Une pharmacie verte
Malgré l'expansion spectaculaire que connaît le monde pharmaceutique en Occident, la plupart des habitants de la planète recourent encore aux plantes afin de faire échec à la maladie. Pour soigner leurs populations, plusieurs pays tentent aujourd'hui de se réapproprier cette « pharmacie verte » pour la protéger non seulement de l'oubli mais aussi de l'assaut des géants pharmaceutiques.
À Madagascar, une petite fleur bleue fait échec au cancer. En Afrique, des cocktails botaniques vénérés par les anciens viennent d'être brevetés par des guérisseurs pour faire échec au sida et au diabète. Dans plusieurs pays, la course à l'« or vert » est bel et bien engagée pour éviter la disparition de savoirs ancestraux. Et si la réponse à certains problèmes de santé résidait dans cette médecine des pauvres ?
Depuis des millénaires, l'homme a puisé dans la nature pour soulager ses maux. D'ailleurs, les deux tiers des médicaments vendus en pharmacie sont d'origine naturelle. On connaît la morphine, extraite du pavot, l'aspirine, extraite du saule, et la digitaline, tirée de la digitale, pour traiter l'arythmie cardiaque. Mais au cours du dernier siècle, la capacité de l'industrie à synthétiser les molécules a peu à peu diminué l'intérêt de l'industrie pharmaceutique pour les plantes à leur état naturel.
Or, pour 80 % des habitants de la Terre, la guérison se trouve toujours dans une feuille, une brindille ou une écorce dénichée au détour d'un bois ou d'un champ. Privés d'accès aux onéreux médicaments modernes, pas moins de 85 % de la population africaine, où la pandémie de sida bat son plein, a toujours recours aux guérisseurs traditionnels.
Là comme ailleurs, on tente désormais de retracer ces plantes médicinales et leurs propriétés, connues des seuls sages du village, mais aussi de les préserver de l'oubli et de la destruction encouragée par l'urbanisation, la déforestation et la surexploitation.
« En Afrique et dans les pays en développement, les populations recourent abondamment aux plantes médicinales pour leur santé. Avec la croissance démographique, il y a toutefois une pression exercée sur ces ressources. Il faut viser un développement durable pour préserver non seulement la biodiversité mais aussi l'accès de ces populations à des soins de santé », affirme François Gasengayire, coordonnateur du projet Biodiversité médicinale et médecine traditionnelle (Afrique) pour le Centre de recherche en développement international (CRDI).
Grâce au savoir de guérisseurs traditionnels, ce réseau tente depuis peu de retracer les plantes médicinales utilisées sur le continent africain, de les protéger du saccage et de favoriser la transmission de ces connaissances millénaires.
« Le problème, ce n'est pas seulement que les plantes sont en train de disparaître mais qu'elles emportent avec elles des connaissances qui ne sont pas écrites. On essaie donc de documenter la façon dont se transmet ce savoir de génération en génération », ajoute M. Gasengayire, aussi administrateur du programme d'utilisation durable de la biodiversité à Nairobi.
Ce groupe a d'ores et déjà identifié plusieurs espèces de plantes en péril, dont le Warburgia salutaris, un arbre dont l'écorce est largement utilisée en Afrique australe pour combattre le paludisme.
Là où le bât blesse, c'est lorsque cette frénésie pour les plantes médicinales est décuplée par la demande du marché international, de plus en plus gourmand de ces phyto-médicaments qui représentent, selon certains spécialistes, 40 % des ventes mondiales de produits pharmaceutiques, soit des ventes annuelles de 120 milliards de dollars.
Victimes d'un véritable boum, le marché des plantes médicinales africaines croît de 10 % par année aux États-Unis et en Europe. De quoi vider rapidement ces pays de leurs ressources.
Une petite fleur contre le cancer
Ce fut le cas notamment de la pervenche de Madagascar, dont les propriétés anticancéreuses, découvertes dans les années 60, ont donné naissance à la Navelbine mais aussi suscité une razzia sur cette île menacée de désertification par la déforestation.
