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    Étude

    La productivité des médecins décline

    15 février 2014 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé
    Le déclin de la productivité des médecins spécialistes pourrait s’expliquer par la non-disponibilité des salles.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le déclin de la productivité des médecins spécialistes pourrait s’expliquer par la non-disponibilité des salles.

    Les facultés de médecine ont diplômé des centaines de nouveaux médecins depuis 2007. Mais la productivité totale du corps médical décline plutôt que d’augmenter, selon le chercheur Damien Contandriopoulos.

     

    Malgré les critiques du président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Gaétan Barrette, Damien Contandriopoulos persiste et signe. À la lumière des données de 2012 de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), rendues disponibles vendredi, il avance que la productivité des médecins québécois recule, alors que leurs revenus, eux, croissent.

     

    « La baisse de service équivautà la perte de 32 omnipraticiens par rapport à 2007, et de 223 spécialistes », selon le chercheur à l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal. Problème : depuis 2007, nous avons pourtant 662 médecins de famille et 1166 spécialistes de plus dans le réseau, calcule-t-il.

     

    Entre 2011 et 2012, il observe certaines tendances. D’abord, le nombre total d’actes médicaux rendus par les omnipraticiens a légèrement augmenté, mais le nombre d’actes par médecin diminue. « Nous sommes passés de 4271 à 4226 actes par médecin, et on voit cette érosion se poursuivre chaque année », dit M. Contandriopoulos. La rémunération moyenne, elle, a pourtant bondi de 10 %. Pourquoi ? « On peut autant expliquer cela par la complexité croissante des cas, qui prendraient plus de temps à traiter, que par la possibilité que les médecins travaillent moins en sachant qu’ils feront le même salaire. Les deux hypothèses sont plausibles », dit le chercheur.


    Les spécialistes aussi

     

    Du côté des spécialistes, le nombre moyen d’actes par médecin a aussi connu une baisse, mais la rémunération a stagné. « Les explications peuvent être de plusieurs ordres, dit M. Contandriopoulos. Il est possible que les plateaux techniques, les salles d’opération, ne soient pas aussi disponibles qu’ils le voudraient. Peut-être aussi que la productivité des spécialistes est en décroissance. »

     

    Ce qui reste « frappant », selon le chercheur, « c’est qu’on investit beaucoup d’argent public sans que ça améliore l’accessibilité ». Il rappelle que les médecins ne semblent pas soumis aux mêmes contraintes de performance que le reste du réseau : les établissements, entre autres, doivent sans cesse améliorer leur productivité et rencontrer des cibles fixées par Québec.

     

    La semaine dernière, après la publication de l’analyse des données de 2007 à 2011 par M. Contandriopoulos et sa collègue Mélanie Perroux dans la revue scientifique Healthcare Policy, le Dr Gaétan Barrette a critiqué vertement la méthode du chercheur dans une lettre publiée dans la section Idées du Devoir le 7 février. Le président de la FMSQ mettait en doute ses conclusions. Il rappelait aussi que, lors des dernières négociations des médecins avec Québec, un rattrapage salarial avec les médecins du reste du Canada a été consenti, sur dix ans. « À partir de 2015, cet exercice de rattrapage étant terminé, la pression sur les finances publiques à laquelle [M. Contandriopoulos fait référence] sera considérablement réduite », écrivait le président de la FMSQ.

     

    Damien Contandriopoulos défend son analyse, qui a en outre passé le test de la révision par un comité de pairs indépendants. « Ce sont des données publiques et elles doivent être discutées dans l’espace public. Que des gens soient critiques, c’est sain, ça alimente le débat. Mais ça reste une analyse très directe des données brutes, il est peu probable selon moi que les tendances observées soient fausses. »

     

    En 2012, la rémunération des médecins a coûté 5,2 milliards au trésor public.

     





    Source des tableaux: Damien Contandriopoulos












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