jeudi 26 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h42


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

La fusion des établissements de santé ne sourit qu'aux hôpitaux

Robert Dutrisac   3 décembre 2003  Santé
Philippe Couillard
Photo : Jacques Nadeau
Philippe Couillard
Québec — Tant les médecins et les infirmières que les représentants des CLSC et les centrales syndicales sont venus s'opposer, hier, au projet de loi 25, présenté par le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, qui impose les fusions forcées des établissements de santé. Seule l'Association des hôpitaux du Québec (AHQ) souscrit aux desseins du ministre.

Au cours d'un point de presse, hier, tenu en marge de la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 25, M. Couillard a assimilé cette opposition à la résistance normale à des changements qui sont pourtant nécessaires. Il n'est pas question pour lui de faire marche arrière.

En vertu du projet de loi 25, les petits hôpitaux fusionneront avec des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et des CLSC pour former des «réseaux locaux intégrés» dédiés à un territoire donné. Les régies régionales changent de nom pour devenir des agences de développement et elles céderont certains de leurs pouvoirs et responsabilités à ces nouveaux réseaux. Les CLSC et CHSLD perdent leur statut propre et leur conseil d'administration pour s'amalgamer à l'ensemble. Le projet de loi évoque aussi les réseaux universitaires intégrés de santé (RUIS) qui n'ont pas d'entité légale mais qui jouent un rôle majeur dans les grands centres urbains.

Au delà d'un changement de structure, c'est «la notion de responsabilité d'une population» qui est au centre de la réforme, a dit le ministre. Chacun de ces réseaux locaux prendra en charge les soins de santé d'une population donnée. Mais les Québécois auront toujours le choix de leur médecin et de leur hôpital. Ce que le projet de loi accorde, «c'est une garantie de soins continus. Il n'y aucune limitation d'accès. Vous pourrez voir le médecin que vous voulez, l'hôpital que vous voulez», a indiqué M. Couillard. Personne n'aura à s'inscrire auprès de ces réseaux.

Cette approche dite populationnelle sans inscription de la population a fait tiquer le président de la Fédération des médecins omnipraticiens, le Dr Renald Dutil. Il a dit ne connaître aucun exemple dans le monde de prise en charge d'une population en santé sans inscription des individus. La formule des groupes de médecine familiale (GMF) est basée justement sur l'inscription de la population desservie.

Tant le Dr Dutil que le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Yves Dugré, se sont demandé ce que signifiait une garantie de soins quand les ressources sont insuffisantes.

Le gouvernement avait arrangé l'ordre des comparutions à la commission pour n'entendre les plus vifs opposants au projet de loi 25 qu'en fin de journée, voire en soirée. La Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ), la CSN, la FTQ et la CSQ devaient comparaître de 20h à 23h.

Au cours d'une conférence de presse en après-midi, la présidente de la FIIQ, Jennie Skene, a qualifié la réforme de «néolibérale» par laquelle le gouvernement cherche moins à améliorer les services qu'à faire des compressions. Selon Mme Skene, «les fusions forcées ne présentent aucune garantie de résultat».

L'Association des CLSC et CHSLD du Québec a demandé au ministre de ne pas faire disparaître les conseils d'administration des CLSC.

La réforme est «hospitalo-centriste», avait affirmé plus tôt le Dr Dutil. «Les directeurs d'hôpitaux — et j'en ai été un — n'ont pas l'expertise pour diriger et réseauter les soins de première ligne.»

Pour Montréal ou Québec, le modèle de réseaux locaux assignés à un territoire semble inapplicable en raison de la présence d'hôpitaux universitaires et d'hôpitaux affiliés qui accueillent des patients de toute provenance. À Montréal, cela se complique encore avec la présence d'établissements qui offrent des soins à des communautés culturelles répartis sur toute l'île et sa couronne.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009