« La pervenche est désormais cultivée, mais on continue encore de la cueillir dans les milieux naturels quand il n'est plus payant de la cultiver à cause des prix du marché à la baisse », déplore M. Gasengayire.
Depuis, l'Institut malgache de recherches appliquées a répertorié et recueilli des données sur les 6000 plantes médicinales et aromatiques de l'île afin de leur éviter le sort qu'a connu la pervenche.
Selon le professeur Gasengayire, les laboratoires Pierre Fabre, qui ont commercialisé la Navelbine, exploitent aussi le Prunus africana, un arbre dont les Africains utilisent l'écorce contre le paludisme mais qui sert en Occident à produire un médicament contre le cancer de la prostate. Ce marché rapporte à lui seul 150 millions de dollars par an et occasionne une exploitation effrénée de cet arbre. Pour éviter sa disparition, le Prunus a dû être placé sous la protection de la Convention internationale sur la protection des espèces naturelles.
En fait, l'engouement pour les plantes médicinales pose non seulement le problème de leur disponibilité pour les populations locales, qui s'en servent comme médicaments, mais aussi celui des droits de propriété intellectuelle découlant du savoir lié à ces plantes.
Grâce aux renseignements obtenus de la part de guérisseurs et de bioprospecteurs, plusieurs géants de l'industrie pharmaceutique s'empressent aujourd'hui de breveter des plantes médicinales dans l'espoir d'en tirer un médicament commercialisable. Ce médicament, une fois sur les tablettes, n'est souvent plus accessible aux bourses africaines, précise le professeur kenyan.
D'ailleurs, des brevets ont déjà été acquis par des entreprises et des chercheurs occidentaux sur des plantes très connues comme le prunus, l'igname, la myrrhe et certains champignons utilisés comme remèdes traditionnels.
« Il y a un grand mouvement de bioprospection qui passe par les compagnies et qui pose le problème du partage des bénéfices et de la propriété intellectuelle avec les populations locales. Dans le cas de la pervenche de Madagascar, le pays n'en a pas tiré grand-chose, sinon les fruits de l'opération entre commerçants », déplore le directeur du réseau de recherche sur les produits naturels.
La réplique au biopiratage
La contre-attaque envers ce phénomène, que plusieurs qualifient de biopiratage, est bel et bien amorcée. De plus en plus d'instituts de recherche et d'ONG tentent de faire équipe avec des entreprises occidentales, et parfois même de faire cavalier seul, pour assurer un maximum de retombées aux pays en développement ou aux tribus concernées.
Le Conseil scientifique pour l'industrie et la recherche (CSIR), un organisme sud-africain, vient de s'allier au géant Pfizer et à la compagnie britannique Phytopharm pour développer un médicament contre l'obésité à partir du hoodia, une plante utilisée depuis longtemps par des tribus locales... pour calmer la faim et la soif en période de famine.
Au Panama, Catherine Potvin, biologiste et professeur à l'université McGill, travaille depuis dix ans avec certaines tribus amérindiennes pour assurer la survie du savoir-faire lié à des centaines de plantes médicinales tropicales. « On ne fait pas de bioprospection. Ce qu'on cherche à faire, c'est de conserver ces plantes qui ont une importante culturelle et qui contribuent à améliorer le bien-être des gens à un faible coût », explique la responsable du projet « Semer pour le futur », financé par le CRDI et l'ACDI.
Les recherches faites par la biologiste pour répertorier les 131 plantes utilisées par les guérisseurs locaux ont d'ailleurs été menées dans le plus grand secret pour éviter le piratage de ces ressources par des étrangers. « Notre but n'est pas de divulguer ce savoir aux compagnies pharmaceutiques mais de le protéger. Nous avons aussi préparé les gens à négocier des droits de propriété intellectuelle au cas où des compagnies s'intéresseraient à leurs produits », soutient Mme Potvin.
En Afrique, certains organismes locaux tentent même de court-circuiter le biopiratage des ressources et des connaissances en commercialisant eux-mêmes des médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle.
