vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 01h26
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Santé: Fini les folies

25 octobre 2003  Santé
David Servan-Schreiber est un curieux qui s'est un jour demandé pourquoi existe ce mépris scientifique à l'endroit des médecines traditionnelles. En ce sens, il incarne un courant qui, même s'il est politiquement discret, s'exprime à travers une pratique clinique conventionnelle. Je me souviendrai toujours d'un éminent gastro-entérologue qui m'avait conseillé de manger mon repas principal quand le soleil est au zénith pour avoir une meilleure assimilation, m'avisant qu'il ne voulait pas être cité.

Cité, David Servan-Schreiber l'est: sa voix tonne des deux côtés de l'océan. Pensez: un Français qui a vécu 20 ans aux États-Unis et voyagé en Inde, un homme qui écrit que tout commence avec les émotions: fan-club assuré!

Que disent tous ces gens qui ont ouvert leur esprit? Au départ, ce qu'on sait déjà sur nos santés physique et psychologique et ce qu'il faut faire pour les améliorer. Ne venez pas me dire que l'influence de l'exercice sur l'humeur, celle des aliments sur l'infarctus, celle des émotions sur le cancer, c'est du nouveau pour vous. Il faut vivre une vie en harmonie avec soi, bien manger, se détendre, s'amuser, faire la paix avec son passé: tout le monde est d'accord. C'est la voie royale pour y arriver qui diffère.

Et c'est tant mieux: il faut beaucoup de diversité pour atteindre le système de croyances que l'on s'est fabriqué, tous autant que nous sommes, ainsi que les défenses qu'on a érigées. En s'intéressant à toutes sortes d'approches, notre esprit attrape des idées qui font leur lent chemin jusqu'à notre âme et, doucement, on évolue. Le mérite des Servan-Schreiber de ce monde est de nous offrir une synthèse avec une valeur ajoutée. Pour faire cool, on renomme le cerveau limbique en cerveau des émotions, on nous vulgarise la science qui s'y rattache et, pour faire passer le tout, hop, on attache à la ficelle sept idées qui promettent la guérison. Vous tenez ainsi un livre puissamment intéressant, des idées pour contester et discuter un bon coup.

Contester? Eh bien, régler les problèmes psychologiques par des mouvements des yeux, reléguer la parole au rang d'artéfact archéologique, c'est un peu fort la dose. Il suffit de plonger dans l'émotion traumatisante pour mettre le traitement en marche. Je veux. Mais que fait-on avec tout ce qu'on traîne de notre passé, les comportements dont on n'a pas conscience, les blessures sublimées, on se lit Corneau et Marie-Lise Labonté, et à la prochaine pour la technique EMDR?

Discuter? Commençons avec le simulateur d'aube, un poème déjà. À 180 $ pièce, remarquez, c'est un poème de luxe (www.clicshop.com/magasin/northernlightca/c28937p9642410.1.html). Mais vous me connaissez, j'aime l'aventure: je l'ai commandé. Comme je suis actuellement avec la lumière comme quelqu'un qui cherche son air, me réveiller avec le soleil artificiel m'appelle. On discutera après. L'acupuncture, l'équilibre du qi, est une autre des sept méthodes de David Servan-Schreiber (DSS). Ma foi, mon acupunctrice préférée me dit que notre corps a besoin d'un ajustement au changement de saison: rechargeons notre qi, sans discuter.

Contrôler le rythme cardiaque par la respiration et la visualisation, prendre des omégas 3, pratiquer un sport modérément pour prévenir la dépression (tout le monde sait ça, le problème, c'est de le faire!). Quant à la communication émotionnelle... Savez-vous que je dis à qui veut l'entendre qu'on doit éduquer les émotions? Dire à notre enfant: tu es frustré, ce qui est différent de «choqué» ou «en colère», «jaloux» — ce qui n'est pas «envieux» —, «orgueilleux», ce qui peut te sauver la face mais te mener par le bout du nez, et ainsi de suite pour toutes les subtilités de nos états d'âme. Les outils qu'on a quand on peut reconnaître nos émotions! DSS ne va pas vraiment dans cette direction, mais un psychiatre ne peut pas nier l'importance des tensions relationnelles, et il reprend avec sa science ce que Salomé raconte depuis des livres et des livres: tiens, son truc de la communication-klaxon: tu, tu, tu, tu, source de conflits, à remplacer par le je, qui rejoint l'exemple de la despotique tante Esther dans Guérir. «J'ai ressenti ceci» au lieu de: «tu m'as fait ceci». Difficile mais efficace, vous essaierez.

Finalement, DSS parle de tout ça avec une simplicité attachante, s'implique, raconte des cas. C'est attrayant parce que pragmatique, et puis c'est rassurant de savoir qu'on peut guérir de nos folies sans psychothérapie. Quoique, là-dessus, il y a encore à dire: je remettrai ça la semaine prochaine si ça ne vous ennuie pas trop, je vais fouiller cette histoire de la technique du professeur Tournesol, que Servan-Schreiber appelle EMDR. Je vous tiens au courant.

- Lire: Guérir, David Servan-Schreiber, Éditions Robert Lafont.

- Sur Internet: le site www.guerir.fr résume et ajoute au contenu du livre. Conférences de l'auteur mercredi à 20h à l'UQAM (pavillon Judith-Jasmin). À Québec, c'est mardi à 19h à l'Université Laval (pavillon Maurice-Pollack).

vallieca@hotmail.com
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Chroniques
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Publicité

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012