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    Santé publique

    Québec investit moins dans les campagnes de prévention

    28 janvier 2014 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé
    Le Dr Réjean Thomas, de la clinique médicale L’Actuel, déplore ce désinvestissement. <em>«Ça envoie le message que le VIH et les ITSS ne sont pas un problème important»</em>, dit-il.
    Photo: Jean-François Leblanc - Archives Le Devoir Le Dr Réjean Thomas, de la clinique médicale L’Actuel, déplore ce désinvestissement. «Ça envoie le message que le VIH et les ITSS ne sont pas un problème important», dit-il.

    L’enveloppe destinée aux campagnes de prévention en santé publique a subi une cure minceur. Moins d’argent, moins de campagnes : en 2013, celles pour la prévention des infections transmissibles sexuellement (ITSS) chez l’adulte, du programme de dépistage du cancer du sein et de la sensibilisation à la santé mentale ont été annulées ou reportées.

     

    Selon les chiffres fournis au Devoir, en 2013, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a réduit de près de 30 % l’enveloppe consacrée aux campagnes de prévention par rapport à 2011, dépensant un peu plus de 3,5 millions de dollars.

     

    À des fins de comparaison sont exclues de ce calcul les sommes consacrés en 2013 à la campagne de sensibilisation à la maltraitance envers les aînés. Cette dernière a coûté plus de 854 000 dollars.

     

    Cette priorité relevait auparavant du ministère de la Famille et des Aînés. Malgré le transfert de cette responsabilité au MSSS, l’enveloppe n’a pas été bonifiée. Parallèlement, plusieurs campagnes ont été annulées, reportées, ou ont vu leur budget amputé.

     

    En incluant la campagne pour les aînés, le budget 2013 est à la hauteur de celui de 2012, mais reste 13 % moins important qu’en 2011. Le MSSS indique que la diminution du budget est due aux efforts d’optimisation exigés de tous les ministères.


    La santé mentale laissée au privé?

     

    La campagne annuelle de sensibilisation à la santé mentale écope. Annulée en 2013, elle serait, selon le MSSS, reportée au printemps 2014 pour coïncider avec le lancement du nouveau plan d’action en santé mentale. Un forum national se tient d’ailleurs mardi à ce sujet.

     

    « Ces campagnes ont un impact ! », assure Bruno Marchand, directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide. Alors qu’un autre ministère a réussi à mettre en ondes une campagne de sensibilisation sur le bien-être des animaux domestiques, M. Marchand s’insurge : « Je comprends bien que ce sont deux budgets distincts, mais au final, l’État a réussi à faire une pub pour les animaux et pas pour prévenir les 1100 morts par suicide chaque année. »

     

    Renée Ouimet, directrice de la division québécoise de l’Association canadienne pour la santé mentale, affirme que le soutien du MSSS reste important. « C’est vrai que le budget national baisse, mais le MSSS a toujours aidé des groupes comme nous à déployer des campagnes », rappelle-t-elle.

     

    Lorsque Québec abandonne les campagnes de prévention grand public, l’entreprise privée s’en charge seule. Deux campagnes se déploient actuellement, celle de Bell cause pour la cause et celle de l’OSBL Partenaires pour la santé mentale (PPSM).

     

    L’industrie pharmaceutique n’est jamais bien loin derrière ces initiatives, tout aussi louables soient-elles. Un des deux commanditaires principaux de PPSM est Lundbeck Canada, qui commercialise le Celexa, un antidépresseur. Pour sa part, Bell, dans la section « aide et ressources » du site de sa campagne, renvoie l’internaute au site Web de l’Association canadienne pour la santé mentale, une autre association bénévole commanditée par Lundbeck.

     

    Le VIH, qui en parle?

     

    D’autres campagnes ont été mises de côté. Depuis 2011, il n’y a eu aucune campagne de prévention des ITSS, notamment le VIH sida, chez l’adulte.

     

    Le Dr Réjean Thomas, de la clinique médicale L’Actuel, déplore ce désinvestissement. « Ça envoie le message que le VIH et les ITSS ne sont pas un problème important », dit-il. Des infections comme la syphilis connaissent pourtant une recrudescence.Les campagnes de prévention sont peu coûteuses, selon le Dr Thomas. « Si on prévient un ou deux cas de VIH, c’est rentable, c’est le même coût que les médicaments. »

     

    En 2013, Québec n’a pas déployé non plus de campagne pour promouvoir le programme de dépistage du cancer du sein, mais des lettres sont envoyées aux femmes visées.

     

    Le budget de la campagne de sensibilisation aux risques des jeux de hasard et d’argent chez l’adulte a pour sa part été amputé de presque la moitié entre 2011 et 2013, passant de plus de 1,3 million à un peu plus de 724 000 dollars. Le MSSS dit avoir concentré ses efforts auprès des joueurs à risque.

     

    Déployée au printemps, la campagne de prévention du tabagisme chez les jeunes a subi le même sort, passant d’un budget de 731 842 dollars (2011) à 414 461 dollars (2013).

     

    D’autres priorités ont toutefois vu leur budget croître. C’est le cas de la prévention des ITSS chez les jeunes. Abandonnée en 2012, cette priorité s’est vu octroyer un budget de près de 320 000 dollars en 2013.

     

    En émergence, le virus du Nil occidental est apparu sur le radar en 2012, mais les coûts de la campagne de sensibilisation ont véritablement explosé en 2013. Ils atteindront 300 000 dollars selon les prévisions du MSSS.

     

    D’autres problématiques bénéficient d’un budget relativement constant. C’est le cas de la vaccination contre la grippe et de la prévention des dépendances chez les jeunes.

     













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