Au Rwanda, on a déjà fait le saut. Des équipes de chercheurs se sont basées sur le savoir traditionnel pour développer un médicament anti-inflammatoire tiré du capsicum et destiné à traiter les rhumatismes. « Ce produit peut désormais être acheté dans les dispensaires », affirme le professeur Gasengayire. On a aussi développé, à partir d'une plante appelée igitembatembé, une pommade à base de vaseline qui sert à traiter la gale.
Mais l'exemple le plus surprenant de cette offensive contre la course à l'or vert est celui de Prometra, une ONG panafricaine de recherche et de promotion de la médecine traditionnelle, qui, l'an dernier, a testé — et même breveté ! — un médicament contre le sida développé par des guérisseurs du Sénégal.
Dans le cadre d'un projet de recherche soutenu par la Fondation Ford, on a traité pendant six mois un groupe de 62 patients avec un composé d'espèces végétales utilisé par des guérisseurs locaux. Résultats ? Bien qu'inefficace contre certains symptômes, cette décoction a permis de faire chuter la charge virale de plusieurs patients et de traiter certaines infections opportunistes cutanées causées par le sida.
« Si nous parvenons à trouver du financement, ces médicaments pourraient être développés pour les populations pour lesquelles les médicaments modernes contre le sida sont totalement inaccessibles », soutient M. Sekagya Yahaya Hills, guérisseur traditionnel et chirurgien dentiste impliqué dans les efforts de lutte contre le sida, et qui dirige le réseau Prometra en Ouganda.
Prometra détient également un brevet sur une décoction de plantes utilisée traditionnellement pour traiter le diabète. Des recherches auraient démontré la capacité de cette mixture à faire chuter le taux de glucose dans le sang de plusieurs patients diabétiques, voire à éliminer ou à restreindre leur recours à l'insuline.
Pour ce « tradipraticien » qui participe ce week-end au Symposium international sur la biodiversité et la santé à Ottawa, les bénéfices de la commercialisation éventuelle de ces brevets pourraient un jour permettre de financer de nombreux autres projets de recherche sur des phyto-médicaments utilisés pour traiter le paludisme, le choléra et d'autres maladies courantes en Afrique. Des maladies qui, pense-t-il, ont jusqu'ici peu ou pas intéressé les géants de la recherche pharmaceutique. « Le but est de développer des médicaments dont les bénéfices profiteront non seulement aux Africains malades mais aussi à toute la population », dit-il.
À Madagascar, une petite fleur bleue fait échec au cancer. En Afrique, des cocktails botaniques vénérés par les anciens viennent d'être brevetés par des guérisseurs pour faire échec au sida et au diabète. Dans plusieurs pays, la course à l'« or vert » est bel et bien engagée pour éviter la disparition de savoirs ancestraux. Et si la réponse à certains problèmes de santé résidait dans cette médecine des pauvres ?
Depuis des millénaires, l'homme a puisé dans la nature pour soulager ses maux. D'ailleurs, les deux tiers des médicaments vendus en pharmacie sont d'origine naturelle. On connaît la morphine, extraite du pavot, l'aspirine, extraite du saule, et la digitaline, tirée de la digitale, pour traiter l'arythmie cardiaque. Mais au cours du dernier siècle, la capacité de l'industrie à synthétiser les molécules a peu à peu diminué l'intérêt de l'industrie pharmaceutique pour les plantes à leur état naturel.
Or, pour 80 % des habitants de la Terre, la guérison se trouve toujours dans une feuille, une brindille ou une écorce dénichée au détour d'un bois ou d'un champ. Privés d'accès aux onéreux médicaments modernes, pas moins de 85 % de la population africaine, où la pandémie de sida bat son plein, a toujours recours aux guérisseurs traditionnels.
Là comme ailleurs, on tente désormais de retracer ces plantes médicinales et leurs propriétés, connues des seuls sages du village, mais aussi de les préserver de l'oubli et de la destruction encouragée par l'urbanisation, la déforestation et la surexploitation.
« En Afrique et dans les pays en développement, les populations recourent abondamment aux plantes médicinales pour leur santé. Avec la croissance démographique, il y a toutefois une pression exercée sur ces ressources. Il faut viser un développement durable pour préserver non seulement la biodiversité mais aussi l'accès de ces populations à des soins de santé », affirme François Gasengayire, coordonnateur du projet Biodiversité médicinale et médecine traditionnelle (Afrique) pour le Centre de recherche en développement international (CRDI).
