Une handicapée maltraitée par des employés de Saint-Charles-Borromée - Couillard ordonne la tenue d'une enquête
Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, s'est montré indigné hier des mauvais traitements réservés à une bénéficiaire lourdement handicapée par des employés de l'hôpital Saint-Charles-Borromée et a ordonné le déclenchement d'une enquête sur tous ces incidents.
Le ministre Philippe Couillard s'est dit en effet «extrêmement mal à l'aise» avec les informations rapportées hier par Radio-Canada et La Presse, qui ont obtenu de la famille d'une bénéficiaire des enregistrements contenant de nombreux propos offensants à son égard. Les 90 heures d'enregistrement contiennent en effet des propos scabreux et méprisants, voire menaçants, tenus par deux préposés aux bénéficiaires. Ces derniers tentent notamment de faire croire à une patiente qu'un homme se masturbe devant sa fenêtre.
La bénéficiaire de 51 ans a depuis été transférée dans un autre établissement et les deux employés ont été suspendus pendant trois jours. Une troisième a hérité d'une simple note à son dossier. Visiblement insatisfaite des sanctions prises à l'égard de ces employés, la famille a choisi de rendre ces circonstances publiques.
Le ministre de la Santé a déclaré sur les ondes de la radio de Radio-Canada n'avoir aucune «tolérance pour ce genre de situations».
«On a référé une équipe d'évaluation sur place. Il faut d'abord voir si les patients sont en sécurité, et est-ce que ce problème est ponctuel ou plus élargi. Si cette inquiétude est relevée, nous ferons une enquête plus large et des actions très énergiques seront prises», a-t-il insisté.
Philippe Couillard s'est dit particulièrement indisposé par les arguments avancés par la direction de l'hôpital pour expliquer la légèreté des sanctions contre ces employés. «J'ai lu les commentaire dans le journal ce matin. On a tendance à banaliser l'histoire et, pour moi, ce n'est pas acceptable», a-t-il tranché
Dans les propos rapportés par La Presse, Léon Lafleur, le directeur de l'hôpital Saint-Charles-Borromée, officiellement appelé Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) Centre-Ville, soutient en effet qu'il s'agit d'un événement isolé et que les deux employés, qui n'avaient pas de mauvaises intentions, ont plutôt fait de l'humour noir.
Offusqué de n'avoir été mis au courant de cette situation qu'au cours des derniers jours — bien que ces événements datent du printemps —, Philippe Couillard entend prendre les actions qui s'imposeront au cours des prochains jours. Ce dernier a tenu hier à souligner que ces bavures ne devaient pas rejaillir sur l'ensemble des employés du réseau de la santé qui y travaillent avec dévouement.
Ce n'est pas la première fois que l'hôpital Saint-Charles-Borromée se retrouve sur la sellette pour les mauvais traitements réservés à ses patients. En 1994, le Conseil canadien d'agrément avait estimé que cet hôpital ne répondait pas aux normes sur de nombreux critères, notamment celui des soins accordés aux malades. À l'époque, le ministre de la Santé, Jean Rochon, avait dépêché sur place un enquêteur spécial. Deux bénéficiaires avaient allégué avoir été violées. Un recours collectif a entre-temps été enclenché par des parents qui attendent toujours que leur cause soit entendue par les tribunaux.
Pour Hélène Rumak, porte-parole de l'organisme Handicap Vie Dignité, la situation mise au jour à Saint-Charles-Borromée n'est pas étonnante. Cet organisme avait grandement participé, à l'époque, à dévoiler au grand jour les conditions indignes dans lesquels étaient maintenus certains malades. Certains étaient envoyés au lit dès 17h30, et d'autres laissés dans leurs couches souillées pendant des heures.
«Cela prouve que la direction [mise en place il y a sept ans après le rapport de l'enquêteur] n'est pas capable de faire les changements qui s'imposent. Ils ont fait de la frime, en embauchant une firme de communication, et en organisant des petits partys», estime Mme Rumak, qui croit que la sanction réservée aux employés témoigne du peu de poigne de la direction sur les employés.
«C'est le directeur qui devrait être congédié», estime cette dernière, scandalisée que des propos aussi durs puissent être assimilés à une forme d'humour.
Depuis que Handicap Vie Dignité a dénoncé certaines situations de mauvais traitements, l'organisme n'a accès aux informations qu'au compte-gouttes. «On nous refuse tout, notamment les rapports d'incidents et d'accidents et ceux sur le nombre de plaies de lit. C'est très difficile parce que les bénéficiaires qui nous parlent font face à de l'intimidation», déplore cette dernière.
Pour Mme Rumak, cette affaire a des relents de déjà-vu dans cet hôpital où la culture syndicale est malsaine. Cette dernière affirme avoir vu, il y a quelques mois, une pétition du syndicat accrochée au mur, invitant les employés à dénoncer une patiente qui s'était plainte à la direction d'attouchements inappropriés. «J'étais sidérée. Les gros bras du syndicat font la loi dans cet hôpital, et la direction plie devant eux», déplore-t-elle.
