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    La fusion d’établissements de santé inquiète

    5 septembre 2014 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé
    Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la Santé.
    Photo: Jacques Grenier Le Devoir Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la Santé.

    Les rumeurs qui prêtent au ministre de la Santé l’intention de procéder à une réorganisation majeure du réseau de la santé, dont des fusions forcées d’établissements, font grincer les syndicats des dents.

     

    L’affaire se discute depuis plusieurs semaines derrière les portes closes. Selon les informations publiées par La Presse jeudi, Québec envisage de faire passer le nombre d’établissements de santé à une cinquantaine, dans le but, bien sûr, de réaliser des économies. Il y a 182 établissements publics au Québec, dont 94 CSSS et 68 établissements non intégrés aux CSSS, par exemple les hôpitaux universitaires. Selon différentes sources contactées par Le Devoir, des fusions d’agences de la santé auraient aussi été évoquées.

     

    « Nous allons vivre compressions et fusions de front. Je suis assez inquiète, dit la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la Santé, Régine Laurent. Il y a de quoi s’inquiéter sur la capacité du réseau à faire tout ça en même temps, déjà qu’on ne croit pas que les compressions puissent se faire sans atteindre les soins. »

     

    « C’est renversant de voir cette orientation », réagit Carole Dubé, présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique (APTS).

     

    De Couillard à Barrette

     

    S’il passe à l’action, Gaétan Barrette poursuivra en quelque sorte l’oeuvre de Philippe Couillard. Lorsqu’il était ministre de la Santé, ce dernier avait fait voter la loi 25, qui entraînait la fusion des établissements de santé d’un territoire et la création des CSSS. Les CSSS regroupent les hôpitaux, les CLSC et les CHSLD d’un même territoire.

     

    « À l’époque de la loi 25, on nous promettait des économies, de meilleurs services de première ligne… Ces objectifs n’ont pas été atteints. Le nombre de cadres a augmenté dans le réseau », dénonce Carole Dubé.

     

    Dans son rapport publié en 2010, le comité consultatif sur l’économie et les finances publiques, mis sur pied par Raymond Bachand, estimait à 600 millions le coût de la double structure (agences et CSSS) du réseau de la santé.

     

    Des centaines de millions qui pourraient permettre à Gaétan Barrette d’honorer la commande du Conseil du trésor. L’effort demandé à la santé dans la poursuite de l’atteinte de l’équilibre budgétaire est substantiel : il atteint le milliard de dollars pour 2014-2015, disait plus tôt cette semaine le ministre Gaétan Barrette.

     

    Besoins du territoire

     

    Guy Laurion, de la Fédération de la santé et des services sociaux, invite le ministre à être à l’écoute des solutions qui émergent du réseau, plutôt que d’imposer des réformes. « Je l’invite à la prudence pour éviter une onde de choc », dit-il.

     

    « Le danger, c’est que ce ne soit plus un ministère de la Santé et des Services sociaux, mais bien un ministère des soins et services centrés sur l’hôpital et les soins spécialisés »,dit Denis Bourque, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en organisation communautaire. Le spécialiste de l’organisation du réseau de la santé a observé au fil des fusions précédentes que plus les établissements sont gros, plus ils s’éloignent des besoins de leurs territoires.

     

    Au début de l’année, les conseils d’administration des CSSS d’Ahuntsic–Montréal-Nord et de Bordeaux-Cartierville–Saint-Laurent avaient refusé une fusion volontaire de leurs établissements. Les économies qui auraient pu être réalisées étaient trop faibles — environ 1 % — et les avantages pour la population trop peu importants, avaient jugé les administrateurs.













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