Grâce au savoir de guérisseurs traditionnels, ce réseau tente depuis peu de retracer les plantes médicinales utilisées sur le continent africain, de les protéger du saccage et de favoriser la transmission de ces connaissances millénaires.
« Le problème, ce n'est pas seulement que les plantes sont en train de disparaître mais qu'elles emportent avec elles des connaissances qui ne sont pas écrites. On essaie donc de documenter la façon dont se transmet ce savoir de génération en génération », ajoute M. Gasengayire, aussi administrateur du programme d'utilisation durable de la biodiversité à Nairobi.
Ce groupe a d'ores et déjà identifié plusieurs espèces de plantes en péril, dont le Warburgia salutaris, un arbre dont l'écorce est largement utilisée en Afrique australe pour combattre le paludisme.
Là où le bât blesse, c'est lorsque cette frénésie pour les plantes médicinales est décuplée par la demande du marché international, de plus en plus gourmand de ces phyto-médicaments qui représentent, selon certains spécialistes, 40 % des ventes mondiales de produits pharmaceutiques, soit des ventes annuelles de 120 milliards de dollars.
Victimes d'un véritable boum, le marché des plantes médicinales africaines croît de 10 % par année aux États-Unis et en Europe. De quoi vider rapidement ces pays de leurs ressources.
Une petite fleur contre le cancer
Ce fut le cas notamment de la pervenche de Madagascar, dont les propriétés anticancéreuses, découvertes dans les années 60, ont donné naissance à la Navelbine mais aussi suscité une razzia sur cette île menacée de désertification par la déforestation.
« La pervenche est désormais cultivée, mais on continue encore de la cueillir dans les milieux naturels quand il n'est plus payant de la cultiver à cause des prix du marché à la baisse », déplore M. Gasengayire.
Depuis, l'Institut malgache de recherches appliquées a répertorié et recueilli des données sur les 6000 plantes médicinales et aromatiques de l'île afin de leur éviter le sort qu'a connu la pervenche.
Selon le professeur Gasengayire, les laboratoires Pierre Fabre, qui ont commercialisé la Navelbine, exploitent aussi le Prunus africana, un arbre dont les Africains utilisent l'écorce contre le paludisme mais qui sert en Occident à produire un médicament contre le cancer de la prostate. Ce marché rapporte à lui seul 150 millions de dollars par an et occasionne une exploitation effrénée de cet arbre. Pour éviter sa disparition, le Prunus a dû être placé sous la protection de la Convention internationale sur la protection des espèces naturelles.
En fait, l'engouement pour les plantes médicinales pose non seulement le problème de leur disponibilité pour les populations locales, qui s'en servent comme médicaments, mais aussi celui des droits de propriété intellectuelle découlant du savoir lié à ces plantes.
Grâce aux renseignements obtenus de la part de guérisseurs et de bioprospecteurs, plusieurs géants de l'industrie pharmaceutique s'empressent aujourd'hui de breveter des plantes médicinales dans l'espoir d'en tirer un médicament commercialisable. Ce médicament, une fois sur les tablettes, n'est souvent plus accessible aux bourses africaines, précise le professeur kenyan.
D'ailleurs, des brevets ont déjà été acquis par des entreprises et des chercheurs occidentaux sur des plantes très connues comme le prunus, l'igname, la myrrhe et certains champignons utilisés comme remèdes traditionnels.
« Il y a un grand mouvement de bioprospection qui passe par les compagnies et qui pose le problème du partage des bénéfices et de la propriété intellectuelle avec les populations locales. Dans le cas de la pervenche de Madagascar, le pays n'en a pas tiré grand-chose, sinon les fruits de l'opération entre commerçants », déplore le directeur du réseau de recherche sur les produits naturels.
La réplique au biopiratage
La contre-attaque envers ce phénomène, que plusieurs qualifient de biopiratage, est bel et bien amorcée. De plus en plus d'instituts de recherche et d'ONG tentent de faire équipe avec des entreprises occidentales, et parfois même de faire cavalier seul, pour assurer un maximum de retombées aux pays en développement ou aux tribus concernées.