Le Conseil pour la protection des malades juge, quant à lui, que ce cas démontre la nécessité d'assujettir tous les employés du réseau à un code d'éthique et d'assurer une meilleure formation du personnel.
Le ministre Philippe Couillard s'est dit en effet «extrêmement mal à l'aise» avec les informations rapportées hier par Radio-Canada et La Presse, qui ont obtenu de la famille d'une bénéficiaire des enregistrements contenant de nombreux propos offensants à son égard. Les 90 heures d'enregistrement contiennent en effet des propos scabreux et méprisants, voire menaçants, tenus par deux préposés aux bénéficiaires. Ces derniers tentent notamment de faire croire à une patiente qu'un homme se masturbe devant sa fenêtre.
La bénéficiaire de 51 ans a depuis été transférée dans un autre établissement et les deux employés ont été suspendus pendant trois jours. Une troisième a hérité d'une simple note à son dossier. Visiblement insatisfaite des sanctions prises à l'égard de ces employés, la famille a choisi de rendre ces circonstances publiques.
Le ministre de la Santé a déclaré sur les ondes de la radio de Radio-Canada n'avoir aucune «tolérance pour ce genre de situations».
«On a référé une équipe d'évaluation sur place. Il faut d'abord voir si les patients sont en sécurité, et est-ce que ce problème est ponctuel ou plus élargi. Si cette inquiétude est relevée, nous ferons une enquête plus large et des actions très énergiques seront prises», a-t-il insisté.
Philippe Couillard s'est dit particulièrement indisposé par les arguments avancés par la direction de l'hôpital pour expliquer la légèreté des sanctions contre ces employés. «J'ai lu les commentaire dans le journal ce matin. On a tendance à banaliser l'histoire et, pour moi, ce n'est pas acceptable», a-t-il tranché
Dans les propos rapportés par La Presse, Léon Lafleur, le directeur de l'hôpital Saint-Charles-Borromée, officiellement appelé Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) Centre-Ville, soutient en effet qu'il s'agit d'un événement isolé et que les deux employés, qui n'avaient pas de mauvaises intentions, ont plutôt fait de l'humour noir.
Offusqué de n'avoir été mis au courant de cette situation qu'au cours des derniers jours — bien que ces événements datent du printemps —, Philippe Couillard entend prendre les actions qui s'imposeront au cours des prochains jours. Ce dernier a tenu hier à souligner que ces bavures ne devaient pas rejaillir sur l'ensemble des employés du réseau de la santé qui y travaillent avec dévouement.
Ce n'est pas la première fois que l'hôpital Saint-Charles-Borromée se retrouve sur la sellette pour les mauvais traitements réservés à ses patients. En 1994, le Conseil canadien d'agrément avait estimé que cet hôpital ne répondait pas aux normes sur de nombreux critères, notamment celui des soins accordés aux malades. À l'époque, le ministre de la Santé, Jean Rochon, avait dépêché sur place un enquêteur spécial. Deux bénéficiaires avaient allégué avoir été violées. Un recours collectif a entre-temps été enclenché par des parents qui attendent toujours que leur cause soit entendue par les tribunaux.
Pour Hélène Rumak, porte-parole de l'organisme Handicap Vie Dignité, la situation mise au jour à Saint-Charles-Borromée n'est pas étonnante. Cet organisme avait grandement participé, à l'époque, à dévoiler au grand jour les conditions indignes dans lesquels étaient maintenus certains malades. Certains étaient envoyés au lit dès 17h30, et d'autres laissés dans leurs couches souillées pendant des heures.
«Cela prouve que la direction [mise en place il y a sept ans après le rapport de l'enquêteur] n'est pas capable de faire les changements qui s'imposent. Ils ont fait de la frime, en embauchant une firme de communication, et en organisant des petits partys», estime Mme Rumak, qui croit que la sanction réservée aux employés témoigne du peu de poigne de la direction sur les employés.
«C'est le directeur qui devrait être congédié», estime cette dernière, scandalisée que des propos aussi durs puissent être assimilés à une forme d'humour.
Depuis que Handicap Vie Dignité a dénoncé certaines situations de mauvais traitements, l'organisme n'a accès aux informations qu'au compte-gouttes. «On nous refuse tout, notamment les rapports d'incidents et d'accidents et ceux sur le nombre de plaies de lit. C'est très difficile parce que les bénéficiaires qui nous parlent font face à de l'intimidation», déplore cette dernière.
Pour Mme Rumak, cette affaire a des relents de déjà-vu dans cet hôpital où la culture syndicale est malsaine. Cette dernière affirme avoir vu, il y a quelques mois, une pétition du syndicat accrochée au mur, invitant les employés à dénoncer une patiente qui s'était plainte à la direction d'attouchements inappropriés. «J'étais sidérée. Les gros bras du syndicat font la loi dans cet hôpital, et la direction plie devant eux», déplore-t-elle.
Le Conseil pour la protection des malades juge, quant à lui, que ce cas démontre la nécessité d'assujettir tous les employés du réseau à un code d'éthique et d'assurer une meilleure formation du personnel.
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