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Institut universitaire en santé mentale de Québec - «Ils ne sont plus les laissés-pour-compte»

4 mai 2013 | Réginald Harvey | Santé
L’avenir des soins en santé mentale passe par le dépistage précoce.
Photo : Agence France-Presse Joël Saget L’avenir des soins en santé mentale passe par le dépistage précoce.
Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

L’Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ) apporte, dans le respect des usagers, un soutien aux personnes atteintes de maladie mentale dans le but de les aider à se rétablir, améliorant ainsi leur qualité de vie et favorisant leur intégration à la société. Il fait partie au Québec des trois établissements majeurs voués au traitement des troubles psychologiques ou comportementaux.


L’Institut se consacre depuis fort longtemps à la science de la psychiatrie, comme le rapporte son directeur général et médecin dans le domaine de la santé publique, Simon Racine : « Cet établissement raconte en quelque sorte l’histoire de la psychiatrie au Québec à l’instar des deux instituts de Montréal. C’est en 1845 qu’est né ici l’embryon de ce qui allait devenir un des trois plus gros hôpitaux psychiatriques québécois. »


Tant l’approche que les démarches ont évolué en santé mentale depuis cette époque. « Dans l’état des connaissances à ce moment-là, comment s’occupait-on des malades mentaux qui étaient dérangeants pour la société, une fois qu’on a eu compris qu’ils n’étaient sans doute pas possédés du démon ? Il n’y avait pas d’autre traitement que de les sortir de la société et de les amener dans des milieux où on tenterait de leur apporter le plus de soutien humain, sans recourir à des technologies ou à des médicaments, qui n’existaient même pas », explique M. Racine, rappelant que les premiers neuroleptiques sont apparus dans les années 1950.


Au fil du temps, les lieux abritant ces malades sont devenus de véritables villes autonomes repliées sur elles-mêmes. À Québec, celle-ci est démantelée en 1976 pour devenir le Centre hospitalier Robert-Giffard, qui, en 2006, acquiert le statut d’institut universitaire.


« Dans les années 1960, il y avait dans les murs de cette ville autour de 5200 patients. En 2013, il nous reste ici environ 350 lits et on suit plus de 6700 personnes en consultation externe. »


En parallèle, les mentalités se sont transformées. « La pensée sociale en matière de maladie mentale a évolué au rythme d’une compréhension accrue de celle-ci et de meilleurs outils pour soutenir les gens. Autrement dit, il est aujourd’hui plus acceptable d’avoir quelqu’un qui éprouve un problème de santé mentale autour de soi qu’il y a un siècle et demi, quand les gens étaient soi-disant possédés et qu’on les enfermait faute de mieux. »

 

En pleine évolution


L’Institut dessert la région de la Capitale nationale, en plus de venir en renfort, dans certains cas précis, dans tout l’est du Québec. Aujourd’hui, sur le plan des services, il se consacre à une psychiatrie adulte. « Ici, notre carte des services est orientée en fonction des diagnostics. Nos programmes portent sur une clientèle atteinte de troubles psychotiques et de troubles anxieux de l’humeur. On se penche aussi sur les troubles sévères de personnalité. »


« On a aussi de la psychiatrie légale et, à part l’Institut Philippe-Pinel de Montréal, on est le seul hôpital au Québec qui dispose d’un nombre de lits désignés à cette fin », ajoute-t-il.


L’Institut possède une équipe multidisciplinaire. « On compte des psychologues, des psychiatres, des travailleurs sociaux, des neuropsychologues, des éducateurs spécialisés et des infirmières. Ces gens travaillent à l’interne pour les services hospitaliers et on a trois points de service spécialisés dans la collectivité dont les intervenants professionnels sont rattachés à l’hôpital. Toutes ces opérations se déroulent à l’intérieur d’un réseau régional parce que la maladie mentale, nous ne sommes pas les seuls à la traiter. On soigne les gros épisodes aigus, mais pour le reste, il y a toute une trajectoire de services offerts par les centres de santé et de services sociaux donnés par les organismes communautaires », explique M. Racine.


À l’heure actuelle, l’Institut est entré dans la dernière phase de sa transformation : « On est déjà en mode réalisation, mais on a des aspirations pour aller encore plus loin. On a subi des modifications physiques importantes qui ont fait disparaître dortoirs et chambrettes. Présentement, on complète un projet de réaménagement de 41 millions de dollars au terme duquel les patients occuperont des chambres semblables à celles des établissements les plus modernes. Les gens en santé mentale n’ont plus à vivre selon des ressources et dans des aménagements en quelque sorte de second ordre. Ils ils ne sont plus des laissés-pour-compte. »

 

Les priorités d’aujourd’hui


Selon Simon Racine, l’Institut aborde d’abord la santé mentale en se fondant sur des réalités démographiques et sur des aspects directement liés à la maladie elle-même. Dans un contexte de vieillissement de la population, la gérontopsychiatrie occupe une place importante.


Mais la santé mentale des jeunes constitue une priorité. « L’axe des jeunes, c’est la priorité de la programmation en santé mentale non seulement de l’Institut, mais du ministère de la Santé lui-même. On commence à avoir les outils pour cerner de façon plus précoce les symptômes et empêcher que des gens évoluent dans une maladie durant des longues périodes de psychose, voyant ainsi leur qualité de vie future se détruire. C’est actuellement l’axe majeur des pays qui s’engagent le plus dans le domaine de la santé mentale, comme l’Australie et l’Italie. Ce sont des précurseurs à cet égard. »


Pour s’inscrire dans un parcours similaire et suivre leurs traces, l’Institut universitaire, qui est affilié à l’Université Laval, dispense de l’enseignement depuis le début du siècle dernier. Aujourd’hui, celui-ci transmet son savoir dans plus de 20 disciplines. Il est également reconnu comme l’un des pôles majeurs au Canada dans la recherche et possède l’un des trois plus gros centres de recherche en neurosciences et santé mentale au pays.


 

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