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    Assurance autonomie : les travailleurs sociaux s’inquiètent

    26 avril 2013 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé
    L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux s’inquiète entre autres de la place qui sera accordée au privé dans le nouvel écosystème des soins à domicile.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux s’inquiète entre autres de la place qui sera accordée au privé dans le nouvel écosystème des soins à domicile.

    Les travailleurs sociaux, qui sont pourtant au coeur de la petite révolution de l’assurance autonomie que veut instaurer le ministre de la Santé Réjean Hébert, se demandent comment ces derniers pourront opérer ce virage en raison de la pénurie d’effectifs.


    « On salue la volonté du ministre, mais le portrait sur le terrain n’est pas rose, a souligné la présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Carolle Dubé, en conférence de presse, jeudi. Nous sommes entre l’espoir et l’inquiétude. » Elle estime qu’il manque actuellement 400 travailleurs sociaux dans le réseau. Sans compter la pénurie de physiothérapeutes - 130 - et d’ergothérapeutes - 200 -, eux aussi appelés à fournir les soins à domicile. « C’est un contexte difficile pour mettre une réforme en place », observe Mme Dubé.


    Valérie Lepage est travailleuse sociale dans la région de Lanaudière. Elle s’occupe principalement d’une clientèle âgée, à domicile. En plus de la pénurie de personnel professionnel, « il y a un manque criant d’auxiliaires familiales, dit-elle. Les listes d’attente sont longues, les proches aidants sont à bout de souffle, et nous éteignons des feux plutôt qu’exercer un rôle préventif », résume-t-elle.


    L’APTS s’inquiète aussi de la place qui sera accordée au privé dans le nouvel écosystème des soins à domicile. « Il ne faut pas que cette réforme soit une occasion d’affaires. Il est impératif de passer par les services publics », selon Mme Dubé. Elle estime que le taux de roulement élevé du personnel, les difficultés à assurer le suivi de la qualité de services et le manque de formation sont autant de pièges d’un recours accru au privé.


    « Que Québec compte sur d’éventuelles économies pour financer l’assurance autonomie, ce n’est pas rassurant : rappelons-nous le virage ambulatoire. Il ne faut pas aller dans ce sens-là, estime Mme Dubé. Sans financement adéquat, sans ajout de ressources pour répondre aux besoins, c’est un voeu pieux. »


    Secteur privé


    La Fédération de la santé et des services sociaux affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (FSSS-CSN) s’inquiète également de la porte qu’ouvre l’assurance autonomie au secteur privé. « Pour nous, ce n’est pas une voie. Si on veut garantir des services publics de qualité, on doit maintenir les ressources à l’intérieur d’un réseau où il y a un encadrement des soins », souligne le vice-président responsable du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers à la FSSS-CSN, Guy Laurion. Pour ce faire, « il va falloir qu’il y ait de l’embauche dans le réseau », ajoute-t-il.


    Des incertitudes persistent aux yeux du syndicat, mais l’idée de miser sur les soins à domicile ne déplaît pas du tout. « Sur le fond, ça nous convient. […] Ça vient au moins ouvrir cette palette de services là au lieu d’amener les gens dans les institutions publiques. Il ne faudrait toutefois pas sous-estimer les besoins de financement dans les CHSLD pour financer cette assurance autonomie », prévient M. Laurion.


     

    Avec Karl Rettino-Parazelli













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