Le Conseil scientifique pour l'industrie et la recherche (CSIR), un organisme sud-africain, vient de s'allier au géant Pfizer et à la compagnie britannique Phytopharm pour développer un médicament contre l'obésité à partir du hoodia, une plante utilisée depuis longtemps par des tribus locales... pour calmer la faim et la soif en période de famine.
Au Panama, Catherine Potvin, biologiste et professeur à l'université McGill, travaille depuis dix ans avec certaines tribus amérindiennes pour assurer la survie du savoir-faire lié à des centaines de plantes médicinales tropicales. « On ne fait pas de bioprospection. Ce qu'on cherche à faire, c'est de conserver ces plantes qui ont une importante culturelle et qui contribuent à améliorer le bien-être des gens à un faible coût », explique la responsable du projet « Semer pour le futur », financé par le CRDI et l'ACDI.
Les recherches faites par la biologiste pour répertorier les 131 plantes utilisées par les guérisseurs locaux ont d'ailleurs été menées dans le plus grand secret pour éviter le piratage de ces ressources par des étrangers. « Notre but n'est pas de divulguer ce savoir aux compagnies pharmaceutiques mais de le protéger. Nous avons aussi préparé les gens à négocier des droits de propriété intellectuelle au cas où des compagnies s'intéresseraient à leurs produits », soutient Mme Potvin.
En Afrique, certains organismes locaux tentent même de court-circuiter le biopiratage des ressources et des connaissances en commercialisant eux-mêmes des médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle.
Au Rwanda, on a déjà fait le saut. Des équipes de chercheurs se sont basées sur le savoir traditionnel pour développer un médicament anti-inflammatoire tiré du capsicum et destiné à traiter les rhumatismes. « Ce produit peut désormais être acheté dans les dispensaires », affirme le professeur Gasengayire. On a aussi développé, à partir d'une plante appelée igitembatembé, une pommade à base de vaseline qui sert à traiter la gale.
Mais l'exemple le plus surprenant de cette offensive contre la course à l'or vert est celui de Prometra, une ONG panafricaine de recherche et de promotion de la médecine traditionnelle, qui, l'an dernier, a testé — et même breveté ! — un médicament contre le sida développé par des guérisseurs du Sénégal.
Dans le cadre d'un projet de recherche soutenu par la Fondation Ford, on a traité pendant six mois un groupe de 62 patients avec un composé d'espèces végétales utilisé par des guérisseurs locaux. Résultats ? Bien qu'inefficace contre certains symptômes, cette décoction a permis de faire chuter la charge virale de plusieurs patients et de traiter certaines infections opportunistes cutanées causées par le sida.
« Si nous parvenons à trouver du financement, ces médicaments pourraient être développés pour les populations pour lesquelles les médicaments modernes contre le sida sont totalement inaccessibles », soutient M. Sekagya Yahaya Hills, guérisseur traditionnel et chirurgien dentiste impliqué dans les efforts de lutte contre le sida, et qui dirige le réseau Prometra en Ouganda.
Prometra détient également un brevet sur une décoction de plantes utilisée traditionnellement pour traiter le diabète. Des recherches auraient démontré la capacité de cette mixture à faire chuter le taux de glucose dans le sang de plusieurs patients diabétiques, voire à éliminer ou à restreindre leur recours à l'insuline.
Pour ce « tradipraticien » qui participe ce week-end au Symposium international sur la biodiversité et la santé à Ottawa, les bénéfices de la commercialisation éventuelle de ces brevets pourraient un jour permettre de financer de nombreux autres projets de recherche sur des phyto-médicaments utilisés pour traiter le paludisme, le choléra et d'autres maladies courantes en Afrique. Des maladies qui, pense-t-il, ont jusqu'ici peu ou pas intéressé les géants de la recherche pharmaceutique. « Le but est de développer des médicaments dont les bénéfices profiteront non seulement aux Africains malades mais aussi à toute la population », dit-il.
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