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    Assurance autonomie

    Pas d’argent frais pour l’assurance autonomie

    110 millions de dollars de services devront être coupés, prévient l’AQESSS

    28 février 2014 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé
    «Les gens vont être encore malades demain, indépendamment du budget du Québec », s’indigne la directrice générale de l’AQESSS, Diane Lavallée. Elle promet que ses membres ne vont pas « rester les bras croisés ».
    Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir «Les gens vont être encore malades demain, indépendamment du budget du Québec », s’indigne la directrice générale de l’AQESSS, Diane Lavallée. Elle promet que ses membres ne vont pas « rester les bras croisés ».
    Augmentation
    de 3 % consentie
    au budget:
    976 millions

    Augmentations promises
    aux médecins:
    540 millions

    Financement soins à domicile: 110 millions

    Hausse du coût des médicaments (minimum): 100 millions

    Somme restante: 226 millions

    Somme pour le maintien
    des services selon l’AQESS:
    844 millions

    Écart selon l’AQESSS:
    618 millions

    Source: AQESS

    Québec demande au réseau de la santé de puiser les 110 millions promis pour financer les soins à domicile et l’assurance autonomie à même l’enveloppe globale. Cela forcera un réseau déjà pris à la gorge à couper dans plus de services, avertissent les établissements de santé. Le manque à gagner total pourrait atteindre 618 millions.

     

    Le ministre de la Sant Réjean Hébert a confirmé mardi à l’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) que l’argent promis pour le soutien à domicile est compris dans l’augmentation de 3 % du budget de la santé. Le réseau devra donc couper 110 millions de services ailleurs, avertit la directrice générale de l’AQESSS, Diane Lavallée.

     

    « C’est le réseau public qui est mis en danger », scande-t-elle, catégorique.

     

    Le bureau du ministre de la Santé Réjean Hébert a refusé de confirmer cette information, affirmant que les crédits budgétaires seraient dévoilés «en temps et lieu»

     

    Un défi impossible ?

     

    En déposant le projet de loi sur l’assurance autonomie à l’automne, Québec avait promis une enveloppe « supplémentaire » de 500 millions jusqu’en 2017-2018, dont 110 millions en 2014-2015. Ces sommes doivent être dédiées aux soins à domicile, mais le projet de loi n’a pas encore été adopté: la Caisse autonomie n’existe pas encore. Le virage vers les soins à domicile est toutefois amorcé afin de mettre la table pour l’entrée en vigueur en avril 2015.

     

    L’AQESSS approuve le projet d’assurance autonomie. « Mais dans quels services va-t-on devoir couper pour le financer ? » demande Mme Lavallée.

     

    L’attachée de presse du ministre Hébert, Ariane Lareau, continue d’affirmer que le gouvernement a « doublé l’enveloppe récurrente des soins à domicile », et que ces derniers sont « résolument priorisés ». Le cadre budgétaire de l’assurance autonomie, que le ministre avait promis pour le début de la commission parlementaire, n’a toujours pas été rendu public. Avec les élections probables, il y a peu de chance que cette commission se tienne à court terme.

     

    Avec cette nouvelle tuile à son budget, l’AQESSS calcule qu’il lui reste un maigre 226 millions pour honorer des engagements de 844 millions, nécessaires au maintien des services actuels. Cela comprend un déficit anticipé de 150 millions pour l’année qui s’achève. Ou, si on regarde les chiffres par l’autre bout de la lorgnette, qu’il faudra couper 618 millions dans les services pour équilibrer le budget. « On ne peut pas penser qu’on va pouvoir donner les mêmes services », avertit Mme Lavallée.

     

    « Les gens vont être encore malades demain, indépendamment du budget du Québec », s’indigne-t-elle. Elle promet que ses membres ne vont pas « rester les bras croisés ».

     

    Elle demande à Québec de tenir un débat « transparent » sur les « choix de société » qui devront être faits. « Il va falloir mettre les chiffres sur la table et dire ce qu’on peut se payer en attendant d’aller chercher de nouveaux revenus ». La question est pressante. « Les choix, c’est cette année qu’il faut les faire. Si ce n’est pas Québec qui les fait, ce sera chaque établissement, à la pièce, et ça, ce serait inéquitable ! »

     

    Si le ministre de la Santé, Réjean Hébert, arrive à négocier avec les médecins un étalement de leurs hausses salariales, la pression sur le réseau se relâcherait un peu, sans être résorbée. Reste que « ces négociations doivent donner des résultats, urge Mme Lavallée, car il en va du maintien des services à la population ».

      

    Un système trop coûteux ?

     

    Pour justifier la hausse de 3 % consentie au secteur de la santé, contre un engagement précédent de 4,8 %, le ministre des Finances a affirmé en entrevue à Radio-Canada Première vendredi dernier que le Québec qu’il fallait contenir les coûts. « On fait ce que toutes les provinces font », a répondu M. Marceau à Marie-France Bazzo, ajoutant qu’« au Québec, on dépense plus, que ce soit par habitant ou en fonction du PIB [produit intérieur brut] ». Il félicite aussi l’Ontario, qui a su compresser la hausse des dépenses de santé à 1,9 % pour 2014-2015.

     

    Le dernier rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) stipule que le Québec se situe plutôt en queue de peloton en matière de dépenses publiques de santé par habitant. En 2012, elles se sont élevées à 3792 $, contre une moyenne canadienne de 4148 $.

     

    Au ministère des Finances, on explique que si on ajuste les données de l’ICIS au coût de la vie par province, le Québec n’est plus dernier, mais troisième quant à l’importance des dépenses publiques de santé par habitant. « On est en fait assez dans la moyenne », dit le porte-parole du ministère Jacques Delorme. En fonction du PIB par habitant, le Québec se classe au 5e rang, avec 8,5 %, toujours selon les calculs du ministère des Finances. L’Ontario s’en tire en investissant 7,8 %, la Colombie-Britannique, 8,3 %.

     

    Devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain jeudi, le ministre Marceau a aussi dit fonder beaucoup d’espoir sur le financement axé sur le patient, une nouveauté annoncée au dernier budget. Cette réforme est nécessaire pour « augmenter la valeur de chaque dollar investi » et « relever les défis » du système de santé, croit M. Marceau.

    ***

    NDLR: Une correction a été apporté à cet article après la mise en ligne.













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