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    Semaine de la santé mentale - La santé mentale passe par une bonne estime de soi

    L’Association canadienne lance sa cinquième campagne annuelle de «vaccination»

    4 mai 2013 |Claude Lafleur | Santé
    Les personnes ayant une bonne estime de soi vont plus facilement chercher de l’aide et se rapprocher des autres en cas de problème.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les personnes ayant une bonne estime de soi vont plus facilement chercher de l’aide et se rapprocher des autres en cas de problème.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Et si on se disait mutuellement qu’on est formidables ? Voilà le défi que lance l’Association canadienne de la santé mentale (ACSM), division du Québec, à l’occasion de la Semaine de la santé mentale. « Nous considérons comme vraiment important de faire la promotion d’une bonne estime de soi. Mais ça se construit collectivement, indique Renée Ouimet, directrice de la division québécoise de l’ACSM. Il ne s’agit pas de faire cela individuellement, tout seul dans son coin, mais d’être capable de reconnaître les gens qui nous entourent. »


    Les spécialistes en santé mentale observent qu’avoir une bonne estime de soi est l’un des meilleurs outils dont on puisse disposer pour faire face aux difficultés de la vie.


    En effet, les études montrent que les personnes ayant une bonne estime de soi vont entre autres plus facilement chercher de l’aide et se rapprocher des autres en cas de problème. Elles ont aussi davantage confiance en elles et en leurs capacités et doutent moins de leur capacité à se faire accepter et aimer d’autrui. Enfin, elles ont aussi plus de facilité à aimer et à faire confiance aux personnes qui les entourent. Bref, à exister telles qu’elles sont.


    Dose vaccinale


    À cette fin, l’Association canadienne de la santé mentale lance une campagne originale de « vaccination » favorisant l’estime de soi. Appelé TEF, pour « Tu es formidable ! », ce vaccin « stimule la formation d’anticorps spécifiques - l’estime de soi - et confère une protection reconnue contre de potentiels problèmes de santé mentale », explique-t-on. Ce vaccin ne protège toutefois pas d’emblée contre toutes les souffrances de la vie, ajoute-t-on, mais il permet de traverser plus facilement les aléas du quotidien et de mieux se rétablir en cas de maladie.


    La « dose vaccinale » est simple ; elle consiste tout simplement à dire aux gens qui nous entourent qu’ils sont formidables, explique Renée Ouimet, « non pas pour souligner qu’ils ont fait un marathon, mais plutôt pour souligner les belles petites réalisations du quotidien. Il s’agit de reconnaître ce qu’il y a de formidable en chaque personne, à son travail, dans sa famille, dans sa communauté. Et de cette façon, on souligne qu’on est attentif et présent aux autres ». Mme Ouimet recommande d’administrer fréquemment de bonnes doses !


    Elle cite en outre des enquêtes qui observent que, dans le milieu du travail, au moins le tiers des travailleurs éprouvent un niveau de stress de modéré à élevé. « Si on était confrontés à un niveau de grippe ou de problèmes psychiques aussi élevé que cela, nul doute qu’on agirait sur le plan social, observe la directrice québécoise de l’ACSM. Nous, nous demandons donc à tout le monde d’agir collectivement afin d’améliorer les conditions de vie au travail et dans notre entourage. »


    Et c’est simple, poursuit-elle, puisque bien souvent, il ne s’agit que de prendre le temps d’être en lien avec les autres. « Hélas, dans les milieux de travail, il n’y a plus vraiment de temps morts qui nous permettraient de prendre le temps de soutenir un collègue, de reconnaître à la fois les forces et les limites de l’autre et de s’entraider […] Tout cela est beaucoup plus difficile qu’auparavant », déplore-t-elle.


    Par contre, en prenant le temps de dire aux autres « Tu es formidable », on renforcerait l’estime de soi des uns et des autres en montrant que les autres comptent pour nous et que nous comptons pour les autres. L’estime de soi, « c’est en quelque sorte le système immunitaire de la santé mentale, poursuit Renée Ouimet. Lorsqu’on a une bonne estime de soi, lorsqu’on est capable de croire qu’on a les capacités de passer au travers des coups durs de la vie, bien sûr qu’on souffre quand même, mais on est capables de se relever plus facilement. On est mieux outillés, mieux en mesure d’accepter nos erreurs, etc. »


    Coffres à outils pour tous


    La campagne de vaccination TEF que lance cette semaine la division québécoise de l’Association canadienne de la santé mentale constitue l’aboutissement de cinq années de sensibilisation. « C’est la cinquième année que nous travaillons sur l’estime de soi, rapporte Renée Ouimet. La première année, nous avons travaillé sur le sentiment d’identité : être capable de reconnaître ses forces et ses capacités et être reconnu par les autres. La deuxième année, nous avons travaillé sur le sentiment de confiance, être capable de croire en ses capacités et aux capacités des autres. La troisième année, nous avons travaillé sur le sentiment d’appartenance. Puis nous avons travaillé sur le sentiment de sécurité, car avoir une sécurité de base nous permet ensuite de prendre des risques et de faire des choix qui nous ressemblent. Et cette année, pour boucler le tout, nous travaillons sur l’estime de soi. Il s’agit dans tous les cas des éléments nécessaires à une bonne santé mentale. »


    Concrètement, l’ACSM met à notre disposition une série d’outils, des documents de diverse nature, pour développer les différentes facettes d’une bonne santé mentale. « Chaque année, nous avons conçu un coffre à outils sur chacun de ces thèmes, explique Mme Ouimet. Il s’agit d’un recueil de textes et d’exercices destinés à rejoindre les adultes, les jeunes, les travailleurs et les aînés. Et tout est disponible sur notre site Web acsm.qc.ca et peut être utilisé sans problème par tout le monde et par n’importe quel organisme : école, entreprise, groupe, etc. »


    « Faire la promotion de la santé mentale, ce n’est pas très sexy, confie Mme Ouimet. On ne saigne pas, ça ne fait pas mal, ça ne fait que du bien […] de sorte que ça ne suscite pas beaucoup d’intérêt. On s’est d’ailleurs fait plusieurs fois dire que notre cause n’est pas sexy ! Pourtant, nous, nous faisons la promotion du plaisir, de l’importance de prendre soin de soi et des autres. Nous cherchons à améliorer la qualité de la vie de tout un chacun […] Il me semble que ça, ça devrait être sexy pour tout le monde, n’est-ce pas ? »


    Collaborateur













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