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À l’affût des dysfonctionnements

4 mai 2013 | Assïa Kettani | Santé
Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, la pédopsychiatrie a fait des bonds spectaculaires ces 30 dernières années. « Nous connaissons beaucoup mieux les différentes pathologies chez les enfants. Ils sont mieux diagnostiqués, et plus rapidement. On pense qu’il y a de plus en plus de cas, mais en réalité, c’est juste qu’on les reconnaît de mieux en mieux », avance Pascale Grégoire, chef du département de pédopsychiatrie de l’Hôpital Rivière-des-Prairies (HRPD).


Si l’HRDP couvre un éventail complet de pathologies susceptibles d’affecter les plus jeunes, la répartition des diagnostics varie avec l’âge. Pour les plus jeunes, les diagnostics relevant du spectre de l’autisme ou encore du trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) sont prédominants, alors que les adolescents consultent pour des troubles de l’humeur, des dépressions, des tendances suicidaires ou encore l’émergence de troubles psychotiques.


Traitements selon l’âge


Les traitements varient également selon l’âge. « Plus un patient est jeune, plus nous sommes prudents avec la médication. Pour un enfant de 5 ans et moins qui présente des troubles du comportement, par exemple, on privilégie les approches multidisciplinaires, avec des travailleurs sociaux, des psychologues ou des psychoéducateurs. »


Une autre évolution de la pédopsychiatrie concerne l’âge moyen des enfants au moment du diagnostic. « Aujourd’hui, les enfants qui présentent des problèmes de santé mentale sont pris en charge plus jeunes que dans le passé. » Une différence de taille, notamment lorsqu’on considère que plus le traitement a lieu rapidement, meilleur est le pronostic. « Si on attend trop pour soigner un jeune, celui-ci a davantage de chances de développer des problèmes et des complications. »

 

Pas facile à diagnostiquer


En revanche, il n’est pas toujours évident de dépister certains problèmes de santé mentale chez les jeunes. « Plus un patient est introverti, plus il est difficile de le diagnostiquer rapidement. Certains enfants intériorisent leur souffrance », poursuit Pascale Grégoire. De plus, « certaines pathologies bien connues chez les adultes ne se manifestent pas aussi clairement chez les enfants. C’est le cas notamment des troubles psychotiques ou des troubles de l’humeur. Les symptômes peuvent être plus flous ou plus diffus ».


Quand s’inquiéter ? « Lorsqu’il y a un changement dans le fonctionnement, il faut faire quelque chose », conseille Pascale Grégoire. Lorsqu’un jeune ne fonctionne plus à l’école, ne dort plus, ne s’alimente plus ou ne socialise plus, c’est un signal d’alarme. D’autres pathologies, présentes dès la naissance, doivent amener à consulter lorsque « l’enfant ne se développe pas selon des paramètres standards. Un enfant doit jouer, rire, se faire des amis. Lorsqu’un enfant est toujours isolé, il peut s’agir d’un motif de consultation ». D’autres enfants, enfin, ont une souffrance psychosociale. « C’est le cas d’un jeune qui a subi un traumatisme, un abus ou une situation difficile. Dans ce cas, il n’y a pas toujours de cassure dans le comportement. »


Pour continuer de mieux soigner les enfants et les adolescents aux prises avec des troubles de santé mentale, Pascale Grégoire insiste en revanche sur les avenues qui restent à explorer. « La pharmacologie mérite plus de recherches à l’avenir », estime-t-elle.



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