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La présidente de l’OIIQ tire sa révérence

Gyslaine Desrosiers aura passé 20 ans à la tête de l’Ordre des infimières

26 octobre 2012 | Jeanne Corriveau | Santé
Gyslaine Desrosiers a dirigé l’OIIQ de 1992 à 2012.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Gyslaine Desrosiers a dirigé l’OIIQ de 1992 à 2012.
Après 20 ans à la présidence de l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ), Gyslaine Desrosiers tirera sa révérence lundi prochain. Si elle laisse quelques dossiers chauds en suspens, Mme Desrosiers estime que le calme relatif qui règne sur la profession rend propice un changement de garde.

Arrivée à la présidence de l’Ordre en 1992, Mme Desrosiers reconnaît que la profession d’infirmière a subi de profonds changements en deux décennies. « En 1992, quand je rencontrais les journalistes, ils me demandaient toujours si les infirmières avaient encore la vocation […] À cette époque, on se demandait si l’infirmière avait le droit d’avoir une opinion et d’agir sans demander au médecin. Mais aujourd’hui, ce n’est plus ça. Son champ décisionnel est très large », dit-elle en évoquant les pouvoirs obtenus au fil des ans.


L’Ordre a d’ailleurs enregistré en 2011-2012 un nombre record d’entrées dans la profession d’infirmière avec 3010 permis délivrés, soit une hausse de 17 % par rapport à l’année précédente. Un sommet, depuis les années 1970, qui témoigne de l’attrait de la profession en raison des perspectives d’avancement qui y sont liées, selon elle. L’Ordre note aussi que le nombre d’entrées dépasse celui des départs à la retraite et que la proportion des infirmières ayant opté pour le secteur privé a légèrement fléchi, passant de 6 % des effectifs globaux, il y a deux ans, à 5 % cette année.


Mme Desrosiers estime que les modifications législatives à la Loi sur les infirmières en 2002 et au Code des professions en 2009, qui ont élargi le champ d’exercice des infirmières, représentent son plus important legs des 20 dernières années. « Mes seuls regrets, c’est d’avoir rencontré des freins importants au déploiement de ces deux lois et de ne pas avoir terminé le dossier de la formation avant de partir », dit-elle.


La prochaine présidente de l’Ordre héritera de trois dossiers stratégiques, soit celui de la formation de base des infirmières — « C’est urgent qu’une décision soit prise », dit Mme Desrosiers —, celui visant à obtenir des pouvoirs accrus de prescription de médicaments et la révision de l’approche budgétaire. Sur ce dernier point, Mme Desrosiers rappelle que contrairement aux médecins, qui sont rémunérés par la Régie de l’assurance-maladie, les infirmières reçoivent leur salaire des établissements de santé dont les budgets subiront d’importantes compressions au cours des prochaines années.


Le mandat de Gyslaine Desrosiers prendra fin lundi, à l’occasion du congrès de l’Ordre des infirmières qui se tiendra au Palais des congrès de Montréal. À cette occasion, le nom de celle qui prendra sa relève sera annoncé.


Mme Desrosiers demeurera directrice générale de l’Ordre jusqu’en décembre pour assurer la transition. Elle compte ensuite offrir ses services à titre de consultante tout en conservant la présidence de la Fondation en recherche en sciences infirmières et la présidence du Secrétariat international des infirmières de la francophonie. Mais elle envisage aussi de devenir blogueuse à titre d’« analyste de la santé ». « À l’heure actuelle, je suis obligée de faire attention à ce que je dis quand je parle de certains dossiers, explique-t-elle. Mais je vais bientôt avoir le droit de dire les vraies affaires. »

 
 
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