servan-Schreiber vous rejoint ; ce qu'il écrit vous touche, vous trouvez que c'est plein de bon sens et ça vous intrigue.

On m'a demandé des recommandations pour la technique de désensibilisation à partir du mouvement des yeux, on a approuvé l'acupuncture et on m'a demandé à répétition ce que je pensais du simulateur d'aube... J'ai répondu : je vous en reparlerai parce que je ne me décidais pas à l'installer.

D'abord parce que c'est assez volumineux (30 cm de large !) et on nous conseille d'installer ce réveille-matin de lumière sur notre table de nuit. J'hésitais à changer ma décoration pour ce disque à l'allure futuriste — ben oui, je suis comme ça ! J'ai fini par le mettre sur la commode, plus loin, mais bon. J'ai réglé les diverses options qui m'offrent des choix de durée avant le lever ou le coucher du soleil et je me suis lancée.

Je ne le regretterai jamais. Suis-je de meilleure humeur, éviterai-je la dépression saisonnière... comment savoir ? La prévention, n'est-ce pas, est toujours difficile à démontrer. Quand on a des comportements préventifs, il faut agir avec enthousiasme en y trouvant son compte de plaisir. Sinon, basta !

Faites-vous des bilans à la fin d'une année ? Souvenez-vous de ce qu'une psy m'avait expliqué sur la crise de la quarantaine (de la cinquantaine, de la soixantaine... ): si on perd de vue les objectifs qu'on avait, on déprime parce que les nouveaux objectifs qui les ont remplacés ne sont pas encore atteints. Mieux vaut faire le point, être conscient du chemin parcouru.

Eh bien, je fais le point avec vous, si vous permettez. Votre soutien, vos commentaires pertinents, les renseignements que vous partagez avec moi. Vos témoignages. Bonne santé, M. Sauvé, j'espère que vous continuez d'écrire vos mémoires. Bon courage, Geneviève ; à 18 ans, avoir un jardin qui refleurit dans la tête, après cette bataille avec le cancer, c'est formidable.

Oui, M. Godin, il faudrait parler des hémophiles quand on parle du sida ; les oublier, c'est porter l'insulte à son comble. Vous qui vous êtes impliqué auprès des amputés m'écrivez en acronymes : « Le PAD (programme d'accès au domicile : rampes, ascenseurs, etc., pour les personnes à mobilité réduite) a un délai moyen d'attente d'environ huit à dix ans ! Malgré nos démarches à qui de droit, à l'OPHQ (Office des personnes handicapées du Québec) ou à la SHQ (Société d'habitation du Québec), rien ne semble avancer. » Vous trouvez inacceptable qu'on accorde des subventions au compte-gouttes à des gens qu'on pourrait rendre plus productifs et autonomes ; ce sont des citoyens à part entière qui paient des impôts comme tous les autres. Je vous appuie sans réserve.

Que dire à France, qui a vécu du harcèlement psychologique de la part de son chef d'équipe au point de déménager en Ontario, sinon qu'elle est brave, qu'elle a fait tout ce qu'elle pouvait, avec le soutien de ses camarades, mais quand un patron décide de ne pas comprendre... Elle m'écrit : « Une fois, j'ai pris deux jours de congé, n'en pouvant plus de subir ces assauts répétés. Je dis à mon contremaître que j'entrerai au travail pour 13h. Je prends mon autobus, puis le métro, puis l'autobus pour Beaubien-avenue du Parc ; on arrive à Beaubien, je ne bouge pas de mon siège, on arrête... »

Après avoir changé de poste dans l'entreprise, « ce chef venait me relancer pour n'importe quel prétexte épais à ma nouvelle place ». Il y a des claques qui se perdent. Quand on a voulu la remettre dans cette équipe pour des besoins de production, elle est partie. Savez-vous à quoi ça m'a fait penser, cette histoire où les victimes partent et où les bourreaux restent ? À la violence domestique. Les femmes partent, se réfugient où elles le peuvent pendant que monsieur continue de jouir de tous les avantages. La loi du plus fort versus la justice sociale, prise deux mille trois...

À propos de cette détresse psychologique au travail, une universitaire m'a fait remarquer que trop de gens sous-estiment l'importance de la reconnaissance du travail fait. Elle inclut une prof qui déplore de ne jamais recevoir de commentaires ou d'encouragements. C'est vrai pour tant de monde ! Alors, prenons donc cette résolution en 2004 : dire notre appréciation. C'est bon, ce que tu as fait, merci pour ton rapport, très bien, telle chose — ça n'a pas besoin d'être formel, mais si vous saviez comme tout le monde attend ça de tout le monde, c'est époustouflant !

On a la critique facile, on est obsédé par la concurrence, stressé par le rendement, on veut faire ses preuves et on devient moins sensible au travail des autres. À bien y penser moi aussi, et tant qu'à y être, je remercie ici les correcteurs et correctrices du Devoir ainsi que la responsable du cahier, Diane Précourt, de qui je dépends pour votre lecture. Une fois aux deux ans, ce n'est pas du luxe !

Nous travaillons à distance, je ne fais pas partie de la rédaction du journal, je n'ai donc pas l'occasion de dire aux Paré, Deglise, Gravel, avec qui je partage des intérêts, que je les lis assidûment et que j'estime leur travail. Si vous pensiez que je ne mets pas en pratique ce que je pense ou écris... vous aviez raison ! Partiellement, en tout cas : car il faut bien avouer que je ne fais pas toujours ce que je pense qu'il faudrait faire ! Et vous ?

Allez, bonne année !

vallieca@hotmail.com
 
 
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