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    Santé mentale: sauvée par le programme PEPP

    2 février 2013 |Pauline Gravel | Santé
    Jeune musicienne et comédienne, Nathalie (nom fictif) travaillait à des collectes de fonds pour la recherche sur le cancer du sein quand elle a eu ses premières hallucinations et son premier délire de persécution. « J’ai toujours voulu aider les autres, mais je n’étais pas formée pour ce travail. Je parlais à des gens qui vivaient des situations très difficiles et j’avais du mal à me distancier de ce que vivaient ces personnes. J’espérais que mes gestes aient des répercussions au-delà de ce qui est possible. À travers cela, j’essayais d’avoir des expériences spirituelles », nous confie la jeune femme, aujourd’hui âgée de 29 ans.

    Puis un jour, le sentiment de menace qui l’étranglait l’a plongée dans un « coma catatonique ». « J’ai eu tellement peur que je suis tombée dans le coma. Je pensais que j’étais morte et que j’étais désormais dans l’après-vie. Je ne faisais plus la différence entre ce que je rêvais et ce qui se passait quand j’étais éveillée. C’était épeurant, car en plus personne ne comprenait », raconte Nathalie.


    L’équipe du programme PEPP de l’Institut Douglas est venue au chevet de Nathalie au moment où, grâce à une médication, elle émergeait de son épisode psychotique à l’hôpital St. Mary. La jeune femme, alors âgée de 21 ans, a d’abord refusé de participer au programme. « Je ne comprenais pas que ce qui m’arrivait était une maladie », dit-elle.


    Au PEPP, on lui a appris à identifier ses peurs comme irréelles, à reconnaître les symptômes de son trouble schizo-affectif (un mélange de schizophrénie et de bipolarité, dont souffre son frère), à les atténuer, voire à les faire disparaître.


    Nathalie avoue que le traitement pharmacologique l’a aidée « à retrouver la réalité et à s’en sortir », mais elle insiste sur les bienfaits de la psychothérapie et de l’accompagnement. « Il faut une psychothérapie. Autrement, ça devient une maladie chronique parce qu’on n’a jamais réglé la source, précise-t-elle. Au PEPP, il y a quelqu’un qui t’accompagne à travers ce que tu vis. Mon gestionnaire de cas [le travailleur social Thomas Holmes] m’a sauvé la vie et m’a réappris à vivre. L’accompagnement est très important parce que nous nous sentons incompris et seuls. Or, malheureusement, c’est ce qui manque dans la médecine », explique la jeune artiste, qui a composé une chanson pour son gestionnaire de cas en guise de remerciement.


    Cette chanson fera partie du nouvel album que Nathalie espère lancer bientôt, car elle a maintenant retrouvé une vie normale. Depuis un an, elle a cessé sa médication antipsychotique qu’elle s’est administrée pendant sept ans. Elle travaille à temps plein à la radio comme animatrice et vit heureuse avec son amoureux. Ravi, Thomas Holmes voit le rétablissement de Nathalie comme « une sublimation ». « Elle a transformé ses peurs en oeuvre d’art », dit-il, en précisant que la jeune femme a aussi composé une comédie musicale digne de Broadway.


    « Aujourd’hui, je suis une version améliorée de moi-même. Je n’ai plus les mêmes attentes, je ne cherche plus le succès, mais le bien-être. Je ne vois pas ce qui m’est arrivé comme une maladie, mais comme une étape de ma vie. Quand je prends une tasse de café avec mon chum le matin, je me sens tellement chanceuse ! », lance Nathalie dans un cri du coeur.



     
     
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