Aînés - Indispensables CHSLD
Sous le gouvernement libéral, on a fermé des centaines de places dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), haussé de une heure et demie à trois heures par jour l’intensité minimale des soins nécessaire pour qu’une personne y soit admise et entrepris de créer des centres intermédiaires gérés par le privé pour des aînés moins gravement malades.
Malgré cela, ou à cause de cela, l’attente est de plus plus longue partout dans le réseau public. Ce qui impose un poids souvent démesuré aux proches qui doivent s’occuper d’un parent nécessitant des soins quotidiens ou une surveillance continue.
Bien sûr, la plupart des gens préfèrent vivre à la maison le plus longtemps possible. Un choix qui coûte aussi bien moins cher aux contribuables. C’est pourquoi, à chaque campagne électorale, tous les partis promettent d’améliorer les services à domicile. Dans les faits, le personnel des CLSC est de plus en plus débordé et ne peut souvent répondre qu’aux demandes les plus urgentes provenant des patients récemment opérés.
Le Parti québécois a promis de créer d’ici deux ans une « assurance autonomie » à même une somme de 500 millions de dollars qui serait ajoutée au budget actuel consacré aux soins à domicile. Sans qu’on en connaisse les détails, ce programme verserait une allocation échangeable contre des services de maintien à domicile aux personnes qui choisissent de vivre chez elles.
Fort bien ! Mais pour gagner son pari sur le plan financier, il semble que le nouveau ministre de la Santé, Réjean Hébert, envisage aussi d’accélérer la fermeture de places en CHSLD, dont le coût est très élevé. Il n’est pas le premier à agir ainsi puisque le mouvement a été lancé par l’ex-ministre libéral Philippe Couillard, puis suivi par Yves Bolduc.
Il y a plus de 4000 personnes qui attendent une place en centre de longue durée au Québec. Or, les soins à domicile ne pourront jamais remplacer les CHSLD puisque ceux-ci n’acceptent que des personnes en perte d’autonomie avancée, incapables de vivre chez elles. De plus, l’histoire récente nous a appris qu’une partie ridicule de l’argent économisé en fermant des lits est réinjectée à court terme dans les services alternatifs.
M. Hébert évalue à plus de 3 milliards la somme qu’il faudrait consacrer à l’hébergement public des aînés si on ne prend pas le virage des soins à domicile. Peut-être bien, mais avant de réduire le nombre de places dans les centres d’hébergement, il faut commencer par accroître de façon exponentielle l’offre de soins à domicile des CLSC, y compris la visite des médecins qui refusent depuis au moins trente ans de sortir du confort de leur cabinet privé.
Qu’on augmente le prix du loyer maximum de 20 000 $ par année imposé aux résidants qui en ont les moyens et qui devraient consacrer le double, voire le triple de cette somme en résidence privée, soit ! Mais, de grâce, qu’on arrête de fermer des places en CHSLD tant qu’on n’aura pas fait la démonstration que cela ne nuira pas à la qualité de vie de nos aînés malades !








