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    Le FRQS, un soutien essentiel pour les chercheurs

    13 septembre 2014 | Etienne Plamondon Emond - Collaborateur | Santé
    Le Fonds de recherche du Québec en santé, grâce à ses outils de financement, permet à des chercheurs comme Yves De Koninck de trouver des ressources financières ailleurs.
    Photo: Marc Robitaille Le Fonds de recherche du Québec en santé, grâce à ses outils de financement, permet à des chercheurs comme Yves De Koninck de trouver des ressources financières ailleurs.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Selon certains chercheurs, le Fonds de recherche du Québec — Santé (FRQS) ferait des jaloux chez leurs collègues des autres provinces. Témoignage de scientifiques dont les travaux ou la carrière en ont profité.


    L’année dernière, Yves De Koninck avait signé, avec d’autres chercheurs, un article paru dans la revue Nature Neuroscience qui annonçait la découverte d’un mécanisme biologique lié à l’hypersensibilité. Un médicament développé dans la foulée pour traiter la douleur chronique a depuis fait l’objet d’une entente avec l’entreprise pharmaceutique Roche, qui y voit plutôt un potentiel pour diminuer des symptômes de l’autisme et qui effectuera des tests d’efficacité pour éventuellement mettre en marché la molécule. « Ça démontre que la recherche ouvre des horizons inattendus », lance M. De Koninck.

     

    En parlant des avancées dans son domaine, M. De Koninck reconnaît le rôle joué par les outils de financement de la recherche mis en place au Québec, dont le Fonds de recherche du Québec — Santé (FRQS).

     

    Il a mis sur pied le Réseau québécois de la recherche sur la douleur (RQRD) en 2001 grâce à Valorisation-Recherche Québec, un organisme créé par le gouvernement du Québec dont le mandat visait à soutenir des équipes de chercheurs universitaires. Après la disparition de Valorisation-Recherche Québec, le FRQS a non seulement repris le flambeau, mais aussi « permis de lancer beaucoup d’initiatives », indique le fondateur et directeur général du RQRD. « On a vécu avec eux une expérience de partenariat public-privé très intéressante », ajoute le chercheur.

     

    Des millions de dollars ont en fait été injectés dans le RQRD à travers un partenariat réunissant le FRQS, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et deux poids lourds de l’industrie pharmaceutique intéressés par les avancées dans le traitement de la douleur : Pfizer et AstraZeneca.

     

    Cette enveloppe substantielle a eu « un effet propulseur et structurant pour déployer la recherche clinique sur la douleur chronique, juge M. De Koninck. Et c’est essentiellement grâce à ça que le Québec est un leader national et international dans la recherche sur la douleur ».

     

    Malgré l’implication de partenaires privés, M. De Koninck précise qu’il avait les coudées franches : les entreprises pharmaceutiques donnaient au FRQS, et ce dernier agissait comme guichet unique auprès du Réseau de recherche. « C’était du financement libre, où tout ce que les copartenaires demandaient, c’était un rapport annuel de nos activités, à la fin de l’année, sur la façon dont les fonds étaient utilisés et sur la recherche qu’on avait faite, mais rien de plus, assure-t-il. Le fait que ça passe par le FRQS a beaucoup allégé les choses, car le FRQS a son propre savoir-faire pour gérer tout ça et ses propres avocats. Cela mettait une certaine distance entre nous et les partenaires, ce qui nous affranchissait d’une gestion individuelle de chaque partenaire. »

     

    Le chercheur tire aussi profit, actuellement, d’une subvention octroyée par le FRQS et le Fonds d’innovation Pfizer-FRSQ. Celle-ci finance des travaux sur les nouvelles technologies pour l’identification et la validation de cibles thérapeutiques par dissection optique dans le domaine de la douleur chronique et des maladies mentales. « L’objectif, c’est de développer de nouvelles technologies qui vont nous permettre d’aller sonder de façon plus fine ce qui se passe dans le cerveau, explique-t-il. Dans l’étude du cerveau, de la moelle épinière et du système nerveux en général, on est très tributaire des nouvelles technologies, pour avancer. Le cerveau est l’organe le plus complexe. C’est un immense circuit. Pour comprendre comment il fonctionne, il faut l’étudier en action, et c’est un organe extrêmement fragile. On ne peut pas aller en chercher un petit morceau pour l’étudier isolément. »

       

    Effet multiplicateur

     

    Yves De Koninck assure que le FRQS fait des jaloux chez ses collègues chercheurs du reste du Canada. « Le FRQS a vraiment un effet multiplicateur », insiste-t-il. En d’autres mots, il augmente les capacités des chercheurs d’aller chercher du financement ailleurs. Le financement par le FRQS d’une plateforme, par exemple, débouche sur un soutien pour « une infrastructure, qui fait qu’après les chercheurs sont beaucoup plus efficaces et sont capables d’aller chercher des fonds, parce qu’ils sont déjà capables d’exploiter une infrastructure ».

     

    De plus, il juge que la structure d’évaluation des Fonds de recherche du Québec lui facilite la tâche. « Je n’ai pas à partir avec mon bâton de pèlerin pour trouver toutes sortes de programmes à gauche et à droite pour réussir à appareiller des fonds fédéraux, dit M. De Koninck. Je pense qu’il y a là une économie non seulement d’argent, mais aussi d’efforts. »

     

    Au-delà des avantages découlant des subventions accordées aux projets de recherche et aux centres de recherche, François Lauzier, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval spécialisé en traumatologie, vante surtout les bourses remises par le FRQS aux chercheurs. Elles donneraient aussi un meilleur accès aux enveloppes fédérales. « Ce qui fait la spécificité du FRQS, c’est surtout le soutien aux jeunes chercheurs et aux chercheurs », juge-t-il. Il est lui-même chercheur boursier clinicien junior du FRQS. Bien sûr, cette somme permet de compenser les heures qu’il perd dans son travail en milieu clinique et de lui assurer du temps de recherche. Mais aussi, elle permet d’améliorer sa candidature quand vient le temps d’aller chercher du financement auprès d’autres bailleurs de fonds. « On ne se le cachera pas : les montants octroyés pour les projets de recherche par le FRQS sont moindres que ceux qui peuvent l’être par les organismes nationaux, comme les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), souligne-t-il. Cette bourse prestigieuse permet d’augmenter notre crédibilité quand on fait des demandes de subventions. Si je fais une demande aux IRSC, les gens qui vont évaluer ma demande vont la prendre en considération, parce que j’ai remporté un concours qui a déjà passé l’évaluation par les pairs. »

     

    Yves De Koninck souligne aussi que le FRQS finance des activités de transfert des connaissances. « Ce n’est pas juste avec le public qu’il doit y avoir une activité importante d’échange. Il en faut notamment une avec les intervenants en santé et les médecins. Il y a un grand défi de formation dans le domaine de la douleur et de la douleur chronique. Nos médecins ne sont pas assez bien formés dans ce domaine », dit le chercheur, lauréat en 2013 du prix Jacques-Rousseau, remis par l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) pour sa capacité à bâtir des ponts entre les différentes disciplines.













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