Santé - L'urgence: un sport extrême
Un médecin dénonce les ratés du système
Des médecins qui prescrivent trop de pilules, des patients sélects qui ont droit à un traitement de faveur dans les hôpitaux, et des personnes qui abusent allègrement de la gratuité du système: voilà le portrait sombre du système de santé que trace le Dr Robert Patenaude, un urgentologue qui vient de publier La Santé: ce mal nécessaire.
Après avoir sillonné les corridors de nombre d'urgences depuis 15 ans, ce médecin conclut que le système de santé dépérit, et assimile son métier à un «sport extrême».
Il rapporte dans ce livre plusieurs situations vécues quotidiennement, à à faire dresser les cheveux sur la tête, dont celle d'infirmiers attaqués par de graves malades mentaux à qui l'on refuse une chambre, de patients qui subissent un toucher rectal en plein corridor, et d'administrateurs qui obligent des médecins à voir en priorité certaines personnalités VIP.
Pendant que certains protégés ont accès à ces chambres VIP, on réserve le «bunker, ou le «trou», voire des locaux mal famés situés dans les sous-sol, aux schizophrènes, aux sans-abri et aux autres «éclopés» de ce monde. «La médecine à deux vitesses, nous la vivons tous les jours dans les hôpitaux. Et quand on s'y oppose, on se fait réprimander par nos gestionnaires. Qu'on cesse d'en parler comme d'une calamité à venir», soutient le Dr Patenaude.
Ce dernier s'en prend d'ailleurs aux directeurs d'hôpitaux, qu'il accuse de manipuler les chiffres sur les taux d'occupation à l'urgence. Pendant que des patients poireautent dans des civières, ce médecin dénonce aussi l'usage abusif de l'urgence et des ambulances par certains citoyens sans scrupule. «J'ai déjà vu deux gars se présenter à l'urgence en pleine nuit pour avoir un certificat de santé pour obtenir leur permis de conduire pour véhicule lourds», dénonce-t-il, d'avis que le quart de ceux qui se présentent à l'urgence n'ont même pas besoin de voir un médecin. Or, le transport «gratuit» par ambulance coûte 400 $ à l'État, et l'enregistrement d'un patient à la salle d'attente, 116 $.
Ce dernier fustige aussi la prescription abusive de médicaments encouragée par plusieurs médecins. Une pratique qui coûte une fortune au système de santé. «Nous voyons chaque jour des gens âgés qui prennent une vingtaine de médicaments, dont certains très coûteux, qui visent à prévenir des maladies comme le cholestérol ou l'ostéoporose. Est-ce vraiment nécessaire rendu à l'âge de 85 ans?», plaide-t-il.
En guise de solutions, ce médecin propose 12 remèdes, dont transformer le ministère de la Santé en une société indépendante du type d'Hydro-Québec — une solution déjà prônée par le Collège des médecins et la Commission Clair — ainsi que la fermeture d'une quarantaine d'urgences au Québec.
Selon le Dr Patenaude, nombre d'urgences et d'autres services sont maintenus en vie pour de strictes raisons politiques. «Si on veut préserver une médecine de qualité, il faut concentrer nos ressources, plaide-t-il. Est-ce nécessaire d'avoir une urgence à Nicolet, alors qu'en prenant 10 minutes pour traverser le pont, on a accès aux urgences de Trois-Rivières?»
Après avoir sillonné les corridors de nombre d'urgences depuis 15 ans, ce médecin conclut que le système de santé dépérit, et assimile son métier à un «sport extrême».
Il rapporte dans ce livre plusieurs situations vécues quotidiennement, à à faire dresser les cheveux sur la tête, dont celle d'infirmiers attaqués par de graves malades mentaux à qui l'on refuse une chambre, de patients qui subissent un toucher rectal en plein corridor, et d'administrateurs qui obligent des médecins à voir en priorité certaines personnalités VIP.
Pendant que certains protégés ont accès à ces chambres VIP, on réserve le «bunker, ou le «trou», voire des locaux mal famés situés dans les sous-sol, aux schizophrènes, aux sans-abri et aux autres «éclopés» de ce monde. «La médecine à deux vitesses, nous la vivons tous les jours dans les hôpitaux. Et quand on s'y oppose, on se fait réprimander par nos gestionnaires. Qu'on cesse d'en parler comme d'une calamité à venir», soutient le Dr Patenaude.
Ce dernier s'en prend d'ailleurs aux directeurs d'hôpitaux, qu'il accuse de manipuler les chiffres sur les taux d'occupation à l'urgence. Pendant que des patients poireautent dans des civières, ce médecin dénonce aussi l'usage abusif de l'urgence et des ambulances par certains citoyens sans scrupule. «J'ai déjà vu deux gars se présenter à l'urgence en pleine nuit pour avoir un certificat de santé pour obtenir leur permis de conduire pour véhicule lourds», dénonce-t-il, d'avis que le quart de ceux qui se présentent à l'urgence n'ont même pas besoin de voir un médecin. Or, le transport «gratuit» par ambulance coûte 400 $ à l'État, et l'enregistrement d'un patient à la salle d'attente, 116 $.
Ce dernier fustige aussi la prescription abusive de médicaments encouragée par plusieurs médecins. Une pratique qui coûte une fortune au système de santé. «Nous voyons chaque jour des gens âgés qui prennent une vingtaine de médicaments, dont certains très coûteux, qui visent à prévenir des maladies comme le cholestérol ou l'ostéoporose. Est-ce vraiment nécessaire rendu à l'âge de 85 ans?», plaide-t-il.
En guise de solutions, ce médecin propose 12 remèdes, dont transformer le ministère de la Santé en une société indépendante du type d'Hydro-Québec — une solution déjà prônée par le Collège des médecins et la Commission Clair — ainsi que la fermeture d'une quarantaine d'urgences au Québec.
Selon le Dr Patenaude, nombre d'urgences et d'autres services sont maintenus en vie pour de strictes raisons politiques. «Si on veut préserver une médecine de qualité, il faut concentrer nos ressources, plaide-t-il. Est-ce nécessaire d'avoir une urgence à Nicolet, alors qu'en prenant 10 minutes pour traverser le pont, on a accès aux urgences de Trois-Rivières?»
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