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    Santé mentale: une priorité oubliée

    20 août 2014 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé
    Le milieu de la santé mentale s’inquiète du manque d’intérêt autour de cet enjeu.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le milieu de la santé mentale s’inquiète du manque d’intérêt autour de cet enjeu.

    Pressions budgétaires sur services psychologiques publics, report du plan d’action en santé mentale, annulation d’une campagne de prévention, financement réduit aux organismes communautaires : l’inquiétude est vive dans le milieu de la santé mentale, où on se demande si cette problématique n’est pas reléguée au dernier rang des préoccupations du gouvernement.

     

    « C’est le parent pauvre du système de santé et ça ne semble pas vouloir changer »,dénonce Charles Roy, psychologue en CLSC et président de l’Association des psychologues du Québec. Le plan d’action en santé mentale 2014-2020 devait être dévoilé en mai dernier lors des Journées annuelles en santé mentale. Ce nouveau plan était attendu avec impatience dans le milieu, car le précédent couvrait les années 2005 à 2010.

     

    Le lancement a été annulé, à la grande déception des personnes présentes, dit l’une d’entre elles. « [Il] est attendu au cours de l’automne »,indique Marie-Claude Lacasse, responsable des communications au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), confirmant qu’il arrivera « un peu plus tard que prévu à l’origine ».

     

    C’est Philippe Couillard qui avait lancé le plan d’action précédent en 2005. « Quand il était ministre, il en faisait une priorité », rappelle Claude Saint-Georges, secrétaire du RACOR en santé mentale. « Mais, comme l’a constaté le Commissaire à la santé et au bien-être, les résultats n’ont pas été à la hauteur faute d’y avoir mis les moyens. »

     

    M. Saint-Georges espère non seulement que le plan d’action sera déposé rapidement, mais il en appelle aussi à une politique interministérielle. La justice, le logement, l’éducation : la santé mentale dépasse le simple champ d’action du MSSS.

     

    « Le nuage au-dessus de tout ça, ce sont les compressions budgétaires », s’inquiète M. Saint-Georges.

     

    Exit également la campagne de prévention 2013-2014. Prévue d’abord à l’automne 2013, elle n’est jamais venue.

     

    La campagne n’a pas été annulée, se défend le MSSS. « L’objectif était de diffuser cette campagne au printemps, en même temps que le lancement du plan d’action, dit Mme Lacasse. Le plan d’action n’a pas été lancé. Le délai est principalement dû à la campagne électorale, menant à un changement de gouvernement et à la nécessité pour le cabinet de prendre le temps de posséder les dossiers. L’objectif du MSSS est de diffuser la campagne en santé mentale à l’automne. »

     

    La plus récente campagne remonte à l’automne 2012.

     

    Ça ne va guère mieux du côté des services : le psychologue Charles Roy rapporte que les pressions budgétaires ont un impact sur la qualité du suivi psychologique offert au public. Alors qu’il considère les services optimaux à 50 patients par an, on demande plutôt aux psychologues d’en suivre 75. L’attente moyenne est de 6 à 8 mois, selon M. Roy.

     

    Il craint que la fusion des 12 CSSS montréalais en 6 entités, possibilité évoquée par l’agence de la santé, ne mette encore plus à mal les services.

     

    Financement

     

    Les organismes communautaires en santé mentale savent aussi qu’ils feront les frais de la non-indexation des budgets et de l’annulation d’une majoration de 40 millions qui avait été annoncée par le gouvernement péquiste.

     

    Les organismes attendent une réponse par rapport à leur demande de financement sous peu. Mais ils se sont fait dire de ne pas être optimistes, rapporte Jérôme Gaudreault, directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide. Il donne l’exemple des centres de prévention du suicide, qui gèrent la ligne 1-866-appelle. « Quand le financement baisse ou stagne, on ne peut pas fermer la ligne. Il faut répondre 24 heures sur 24. Donc c’est la formation d’intervenants ou d’autres activités de prévention qui sont annulées. Certains centres se demandent vraiment comment ils vont faire pour survivre. »













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