Aide médicale à mourir - Le projet de loi crée un malaise chez les libéraux

C’est par 84 voix pour et 26 contre que l’assemblée nationale a permis au projet de loi de passer à la prochaine étape, soit l’étude article par article qui devrait mener à une formulation finale.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir C’est par 84 voix pour et 26 contre que l’assemblée nationale a permis au projet de loi de passer à la prochaine étape, soit l’étude article par article qui devrait mener à une formulation finale.

Le projet de loi 52 sur les soins de fin de vie passera à la prochaine étape, mais le vote de mardi a révélé un malaise chez de nombreux libéraux. La moitié des députés du PLQ ont voté contre l’adoption de principe.

C’est par 84 voix pour et 26 contre que l’assemblée nationale a permis au projet de loi de passer à la prochaine étape, soit l’étude article par article qui devrait mener à une formulation finale. Tous les députés du Parti québécois ont appuyé le projet de loi de la ministre Véronique Hivon. À la CAQ, seule Mycheline St-Laurent a dit non. Les deux députés de Québec solidaire ont voté pour.

Vingt-cinq députés libéraux ont utilisé ce vote libre pour exprimer leur désaccord.

En point de presse peu avant le vote, le chef du Parti libéral Philippe Couillard lui-même s’est dit « profondément mal à l’aise » avec l’aide médicale à mourir. Il aurait tout de même, s’il avait eu un siège, voté pour l’adoption du principe. « L’aide médicale à mourir, c’est un euphémisme pour l’euthanasie. Si j’étais en chambre aujourd’hui, je demanderais à ce qu’on me prouve que ce serait exceptionnel », a dit M. Couillard. Il ajoute que, comme médecin, il n’a pas vu souvent des cas de mourant « dont la souffrance ne pouvait être soulagée », mais que son « attitude n’est pas complètement fermée. » Le projet de loi déposé par la ministre Hivon est trop « flou », soutient-il.

Marguerite Blais dit non

Hésitante la semaine dernière, l’ancienne ministre responsable des aînés Marguerite Blais a finalement dit « non ». « Le libellé du projet de loi ne me convient pas et c’est pourquoi je vais voter contre », a-t-elle dit. Elle démontre une certaine ouverture, affirmant qu’une fois les soins palliatifs bien implantés et accessibles, « on pourra regarder cette question de l’euthanasie ». L’ancien ministre de la santé, Yves Bolduc, ainsi que la porte-parole de l’opposition officielle en matière de services sociaux Stéphanie Vallée, on dit oui à l’avancement du projet de loi vers l’étude détaillée.

Peu avant le vote, la ministre Véronique Hivon se disait confiante. « Je ne crois pas qu’il doive y avoir unanimité », affirme-t-elle. « Mais c’est clair qu’il y a un fort consensus ». Elle se dit ouverte aux amendements, lesquels pourront être débattus à la prochaine étape de l’étude du projet de loi, dans les prochaines semaines.

Le Devoir
14 commentaires
  • Patrice Giroux - Inscrit 29 octobre 2013 16 h 06

    Clientélisme, âgisme?

    Il y a définitivement du conservatisme chez les libéraux. La terre d'accueil de «la pensée fédéraliste [qui] au Québec n’a jamais été aussi pauvre et démunie» (A. Robitaille), déçoit par son manque de leadership du côté des dossiers sociaux. Quel effondrement. La monoculture de l'économie a, depuis Bourassa, fait de ce parti jadis costaud une antichambre de commerce spécialisée dans le favoritisme et la logique de la business as usual.

  • Michel Lebel - Abonné 29 octobre 2013 16 h 08

    Feu l'unanimisme; bravo!

    Enfin l'Assemblée nationale sort de l'unanimisme au sujet du projet de loi 52. L'unanimisme des députés péquistes me laissent cependant fort perplexes. Je doute aussi que tous les membres de leur circonscription pensent de façon identique. Et personne ne réfléchit un peu plus en profondeur chez la députation péquiste? Vraiment bien étrange! Est-ce une question de ligne de parti?


