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    Nouveaux pouvoirs aux pharmaciens - Québec est allé trop loin, dénoncent les omnipraticiens

    8 février 2013 |Amélie Daoust-Boisvert | Santé
    Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin
    Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin

    Les médecins de famille jugent que le projet de règlement octroyant de nouveaux pouvoirs aux pharmaciens va beaucoup plus loin que ce qui était prévu dans le projet de loi initial. Trop loin, s’inquiète le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin.


    Les médecins s’opposent depuis le début à donner un droit de diagnostic aux pharmaciens, mais sont ouverts à élargir leur champ d’action pour désengorger le système de santé. Quand Québec a présenté le projet de loi 41, adopté à l’unanimité en décembre 2011, ils se sont montrés consensuels et souriants, car à leur satisfaction, le projet de loi donnait la possibilité aux pharmaciens de prescrire des médicaments pour des cas ne nécessitant pas de diagnostic seulement. La prise d’acide folique chez la femme enceinte, par exemple.

     

    23 problèmes de santé


    Or, une surprise a surgi dans le projet de règlement publié en janvier dernier dans la Gazette officielle du Québec. Si ce règlement est adopté tel quel, les pharmaciens pourront prescrire des médicaments pour 23 problèmes de santé, dont 12 nécessitent, selon la FMOQ, un diagnostic, justement.


    Rhinite allergique, herpès labial, acné mineure, vaginite, érythème fessier ou infections urinaires chez la femme sont quelques-unes des affections en litige. Le projet de règlement publié par l’Ordre des professions, et entériné par les deux ordres professionnels concernés, permet aux pharmaciens de prescrire un médicament si le patient a été traité par le passé. La prescription doit avoir moins de 4 ans pour la plupart des diagnostics, moins de 2 ans pour les menstruations douloureuses et les hémorroïdes, et moins d’un an pour les infections urinaires. En clair, si un médecin a prescrit à une patiente un antibiotique pour une infection urinaire il y a six mois et des anti-inflammatoires pour ses règles il y a un an et demi, si les symptômes réapparaissent, cette dernière peut consulter son pharmacien plutôt que son médecin.


    « On a l’impression qu’ils ont donné aux pharmaciens par règlement ce qu’ils ne voulaient pas donner dans le projet de loi », explique le Dr Louis Godin. « Le Collège des médecins nous assure qu’il y aura des lignes directrices et que ce sera encadré, mais ça nous inquiète. Notre position, c’est que ça prend toujours un diagnostic, même si c’est votre 10e infection urinaire. Il y a de bonnes chances que ce soit encore une infection, mais ça pourrait aussi être autre chose. Le Collège nous a avertis de ne pas poser de diagnostic par téléphone ou par le Web, et là, sur simple parole du patient, le pharmacien va pouvoir prescrire ! »


    La FMOQ a jusqu’en mars pour faire savoir à l’Ordre des professions ses réserves sur le projet de règlement.


    Le Collège des médecins se veut rassurant et soutient que les lignes directrices émises aux médecins et aux pharmaciens seront très claires. De plus, un comité de vigie sera appelé à surveiller la mise en application des nouveaux pouvoirs des pharmaciens dès leur entrée en vigueur. Si le règlement ne subit pas de modification, cela pourrait survenir dès mai ou juin.













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