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Hôpital Rivière-des-Prairies - La pédopsychiatrie, c’est ici!

4 mai 2013 | Assïa Kettani | Santé
L’HRDP est le seul hôpital à avoir une unité exclusivement réservée aux 6-12 ans.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir L’HRDP est le seul hôpital à avoir une unité exclusivement réservée aux 6-12 ans.
Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Service de 3e ligne destiné à répondre aux cas les plus complexes, l’Hôpital Rivière-des-Prairies (HRDP) est le seul hôpital du Québec exclusivement voué à la pédopsychiatrie. Fondé au cours des années 50 par les soeurs de la Providence, il dispose aujourd’hui de 86 lits avec un flux d’environ 5000 patients par an. Grâce à son expertise qui lui confère une place unique parmi les hôpitaux québécois, il est une pierre de touche de la santé mentale des jeunes au Québec.


L’expertise de l’HRDP vient tout d’abord du spectre des pathologies traitées entre ses murs. Cette expertise est particulièrement marquée dans les domaines du sommeil, des troubles anxieux, des troubles de l’humeur et du spectre de l’autisme. Du côté des consultations, l’HRDP offre des ressources pour des pathologies aussi diverses que la bipolarité, la psychose, la schizophrénie, l’anxiété, la dépression, les états de stress posttraumatique, les troubles de l’attachement, de déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité (TDAH), ou les troubles envahissants du développement. L’hôpital ouvre également ses portes à une proportion réduite de patients adultes souffrant de troubles du spectre de l’autisme.


Pour répondre à la demande et sous-tendre l’organisation de l’hôpital et l’accueil des patients, les secteurs d’interventions sont organisés autour de cinq programmes : le programme d’accès aux services psychiatriques, le programme d’autisme, des troubles affectifs, des troubles neuropsychiatriques et le programme d’hospitalisation.

 

Avant 18 ans


La plupart des patients sont suivis en consultation externe dans les cliniques relevant de ces programmes. L’hospitalisation, quant à elle, survient en dernier recours. « Nous nous tournons vers l’hospitalisation lorsqu’il y a dysfonctionnement grave. Cela se produit lorsque la souffrance ou les symptômes sont tellement intenses que le fonctionnement quotidien du jeune est entravé. Il peut alors devenir dangereux, pour autrui ou pour lui-même, comme quand il pratique l’automutilation. Dans ces cas, nous l’hospitalisons pour le mettre le plus rapidement possible en sécurité, ou encore pour ajuster son traitement en urgence », précise la Dre Pascale Grégoire, chef du département de pédopsychiatrie.


Rareté dans le domaine, l’hôpital est également muni d’unités d’hospitalisation pour les plus petits. Il est d’ailleurs le seul hôpital à avoir une unité exclusivement réservée aux 6-12 ans. « Mais l’hospitalisation des plus jeunes est peu fréquente », précise la Dre Grégoire.


Cette organisation répartie en programmes permet d’éviter un des écueils majeurs de la santé mentale chez les jeunes : l’absence de continuité de service passé le cap des 18 ans. « Nous regroupons ces différents types de problématiques afin de nous harmoniser avec les hôpitaux pour adultes, qui fonctionnent comme ça. Nous travaillons en partenariat et en réseau pour établir des corridors de services et des transitions humaines », poursuit Carolle Martin, directrice générale de l’hôpital. Il faut aussi veiller à éviter un bris de service. « Nous les gardons jusqu’à ce qu’un autre établissement les prenne. Ce que nous voulons éviter, c’est qu’un patient tombe entre deux services et qu’il se retrouve sans ressources médicales. »

 

Clinique et recherche


Mais l’hôpital se démarque également par son approche : un modèle « importé des États-Unis », nous explique Carolle Martin, profondément ancré dans une dimension empirique avec un arrimage étroit clinique-recherche. « Notre recherche se développe sur une base clinique : nos chercheurs conçoivent des outils à partir de leur travail sur le terrain, qui sont donc directement associés aux besoins. Ces outils sont développés, puis reviennent en clinique pour des applications concrètes. »


Cet arrimage entre la pratique clinique et la recherche permet à l’HRDP de se maintenir à la pointe des connaissances en pédopsychiatrie. À travers son partenariat avec l’Institut en santé mentale de Montréal et son affiliation à l’Université de Montréal, l’HRDP se trouve au coeur d’un réseau alliant recherche, travail sur le terrain et enseignement, ce qui permet un perfectionnement et un transfert des connaissances à l’ensemble du Québec. Qu’il s’agisse du nombre de patients vus chaque année à l’hôpital ou de la diversité des cas abordés, « nous disposons d’une masse clinique idéale » pour alimenter la recherche et les compétences des étudiants.


Ainsi, un programme en 6e année de résidence spécialisé en pédopsychiatrie est en cours de développement à l’Université de Montréal, en collaboration avec l’HRDP. De plus, l’HRDP sert de pivot à la diffusion des connaissances dans les régions où il y a pénurie de pédopsychiatres et où l’expertise fait défaut. Ce transfert des connaissances à l’échelle du Québec est voué à prendre de l’importance à travers le développement de la télésanté, un développement qui, selon Carolle Martin, est de la plus haute importance. « On dit souvent que la psychiatrie est le parent pauvre de la santé. J’ajouterai que la pédopsychiatrie est le parent pauvre de la psychiatrie. En cela, nous avons un rôle à jouer : celui de faire valoir l’importance de la pédopsychiatrie, de développer l’expertise et de contribuer à ce que tous les enfants reçoivent le service dont ils ont besoin. »



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