    Michel Lebel

    • Claude Smith - Abonné 29 octobre 2013 16 h 36

      Le jour où vous serez d'accord avec une proposition du parti québécois,
      je tomberai en bas de ma chaise.

      Claude Smith

    • Sylvain Auclair - Abonné 29 octobre 2013 16 h 47

      Pensez-vous vraiment que ces députés ont sondé leurs électeurs, et que ces circonscriptions seront à ce point différentes du reste du Québec?

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 30 octobre 2013 07 h 08

      Évidemment M. Lebel, nous ne pouvons que constater que le parti québécois en demandant à tous les députés de voter selon leur propre conscience qu'une manigance derrière laquelle il force la ligne de parti pour les leurs. L'histoire le prouve !...

      Attendez que je réfléchisse, n'est-ce pas un autre parti qui arrivait avec ses réponses toutes faites d'avance et qui concoctait des lois paravents derrière lesquelles ils magouillaient allègrement ? Attendez que je me souvienne du nom de ce parti... Non, ça ne me revient pas ! Ce sera pour une autre fois.

      PL

  • Yvon Bureau - Abonné 29 octobre 2013 16 h 54

    Un large consensus

    Tout député, digne représentant de toute la population de son comté, aura dans les jours qui suivent à justifier son oui ou son non à l'Adoption de principe du PL52.

    Selon moi, ce sera plus difficile pour celle et ceux qui ont voté non.

    Que madame Blais ait voté non me surprend et me questionne. Elle qui fut des plus attentives à la Commission sur la question de mourir dans la dignité. Elle qui fut sensible devant l'argumentation solide des corporations professionnelles, des organismes et des établissements de santé concernés par la qualité de la fin de la vie, devant les positions favorables du Curateur publique et de la Commission des droits... Questionnant et triste aussi.

  • Hélène Thompson - Inscrit 29 octobre 2013 16 h 54

    Normal!

    Ils risqueraient de perdre une bonne partie de leur électorat fantôme... Il resterait quand même les cas d'alzheimer qu'ils vont faire voter en allant directement dans leurs centre, comme au dernière élection. Et le pire, c'est qu'ils en sont fière...

    • Grace Di Lullo - Inscrit 29 octobre 2013 19 h 41

      Madame Thompson,

      Si la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer est déclarée inapte, mandat homologué/curatelle privée, le mandataire ou la curatrice recoit une lettre avisant de l'impossibilité de voter lors d'élection provinciale.

      Par contre, c'est à plusieurs reprises que j'ai avisé le gouvernement fédéral de l'impossibilité qu'avait mon père en raison de sa condition de santé...et il figurait toujours sur la liste électorale fédérale. Je devais donc à chaque élection m'assurer que son nom soit rayé de la liste. J'ai même eu droit à un membre d'un parti...du Parti Commandite et du Parti Sénat, m'avisant que le nom pouvait toujours rester la et que je pouvais le prendre et le faire voter ! ...

      Triste, ce n'est pas ces personnes vulnérables qui importent, mais bien leur commandite et leur sénat.

    • Hélène Thompson - Inscrit 29 octobre 2013 20 h 42

      Triste, en effet.... Le pire c'est que c'est réellement en connaissance de cause que je disais cela...

  • Jacques Beauséjour - Inscrit 29 octobre 2013 16 h 55

    Code criminel et projet de loi 52

    L’article 14 du Code criminel dit : «Dans le contexte médical, un médecin qui, à la demande d’un patient, injecterait à celui ci une substance délétère serait criminellement responsable du décès du patient.» Donc la prochaine étape pour conter ce projet de mort ce sont les procédures jusqu'à la Cour suprême. À la prochaine élection je n'encouragerai que des candidats/tes opposés à la loi de mort no 52. Jacques Beauséjour, premier député du comté d'Iberville (1976-19i85) dans l'équipe de René Lévesque.

    • Hélène Thompson - Inscrit 29 octobre 2013 19 h 38

      Excellent, moi je n'appuierai que ceux qui sont pour.